mercredi, 19 décembre 2007

Petit matin et autres délices

Voilà, c'était convenu. Le rendez-vous était pris, noté comme une pépite dans mon agenda mental. Quelques jours avant, nos échanges se faisaient plus pressants, plus nombreux. C'était la première fois que je sentais vraiment cette impétuosité dans chacun de ses mots. Il me parlait d'aller jusqu'à "l'overdose de moi", de nos "sensualités synchrones", je lui assenais mes envies à coups de mails impérieux. Nous étions sur la même longueur d'ondes, dans cette attente difficilement supportable.

La veille, j'avais finis par trouver le sommeil. Je savais qu'au matin, il serait là.

 

Nuit courte, réveils successifs. Bruits de pas dans l'escalier. Une démarche bien assurée. Encore endormie mais plus en veille qu'en état d'arrêt total, il suffisait de peu pour que mes sens me rallument. J'ai senti la porte s'ouvrir. Je clignais des yeux pour réussir à distinguer sa silhouette. Si familière maintenant malgré la pénombre quasi totale. Nous avons échangé un bonjour et puis le silence. Il était là, enfin. Je sentais son odeur, j'entr'apercevais son visage, son sourire, ses yeux. Et puis ses mains. Je les devinais. J'entendais le bruit sourd de ses vêtements qu'il prenait le temps d'enlever, comme pour faire durer le plaisir de savoir nos corps bientôt l'un à l'autre. De mon impatience maintenant presque légendaire, je me suis extirpée quelques secondes hors du lit tout chaud pour lui voler un baiser. Il parut presque surpris.

 

Une fois totalement nu, il a fini par se glisser entre les draps. Il était froid. J'avais envie de lui donner toute ma chaleur. Je l'ai couverte de baisers, tous plus envieux les uns que les autres. J'ai pris un peu, juste un peu, le temps de le toucher. Et puis très vite, j'ai eu envie de lui.

Lui en moi, sans caresse, sans détour. D'un coup.

Je ne compte plus maintenant les espaces entre les enlacements de nos corps, mais à chacune de nos retrouvailles, c'est toujours plus intense. Charnel. Des heures durant.

La matinée est passée à un allure folle. Entre caresses lascives et d'autres plus suggestives, entre positions impudiques ou voluptueuses, entre coups de reins profonds et massages en surface.

 

Je crois bien que, jamais, nous ne perdons autant la notion du temps que lorsque nous sommes tous les deux. 

Nous ne voulions pas perdre une minute de nos corps nus. Et pourtant, après quelques heures, il a fallu rendre la chambre (non sans s'être faits rappeler à l'ordre par la femme de ménage d'abord, puis par la réceptionniste). Nous avions finalement décidé de reprendre quelques forces. Une balade vers le restaurant. Nous avons marché, trotté (malgré mes hauts talons, j'ai suivi le rythme cadencé de ses grandes enjambées), erré un peu (le sens de l'orientation n'est pas son sens fort !). Pendant le repas, la complicité était au rendez-vous. Nous nous dévoilions de plus en plus l'un à l'autre. C'était si bon de sentir cette connexion, au delà de nos corps. Et aussi toucher sa main, lire dans ses yeux l'envie de nous encore.

 

Une fois sortis, la question du "dessert" se posa très vite. Il m'a énuméré plusieurs solutions, nous avons opté pour la seconde. Métro, un changement. Nous voilà arrivés : une cour intérieure, des escaliers, une porte, du parquet. Visite sommaire des lieux. Un lit. Et nos corps déjà nus et enlacés. Ses mains sur mes fesses, son souffle chaud, mes cris de jouissances, mes tremblements intenses. J'ai eu cette réflexion, un peu stupide je le concède fort bien, de me demander comment était-ce possible de s'offrir et de partager autant de plaisir, de jouir encore plus intensément à chaque fois ?

Je me laissais autant aller à ses va-et-vient qu'il m'arrivait de dominer la situation. Je n'ai pourtant pas assez profité de son sexe dans ma bouche, ni de la sienne titillant mon con.

Nos corps étaient un amalgame de transpirations, de désirs, de fusion, de mélange. Le tout formant une osmose allant au delà de nos espérances, des représentations imaginées et fantasmées de nos ébats, de nos rencontres. J'étais dans ses bras. J'étais bien. Dans un moment d'abandon total de mon corps au sien, de confiance absolue, après avoir joui, joui, joui et joui (et encore j'en oublie), je me suis endormie. Mon souffle régulier dans son cou, le temps de quelques secondes, ou quelques minutes...

