mardi, 19 février 2008
Perfect day
Je crois qu'après ça, je serai sans doute un peu vide. Je laisse voguer mes mots. Parce qu'ils sont tout ce que je suis. Souvent en écrivant, je me dis, tu en dis trop, tu te montres trop, c'est trop vrai.
C'est lors d'une discussion cette semaine qu'elle m'a dit presque comme ça : vrai ou pas, tu sais, ce qui compte ce sont les émotions, les mots. Elle avait raison. Certains n'ont jamais du se poser cette question, celle du réalisme ou non des situations. Et puis c'est vrai aussi, peu importe.
Ce sont quand même des bouts de ma vie exposés là, et je ne sais même plus dans quelle catégorie j'ai enregistré le blog quand je l'ai ouvert. Journal intime sans doute.
Je ne crois pas vous avoir jamais dit pourquoi j'avais fébrilement décidé la création de Fée d'Hiver. Pour une invitation au Musée! C'est pas top ça ? Bon, il y avait aussi l'envie et le besoin d'écrire qui me taraudaient depuis de bonnes semaines.
Ce soir, je suis trop lâche pour le grand pas, pour tout fermer, tout faire disparaître. Je n'arrive pas à savoir si ce sont des adieux ou des au-revoirs. J'ai fouillé dans les dictionnaires pour m'aider... Rien de très décisif. Juste une nuance "définitivement/pour très longtemps, pour les premiers ou juste prendre congés, pour les seconds". Et puis dire si je vais revenir demain, dans dix jours, dans un mois ou jamais... Je ne sais pas. Pas encore.
Vous avez bordé mes nuits de vos mots, vous m'avez fait sourire, parfois pleuré. Et puis de jolies rencontres. Mêmes de très belles. On a beau dire que c'est du vent, que c'est souvent irréel, impalpable. Je n'y crois pas.
Et puis les mots de Verlaine:
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon cour
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure,
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
Le livre que je lis en ce moment : "se résoudre aux adieux" de Philippe Besson.
Il y est dit "Aimer, ce n'est pas emprunter des routes toutes tracées et balisées. C'est avancer funambule au-dessus des précipices et savoir qu'il y a quelqu'un au bout qui dit d'une voix douce et calme : avance, continue d'avancer, n'aie pas peur, tu vas y arriver, je suis là."
Et aujourd'hui, ce jour, plus que jamais... Avancer...
J'aurais même pu les écrire ces mots.
J'aurais rajouté qu'aimer c'est aussi savoir l'autre, le sentir, devancer ses mots. Les mêmes mots. Se dire "comme si je l'avait fait(e)".
Je ne sais pas pourquoi je pense à la mer ce soir. Sans doute parce que je ne peux pas y aller. Parce que ça serait louche. Peut-être aussi, que, comme une petit fille gâtée, j'ai envie de ce que je ne peux pas avoir... Vite, là, tout de suite.
Peut-être que même, je n'en suis pas vraiment une... J'aime les choses simples, les petites attentions. Pas besoin de gros cadeaux, pas besoin de grand discours. Recevoir un message, passer la journée à parler, à rire, à jouer au "go" pour synchroniser l'écoute des morceaux de musiques partagés, à engloutir des crocodiles haribo (les rouges d'abord, parce que tout le monde se jette sur eux et qu'après il n'y en a plus) ou des mars glacés (quand ils n'ont pas tous été mangés)... Des traces ci et là... Une présence.
Peut-être que cette note n'a ni queue ni tête, pas vraiment de début et pas de fin non plus. Peut-être parce que je n'aime pas les fins, qu'il est tard et que je n'arrive pas à aller me coucher... Peut-être parce que je ne veux pas qu'elle prenne fin, cette journée... Peut-être...
lundi, 14 janvier 2008
Flash back
Il y a quelques soirs de cela, je roulais tranquillement avec une attention démesurée, le brouillard était épais, cotonneux. Comme à mon habitude, la musique résonnait à fond dans l'habitacle de la voiture.
Vint cette chanson. Cette chanson que j'ai usée en pensant à lui. Usée tout l'été. J'ai couru avec elle, j'ai roulé avec elle, j'ai fait de longues balades en bord de mer. Je lui ai souvent écrit avec elle. Soudain, je ne sais pas comment dire ce que j'ai ressenti, un coup au coeur. Pourtant, je l'écoute encore très souvent, au moins une fois par jours, depuis ma découverte. Mais, là...Un arrêt sur image... Puis un long "rewind".
Avril ou mai, mes premières lectures, mes découvertes, littérature et photos. Et puis lui. J'ai longtemps fait comme pour les autres. Silencieuse. Et puis enfin réussir à exister. Début juillet. Mes premiers mots. Huit jours après les siens. Et puis un enchaînement presque naturel. Fluide.
Des mots, des kilos de mots. Toujours écrits.
Des photos. Des bouts, des morceaux de nous. Je me revoyais dans les toilettes au bureau, ou le matin sur le lit avant de partir envoyer quelques clichés. Il me rendait souvent la pareille. Un jeu excitant.
