jeudi, 18 décembre 2008

Train

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Se retrouver. Nous en étions là.

Il y a ce monde tout autour, ces bruits. Des poignets qui se tournent pour regarder la trotteuse courir autour du cadran, des mains qui se lèvent en guise de salut, des sourires aux oeillades de reconnaissance.

Et moi.

Fébrile comme à chaque fois. L'ombre d'une peur. Dérisoire. Mais de plus en plus sûre de moi. Droite.

L'épreuve de l'attente contenue. Nous en étions là.

Il y a eu des semaines interminables, des petites croix dans un calendrier imaginaire, des rimbabelles de jours où le sommeil tarde à nous emporter, des heures languissantes.
Et puis, d'infimes secondes.
Il y a eu des morceaux de kilomètres découpant l'espace infini. Des routes, des arbres, des collines.
Et puis, quelques mètres.

Nous en étions là.

Nos espoirs, nos attentes, nos envies, juste au bout de nos doigts...
Tout pouvait commencer. Encore.

 

 

 

 

 

lundi, 08 décembre 2008

Rendez-vous

 

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A ma demande. Un rendez-vous important. Un de ceux qui ourlent le quotidien de fil doré.

Mon coeur, son battement. Fort en dedans.

Je tremble. Fébrile. L'excitation.

Être à la hauteur.

Ôter une à une les pinces de mes cheveux. Il les aime libre. Comme moi.

Ma bouche. Presque nue.
Subtilement souligner mes pommettes.
Mes yeux. Ourlés de noir. Indécents.
Mon cou. Jasmin, rose, freesia, patchouli.
Mon corps. Noir et dentelles.

Prête.

Déterminée à user de mes armes.

Il dira qu'il n'en n'est nullement besoin.
Je répondrai d'un battement de cils.

Être femme...

 

Photographie : M.B

 

mardi, 25 novembre 2008

Avec le temps

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Décidée à ne rien cacher, à ne pas taire, ni les joies, ni les peines, ni les doutes.

Avec le temps, va, rien ne s’en va.
Tout est plus fort.
Encore.

Parce que le temps.
Notre temps.

C’est celui de notre foi grandissante.

J'ai confiance. Je suis mise à nue.
Pourtant, parfois, submergée, mes questions prennent l’allure d’un caprice, mes peurs l’habit d’une fantaisie déraisonnée.

Ma seule rationnalité à puiser en moi. Celle que je suis.
Et en lui. L'homme qu'il est.
Nos mots.
Ceux qui disent aujourd'hui comme nous sommes profondément nous-même, sans concession. Enfin.
Ceux qui parlent de tout ce qu'il nous reste à vivre.
Ceux qui posent notre vie entremêlée comme un axiome, une évidence première.

J'ai grandi. Je ne suis plus tout à fait la même. Meilleure. Assurément.
L'emprise de l'affect toujours si présent, mais raisonnablement dominé. Parfois.

Il y a nos parts d'ombre. Celles dont on n'est pas toujours très fiers. Celles qui font que nos planchers semblent parfois s'ébranler sous nos pieds. Alors se souvenir. Les fondations sont solides. On le sait bien, on y était. On a veillé presque jour et nuit sur le chantier. On sait les matériaux, on sait le ciment, on sait les briques. Une à une se monter. Se souder.

 

Tant qu’il y aura des mots. Tant que les silences en diront long.

Tant que mon corps criera. Tant que mon âme se reconnaîtra.

 

 

mardi, 19 février 2008

Perfect day

free music

 

Je crois qu'après ça, je serai sans doute un peu vide. Je laisse voguer mes mots. Parce qu'ils sont tout ce que je suis. Souvent en écrivant, je me dis, tu en dis trop, tu te montres trop, c'est trop vrai. 
C'est lors d'une discussion cette semaine qu'elle m'a dit presque comme ça : vrai ou pas, tu sais, ce qui compte ce sont les émotions, les mots. Elle avait raison. Certains n'ont jamais du se poser cette question, celle du réalisme ou non des situations. Et puis c'est vrai aussi, peu importe.

Ce sont quand même des bouts de ma vie exposés là, et je ne sais même plus dans quelle catégorie j'ai enregistré le blog quand je l'ai ouvert. Journal intime sans doute.

Je ne crois pas vous avoir jamais dit pourquoi j'avais fébrilement décidé la création de Fée d'Hiver. Pour une invitation au Musée! C'est pas top ça ? Bon, il y avait aussi l'envie et le besoin d'écrire qui me taraudaient depuis de bonnes semaines.