 

Epuisée mais jamais repue.

 

 

samedi, 17 novembre 2007

Jeu de vilains


 
Et si tu glissais ta main entre mon jeans et ma peau ?

 

Et tu écartais doucement les cuisses afin qu'elle se fraye un chemin vers tes trésors ?

 

Et si mon mouvement de bassin libératoire te donnait envie d'enlever complètement mon jeans et de glisser ta seconde main ?

 

Et si une main caressait tes fesses pendant que l'autre effleurait ton sexe, tournait autour, caressait tes lèvres ?

 

Et si ma main accrochait ta chemise pour enlever quelques boutons afin qu'elle entre en contact avec ton torse ?

 

Et si je couvrais tes seins de baisers, mordillais délicatement tes tétons ?

 

Et si tu commençais à sentir que je me tords, un peu, que mon souffle s'accélère, et se transforme en petits cris d'incitation ?

 

Et si mes caresses se faisaient plus précises? Et si tu sentais mon sexe chaud et dur, que ce contact t'excitait ?

 

Et si, à ce contact précis de la roideur de ton sexe, ma bouche avait envie de l'enserrer ?

 

 

Et bien je crois que nous finirions dans de beaux draps ...

 

 

mercredi, 14 novembre 2007

Correspondances

De jolies envies montent en moi...


Mais ce jeu est ignoble ! Plus les heures passent et plus ma frustration grandit. Attendre est un supplice, t'imaginer un délice. 
 
Le chaud et le froid ondulent dans mon corps prêt à exploser de trop de sens éveillés et d'envies de toi inassouvies. Et ce jeu, pourtant, je me sens tellement attirée.
 
Je suis comme actrice d'un spectacle qui va au delà du conventionnel. Je donne la réplique mais je ne suis pas sur scène. Pas encore. Je te parle mais tu n'es pas en face de moi. Pas encore. Je ressens mais ne sens rien. Pas encore.

Nous échangeons nos mots à coups de sensations, de connivence, de complicité taquine et sensuelle. Des bouts de nous en lettres, en images parfois. Attiser, susurrer. Susciter le désir chez l'autre et apprivoiser le sien qui se déchaîne à chaque clic. 

 

Une confirmation et la promesse de ta bouche sur moi, en moi.

 

 

 

 

 

samedi, 03 novembre 2007

Lecture, un soir d'automne

Je voulais me coucher de bonne heure, vraiment, j'avais décidé. Pour une fois. Malgré tout, je voulais attendre, au cas où.

Alors, comme souvent le soir, je me suis promenée, de liens en liens, les habitués d'abord, en fidèle lectrice (eh oui, il m'arrive d'être fidèle, parfois), puis les découvertes. Certaines sont parfois étonnantes. D'autres affligeantes. Je me sens parfois agressée, des mots sans musique, ou qui ne résonnent pas en moi, des clichés trop crus, manque d'esthétisme. Enfin, question de goût. J'ai posté quelques commentaires, ci et là. Maintenant, je n'hésite plus.

Je me rappelle de mon tout premier, fébrile, hésitante, l'envoyer ou non. J'avais l'impression de m'incruster dans un groupe sans y avoir été invitée. La peur du rejet. Puis, finalement, se jeter à l'eau. Utiliser parfois des biais détournés. Et s'apercevoir que le groupe est sympa, qu'on s'y sent bien. Être soi-même. Sans chercher à être plus, ou moins. Dire ce que l'on pense, juste cela. Se rendre compte assez vite aussi que tout le monde se connaît plus ou moins. Être inquiète, un peu, puis faire avec. Ne pas aller jusqu'à dire que presque tout le monde a couché avec presque tout le monde (rrroooo non alors !) mais presque !

Les minutes passaient. Je pouvais attendre, encore un peu. Le lendemain, je savais que je pourrai dormir.

Et puis il finit par arriver, l'Email tant attendu. 00H38. J'ai lu tes mots, senti l'atmosphère étrange, la sensation de malaise et de transgression, mêlées au plaisir que tu décris malgré tout. Piquée au vif. Ton plaisir me chatouille, me provoque, m'excite.

Je suis seule dans le salon, les lumières sont éteintes. Il n'y a que l'éclairage de mon ordinateur portable et la flamme vacillante d'une bougie. Comme une sorte de rituel quand je te lis, le soir.

Je suis presque nue, malgré le froid. Juste un peu de dentelles et de coton à bretelles. Je dégage mon shorty, dans un mouvement libératoire. Tes mots sont là, sous mes yeux. Je me nourris. Tu es à côté de moi. Tes phrases dansent au rythme de mes mains qui descendent le long de ma hanche.

Alors que mon corps est alangui, comme si on l'avait négligemment jeté sur le sofa, mes doigts se font plus pressants. Mon désir est palpable. Je murmure même tes mots, pour les rendre plus vivants.

Mon ventre est chaud, je tourne autour du petit papillon qui a élu résidence dans le creux de mon nombril. Des cliquetis résonnent dans le silence. Froissement de mes mains sur le tissu que je relève encore un peu plus. Mon sein droit. Avec le plat de ma main, je le caresse, le frotte. Je le sens pointer. Envie de pincement. Fort. S'en suit une décharge dans le bas-ventre, contraction des muscles. 

Alors qu'avec tes mots, tu dis que tu te branles dans l'obscurité en pensant à moi, ma main descend. Mon con, mes doigts caressent. Doucement. Ils apprécient la chaleur. Ils s'attardent d'abord tout autour. Si doux. Encore et encore. Des petits mouvements de bas en haut. De plus en plus loin, jusqu'à mon cul. Un doigt se glisse entre mes chairs désormais humides. Gonflées. Tendues. Prêtes à exploser. Il effectue quelques va et vient.

Je suis toujours le cours de ton mail, me délecte de tes mots, m'amuse avec tes images de fellation, de foutre dans ma bouche ; m'enduis d'eux. Je ferme les yeux. Mes doigts arrêtent leur danse joueuse et mutine un instant. En lisant : le flash. Notre première fois. Le désir tellement grand. Notre folie un peu. Ce parking fréquenté. Ces mères de familles, accompagnées de leurs enfants, ces hommes d'affaires en costume, ces touristes équipés d'appareils photo. Peut-être y en a-t-il eut un pour immortaliser notre première correspondance charnelle. Ta voiture. Ta queue dans ma bouche, comme une évidence. Notre premier attentat à la pudeur, pas le dernier. La première vision, le premier contact de ton sexe et de mes lèvres, pas le dernier.

Doucement, je reviens dans mon salon, entre souvenirs présents presque comme si c'était hier, et la fin de ton histoire.

Envie de ton corps à cet instant. Mes mains reprennent leur ballet, plus appuyées cette fois. Mes doigts insistent, pressent, pincent mon clitoris, le font rouler. Mes chairs suintantes, mon cul implorant. Ma main gauche vient en aide à ma main droite. Mon souffle s'accélère dans un râle contenu. Aller venir, aller venir, plus vite encore. Je ne peux plus lire. Mon visage se contracte. Je jouis. Des flashs : ton sexe en moi, ma jupe à peine relevée en plein air ; l'intimité de ce restaurant, la première fois et mon envie de t'embrasser ; le cri de jouissance de cette fille à côté de nous une autre fois (que j'entends encore résonner parfois) ; ta main dans la mienne ; le taxi, sa musique qui nous a plu et mon sourire béat du moment passé, notre complicité aussi, car seuls toi et moi savions que je ne portais rien sous ma jupe, si courte.

 Il est tard, je vais me coucher.

 

vendredi, 02 novembre 2007

Invitation

Se retrouver, un parking

Surprise, ne pas savoir où l'on va

S'immerger, des bulles, de l'eau

Deux bouches, quatres pieds, une queue, furtivement

Se frôler, rire

Se suivre, se vouloir, mais devoir attendre

Une chambre, un faux nom, clandestin ou presque

Un jeans, des jolis dessous, ne pas les voir

Des draps, deux corps désireux

Quelques heures

Vouloir tout goûter, embrasser

Bander, empaler, sucer, sodomiser

Des mots, des baisers, une corde

Contraindre, attacher, nouer

Se reposer l'un dans l'autre

Devoir partir

Un à droite, l'autre à gauche

Être amants

 

mardi, 30 octobre 2007

Jour de pluie, et pourtant

Je m'endors tous les soirs avec mon téléphone auprès de moi, que j'ai pris soin d'éteindre préalablement. Chaque matin, je le rallume. Je ferme ensuite les yeux. Je les ferme très fort, comme pour conjurer un sort (qui ne m'a sans doute jamais été jeté), repose le téléphone à côté de moi , je coupe ma respiration et j'attends. J'attends le vrombissement sur la couette, juste à côté de mon oreiller, celui qui m'indiquerait un message.