 

Ce soir, je suis trop lâche pour le grand pas, pour tout fermer, tout faire disparaître. Je n'arrive pas à savoir si ce sont des adieux ou des au-revoirs. J'ai fouillé dans les dictionnaires pour m'aider... Rien de très décisif. Juste une nuance "définitivement/pour très longtemps, pour les premiers ou juste prendre congés, pour les seconds". Et puis dire si je vais revenir demain, dans dix jours, dans un mois ou jamais... Je ne sais pas. Pas encore.

Vous avez bordé mes nuits de vos mots, vous m'avez fait sourire, parfois pleuré. Et puis de jolies rencontres. Mêmes de très belles. On a beau dire que c'est du vent, que c'est souvent irréel, impalpable. Je n'y crois pas.

 

Et puis les mots de Verlaine:

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon cour
D'une langueur 
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand 
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens 
Et je pleure,

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la 
Feuille morte.

 

 

Le livre que je lis en ce moment : "se résoudre aux adieux" de Philippe Besson.

Il y est dit "Aimer, ce n'est pas emprunter des routes toutes tracées et balisées. C'est avancer funambule au-dessus des précipices et savoir qu'il y a quelqu'un au bout qui dit d'une voix douce et calme : avance, continue d'avancer, n'aie pas peur, tu vas y arriver, je suis là."
Et aujourd'hui, ce jour, plus que jamais... Avancer...

J'aurais même pu les écrire ces mots.
J'aurais rajouté qu'aimer c'est aussi savoir l'autre, le sentir, devancer ses mots. Les mêmes mots. Se dire "comme si je l'avait fait(e)".

 

Je ne sais pas pourquoi je pense à la mer ce soir. Sans doute parce que je ne peux pas y aller. Parce que ça serait louche. Peut-être aussi, que, comme une petit fille gâtée, j'ai envie de ce que je ne peux pas avoir... Vite, là, tout de suite.
Peut-être que même, je n'en suis pas vraiment une... J'aime les choses simples, les petites attentions. Pas besoin de gros cadeaux, pas besoin de grand discours. Recevoir un message, passer la journée à parler, à rire, à jouer au "go" pour synchroniser l'écoute des morceaux de musiques partagés, à engloutir des crocodiles haribo (les rouges d'abord, parce que tout le monde se jette sur eux et qu'après il n'y en a plus) ou des mars glacés (quand ils n'ont pas tous été mangés)... Des traces ci et là... Une présence.

 

Peut-être que cette note n'a ni queue ni tête, pas vraiment de début et pas de fin non plus. Peut-être parce que je n'aime pas les fins, qu'il est tard et que je n'arrive pas à aller me coucher... Peut-être parce que je ne veux pas qu'elle prenne fin, cette journée... Peut-être...

 

lundi, 14 janvier 2008

Flash back

Il y a quelques soirs de cela, je roulais tranquillement avec une attention démesurée, le brouillard était épais, cotonneux. Comme à mon habitude, la musique résonnait à fond dans l'habitacle de la voiture.

Vint cette chanson. Cette chanson que j'ai usée en pensant à lui. Usée tout l'été. J'ai couru avec elle, j'ai roulé avec elle, j'ai fait de longues balades en bord de mer. Je lui ai souvent écrit avec elle. Soudain, je ne sais pas comment dire ce que j'ai ressenti, un coup au coeur. Pourtant, je l'écoute encore très souvent, au moins une fois par jours, depuis ma découverte. Mais, là...Un arrêt sur image... Puis un long "rewind".

 

Avril ou mai, mes premières lectures, mes découvertes, littérature et photos. Et puis lui. J'ai longtemps fait comme pour les autres. Silencieuse. Et puis enfin réussir à exister. Début juillet. Mes premiers mots. Huit jours après les siens. Et puis un enchaînement presque naturel. Fluide.

Des mots, des kilos de mots. Toujours écrits.
Des photos. Des bouts, des morceaux de nous. Je me revoyais dans les toilettes au bureau, ou le matin sur le lit avant de partir envoyer quelques clichés. Il me rendait souvent la pareille. Un jeu excitant.

 

Aussi, les souvenirs de cette journée, au bord de la piscine. Nous avions dû passer l'après midi "ensemble". Il faisait vraiment beau, bleu profond, rayons du soleil intenses. Échange d'une centaine de mails, sans doute plus. Nous avions pris le temps, tous les deux, du dialogue, de l'échange.

 

Et puis mes trois semaines de vacances, sans connexion. Avant de partir, faire le nécessaire pour le garder un peu avec moi. Charger ses mots dans le PC. Tous les soirs, être  un peu avec lui. Étrange sensation. Et cette musique, toujours là. Un soir, un des derniers : aller courir en bord de mer, la mettre en boucle, et puis sentir sa présence. Aussi fou que cela puisse paraître, sentir l'existence si réelle d'un personnage jusque-là, dépourvu d'apparence charnelle. Tout au mieux, un puzzle d'images reconstitué à la manière d'un portrait robot qui n'aurait même pas de visage.

 

Après un défilé. Si fort que j'en ai eu le tournis, saoulée de la rapidité, enivrée de l'intensité : la rencontre, sa silhouette devant ce magasin, son écharpe, le restaurant (moi qui n'ai aucune mémoire des lieux, je crois que je pourrais y retourner les yeux fermés, alors que son bureau, sa maison, là, j'en suis incapable, comme si je devais oublier où ils se situaient). Sa distance tout du long et puis son "tu veux te rapprocher un peu ?".
Mes doutes, nos échanges. Cet endroit, tout étroit, nos étreintes. Nos envies, les miennes et pire encore. Toucher du doigt l'indécence en lieu de luxure. Le chien de faïence au pied du lit. Mes pas assez, mes encores. Et nos peaux.

Alors, j'ai vacillé, avec tous mes souvenirs. J'ai réécouté encore cette chanson. Chut ma tempête, chut.

 

 

vendredi, 11 janvier 2008

Ne jamais s'attendre à rien

Peut-être que c'est quand on attend le moins une chose qu'elle finit par arriver.

J'avais souvent entendu dire :"ne cherche pas, ça viendra tout seul".

J'ai longtemps vécu comme ça. Ne rien attendre vraiment, ni du temps, ni des gens. Prendre ce qui est bon, faire avec ce qui fait mal. Le gérer au mieux. Profiter ou pleurer un bon coup et puis avancer.

Oui, avancer, parce que je suis de celles-là. Celles qui ne regardent pas beaucoup en arrière. Enfin, si, parfois, jeter un coup d'oeil par dessus l'épaule et se dire, tiens, voilà, j'en suis là, je n'y aurais pas cru.

Et puis un jour, au détour de rien, voilà, c'est là. Le coeur serré, qui palpite si fort  qu'il pourrait exploser. Parce qu'on sait, elle va arriver... Quelques jours, puis quelques heures, puis une minute ou deux.

Une porte qui s'ouvre.

 

mercredi, 09 janvier 2008

A la pointe de la langue

 

Ce matin je t'imagine. Je ne sais rien.
Pas de téléphone, je n'aurai pas ta voix.
Pas de mail, je n'aurai pas tes mots.
Ou là, peut-être, plus tard.

Endormi, encore...
Fiévreux ? Fatigué ? Alangui ?

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Les questions tournent, roulent, déferlent. Des flots.
Tu sais, les flots des songes...
Soûls riant.
Parfois moins.

Là, ça va...
Un petit peu.

 

 

 

dimanche, 23 décembre 2007

Us and hush

L'hiver est bien là. Ma saison.

La petite maison en bois accrochée dans l'arbre fait bien son office pour oiseaux démunis. Je les vois virevolter autour.

 

Un refuge.

 

Alors je pense à l'envie qui me tenaille depuis un moment. Être ensemble et jouir de l'inactivité.

Un feu de cheminée, un canapé. Ma tête sur ses genoux, les yeux fermés. L'écouter. Autant ses silences que ses mots.

Comprendre, apprendre, savoir, rattraper, partager, rire, donner, caresser. Prendre ce qu'il voudra bien me donner.

Un moment d'intimité intense, le crépitement des braises, sa main fouillant mes cheveux. Nous.

Rien que nous. Plus de temps qui passe. Plus de devoir faire ou de devoir être.

 

"Bonjour, ils ne sont pas joignables pour le moment, ils ne sont rien qu'à eux. Quand ils seront sortis de leur bulle, ils vous rappelleront. En attendant, vous pouvez toujours leur laisser un message. Biiiiip."

 

 

 

 

vendredi, 21 décembre 2007

D'autres regards

Être un secret,

Et pourtant, parfois, envie de crier son existence.

Être un songe,

Et souvent vivre éveillée.

Être une hypothèse,

Et maintenant ressentir la certitude.

Être une confusion de voix, de mots écrits, de 0 et de 1,

Et vite vouloir prendre consistance.

Être

Et vouloir avoir.

Être pressés de dire,

Et décider le silence.

Être si,

Et avoir l'impression d'être là.

 

 

 

dimanche, 09 décembre 2007

Be inspired

Ça y est, l'envie est là, prenante, pressante. Je n'en peux plus

Papiers déchirés, colle

Du rouge, du noir, du bleu. Huile, acrylique

Urgence

Les idées s'entrechoquent

Les laisser aller, s'exprimer

Lambeaux de mots

Métaphore de notre vie, des petits bouts, ci et là

Notre maison...

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