Et chaque matin, je ré-ouvre les yeux, sans l'avoir entendu, ce petit bruit. Parfois même, je vérifie, je guette la faille. Mais pas d'enveloppe grise, pas plus de d'enveloppe verte. Obsession débile.

 

(Note pour moi-même : dès demain, arrêter ce cirque ridicule)

 

Et pourtant, ce matin-là, alors que je n'y croyais pas vraiment, je l'ai senti. VRRRRRRRRR . Le message me disait "envie de talons aiguilles, de jupe retroussée et de baise contre un mur". Voilà qui annonçait forcément une belle journée.

Alors, comme pour exhausser son voeu, me rapprocher de son envie, dont je savais qu'il ne pourrait pourtant pas en toucher le fruit, j'avais choisi de porter une jupe noire, courte, un haut rose pâle, dont le V de l'échancrure laissait entrevoir légèrement ce qu'il y avait en dessous. Une paire de bas, indeed. Et comme j'avais suivi son message jusqu'au bout j'avais aussi enfilé une paire de petits escarpins aiguilles.

J'aurais pu envoyer quelques clichés, mais je préférais juste lui dire que j'avais suivi ses volontés. Et laisser courir son imagination, guidée des mêmes détails qu'ici présentés.

 

Nos échanges de la matinée furent sympathiques et cordiaux. Il était question de fellation, de jouir de mes mains, de doigts l'effleurant et s'introduisant dans son cul, peut-être du mien aussi (je dis peut-être car s'il n'en n'était pas question de façon écrite, il en était/est toujours question de façon tacite). J'étais chauffée à blanc. Lui aussi sans doute, un peu ? beaucoup ? Il est toujours difficile de percevoir le désir de l'autre au travers de mots, juste 160 caractères pour se dire.

 

Et puis, il savait. Il savait pour mon rendez-vous, pour l'éventualité qui allait se présenter à moi, quelques minutes après notre dernier échange. Il sentait qu'il m'excitait et qu'il n'en profiterait pas. Pas lui, et peut-être un autre. Je crois qu'il a râlé un peu (c'est bien ce que "pff" ou "grr" signifient non? ) mais sans jalousie aucune, juste l'insatisfaction de ne pouvoir être celui qui. Celui qui, sans doute, me verrait, me toucherait, m'embrasserait ce jour-là.

 

Nous avons dû clore nos envois sur ses autres envies vestimentaires (jeans moulant, boutons à peine enlevés, queue dressée, mains qui se glissent...) quand vint l'heure de mon déjeuner. J'avais d'ailleurs beaucoup hésité à accepter son invitation. Sa jeunesse, sa grande proximité, ses connaissances , ses connexions qui finissaient par recouper les miennes. Mes risques.

Puis, j'avais fini par céder, céder à la tentation, faible femme, devant les hypothétiques plaisirs de la chair, ou devant l'aventure d'une nouvelle amitié - un leurre - (quoi, vous y croyez, vous, à l'amitié entre un homme et une femme? et bien, moi non ! enfin, pas là ! ).

 

Les choses sont allées assez vite. Un repas préparé, le partage du dessert ( comment ne pas craquer pour un homme qui, alors qu'il semble apprécier, se délecter d'un dessert merveilleux, dans un élan de générosité et de partage, sans l'ombre d'une hésitation dans la voix, pas même un léger tremblement, vous tend sa cuiller et vous demande si vous voulez goûter ? ), une discussion badine sur les livres en cours en sirotant un bon café au fumet d'arabica légèrement corsé (je ne lui en voudrais pas de ne pas avoir eu de thé à me proposer, pas cette fois), une main qui s'est posée sur ma cuisse, aucune des miennes qui ne l'a enlevée. Consentement tacite pour la suite.

Les regards se sont faits plus insistant, le coeur s'est mis à palpiter, un peu plus, les corps se sont rapprochés. Et cette proposition indécente. Danser. Là, en plein après midi, dans ce petit espace. Il savait que si j'acceptais, c'était pour mieux sombrer, que si je me levais, c'était pour mieux me retrouver dans ses bras, sa main posée derrière ma nuque.

Une danse, puis deux, puis ... Un baiser, puis deux, puis...

 

 

 

 

 

 

samedi, 27 octobre 2007

Soigner le mal

 

 

Tâtonnements impudiques, palpations palpitantes, posologie recommandée, plusieurs prises, renouvelables, effets désirables souhaités. Sous la langue. A avaler.

 

Par le mâle..

lundi, 22 octobre 2007

Intimité

 

Je voudrai regarder ton visage se crisper, puis tes veines gonfler

Je voudrai comprendre ton souffle, s'accélérer puis se bloquer 

Je voudrai contempler ton corps se tordre, puis se figer

Je voudrai m'emparer de ta queue

Je voudrai en deviner le flux

Je voudrai distinguer ton sperme gicler en projection suave

Je voudrai le figurer en jaillissement chaud

Je voudrai embrasser ton sourire détendu

Je voudrai sentir ta main glisser, l'étaler

Je voudrai profiter de cette intimité

Je voudrai me sentir parée de tes fluides

Je voudrai être enveloppée dans ton odeur aigre-douce

Je voudrai m'endormir, là, comme ça

lundi, 01 octobre 2007

Juste un peu. Juste avant

Lundi, rencontre impromptue. J'accepte. Il m'indique le nom d'un café qu'il aime bien. Il doit me rejoindre à la fin de sa réunion. A 17H00. Je trouve une excuse, une vieille connaissance à revoir.

Je déambule dans les rues, pendant deux heures. Des questions plein la tête. Marcher jusqu'à la fatigue. Gagnée par le doute. Pourtant, sereine.

J'arrive. Je m'installe. Je commande un verre.

Il est 16H40. Je sors mon livre. Je commence "... ces heures infinies, retranchées du monde ordinaire, où, les yeux rivés sur les cases blanches et noires de ce qui est devenu pour nous un véritable univers parallèle, nous luttions pied à pied - désespérément, comme si nos vies en eussent dépendu -...". Cette phrase, je la lis et relis. Manque de concentration.

Je lève les yeux à chaque mouvement de corps, à chaque approche. Quand je me rends compte de ce manège irrépressible mais tellement ridicule, je me force. Ne pas quitter ces lignes des yeux. Coûte que coûte. Ne pas regarder l'heure non plus. Les secondes s'égrènent normalement. Impression de lenteur, pourtant.

Une, puis deux, jusqu'à soixante, pour recommencer. Encore et encore.

Un sourire. L'homme à côté de moi. Il commande un jus d'abricot. Il semble attendre, aussi. Son regard croise le mien, plusieurs fois. Nous pourrions engager la conversation, mais je n'ai pas l'esprit disponible. Il a une petite sacoche, porte un costume noir, avec une chemise bleu paon. Son téléphone vibre. Il sourit. Je ne peux m'empêcher d'imaginer la teneur du message...

"J'ai encore loupé le métro, je serais un peu en retard. Gérard"

"Je sors de la douche, j'enfile une paire de bas, une robe. Encore 10 minutes et je serai là"  (le tout accompagné d'une photo sexy - ah... les MMS!!!).

"G envi de toi, de ta KE, tt de suite, en attendan je me careS la chatte - ta petit salope".

Je retourne à mon "Petit traité de désinvolture". Va-t-il appeler avant d'arriver? Comment sera-t-il vêtu? Va-t-il venir directement vers moi? Tant de questions. Sauf une.

Il arrive, je relève la tête. Mon coeur bat, un peu plus fort. Juste un peu plus. Il n'a pas l'air surpris. Il s'installe, en face. Il me dévisage, un peu. Nous parlons. Occuper l'espace, entre lui et moi. De mots d'abord... Rapidement, j'ai besoin de le frôler. Besoin de le toucher. Le sentir plus près. Très vite, ses mains se posent sur mes hanches. Très vite, sa bouche s'approche de la mienne.

Et nos pensées s'égarent.

Demain, il fera froid.

 

 

 

 

dimanche, 23 septembre 2007

C elle

Je serai celle qui aura les yeux qui brillants et le coeur qui palpite

Je serai celle qui attendra que tu arrives

Je serai celle qui glissera sa main sur tes fesses

Je serai celle que tu attraperas par la taille

Je serai celle que tu prendras le temps de sentir, de toucher , d'enserrer

Je serai celle que tu embrasseras dans le cou,  avant, juste avant

Je serai celle qui prendra ton sexe à pleine bouche

Je serai celle qui frémira de l’agilité de tes mains

Je serai celle qui vibrera sous tes coups de reins

Je serai celle que tu maintiendras fermement

Je serai celle que tu dévoreras, lécheras, et qui gémira

Je serai celle que tu envelopperas de ton corps

Je serai celle qui sera sur toi, sous toi, contre toi, devant toi

Je serai celle qui se tremblera du plaisir

Je serai celle qui te fera jouir

 

Je serai celle-là, pleine d’excès, ce jour là.