Aussi, les souvenirs de cette journée, au bord de la piscine. Nous avions dû passer l'après midi "ensemble". Il faisait vraiment beau, bleu profond, rayons du soleil intenses. Échange d'une centaine de mails, sans doute plus. Nous avions pris le temps, tous les deux, du dialogue, de l'échange.
Et puis mes trois semaines de vacances, sans connexion. Avant de partir, faire le nécessaire pour le garder un peu avec moi. Charger ses mots dans le PC. Tous les soirs, être un peu avec lui. Étrange sensation. Et cette musique, toujours là. Un soir, un des derniers : aller courir en bord de mer, la mettre en boucle, et puis sentir sa présence. Aussi fou que cela puisse paraître, sentir l'existence si réelle d'un personnage jusque-là, dépourvu d'apparence charnelle. Tout au mieux, un puzzle d'images reconstitué à la manière d'un portrait robot qui n'aurait même pas de visage.
Après un défilé. Si fort que j'en ai eu le tournis, saoulée de la rapidité, enivrée de l'intensité : la rencontre, sa silhouette devant ce magasin, son écharpe, le restaurant (moi qui n'ai aucune mémoire des lieux, je crois que je pourrais y retourner les yeux fermés, alors que son bureau, sa maison, là, j'en suis incapable, comme si je devais oublier où ils se situaient). Sa distance tout du long et puis son "tu veux te rapprocher un peu ?".
Mes doutes, nos échanges. Cet endroit, tout étroit, nos étreintes. Nos envies, les miennes et pire encore. Toucher du doigt l'indécence en lieu de luxure. Le chien de faïence au pied du lit. Mes pas assez, mes encores. Et nos peaux.
Alors, j'ai vacillé, avec tous mes souvenirs. J'ai réécouté encore cette chanson. Chut ma tempête, chut.
10:45 Publié dans Fée Brile | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : Je ne sais même pas si tu lis, m'en fous, non, pas vrai, mais je sais, tu m'as dit, alors j'attends
vendredi, 11 janvier 2008
Ne jamais s'attendre à rien
Peut-être que c'est quand on attend le moins une chose qu'elle finit par arriver.
J'avais souvent entendu dire :"ne cherche pas, ça viendra tout seul".
J'ai longtemps vécu comme ça. Ne rien attendre vraiment, ni du temps, ni des gens. Prendre ce qui est bon, faire avec ce qui fait mal. Le gérer au mieux. Profiter ou pleurer un bon coup et puis avancer.
Oui, avancer, parce que je suis de celles-là. Celles qui ne regardent pas beaucoup en arrière. Enfin, si, parfois, jeter un coup d'oeil par dessus l'épaule et se dire, tiens, voilà, j'en suis là, je n'y aurais pas cru.
Et puis un jour, au détour de rien, voilà, c'est là. Le coeur serré, qui palpite si fort qu'il pourrait exploser. Parce qu'on sait, elle va arriver... Quelques jours, puis quelques heures, puis une minute ou deux.
Une porte qui s'ouvre.
18:40 Publié dans Fée Brile | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : Juste un petit peu, merci, quel cadeau...
mercredi, 09 janvier 2008
A la pointe de la langue
Ce matin je t'imagine. Je ne sais rien.
Pas de téléphone, je n'aurai pas ta voix.
Pas de mail, je n'aurai pas tes mots.
Ou là, peut-être, plus tard.
Endormi, encore...
Fiévreux ? Fatigué ? Alangui ?
Les questions tournent, roulent, déferlent. Des flots.
Tu sais, les flots des songes...
Soûls riant.
Parfois moins.
Là, ça va...
Un petit peu.
10:40 Publié dans Fée Brile | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : Dis...
dimanche, 23 décembre 2007
Us and hush
L'hiver est bien là. Ma saison.
La petite maison en bois accrochée dans l'arbre fait bien son office pour oiseaux démunis. Je les vois virevolter autour.
Un refuge.
Alors je pense à l'envie qui me tenaille depuis un moment. Être ensemble et jouir de l'inactivité.
Un feu de cheminée, un canapé. Ma tête sur ses genoux, les yeux fermés. L'écouter. Autant ses silences que ses mots.
Comprendre, apprendre, savoir, rattraper, partager, rire, donner, caresser. Prendre ce qu'il voudra bien me donner.
Un moment d'intimité intense, le crépitement des braises, sa main fouillant mes cheveux. Nous.
Rien que nous. Plus de temps qui passe. Plus de devoir faire ou de devoir être.
"Bonjour, ils ne sont pas joignables pour le moment, ils ne sont rien qu'à eux. Quand ils seront sortis de leur bulle, ils vous rappelleront. En attendant, vous pouvez toujours leur laisser un message. Biiiiip."
vendredi, 21 décembre 2007
D'autres regards
Être un secret,
Et pourtant, parfois, envie de crier son existence.
Être un songe,
Et souvent vivre éveillée.
Être une hypothèse,
Et maintenant ressentir la certitude.
Être une confusion de voix, de mots écrits, de 0 et de 1,
Et vite vouloir prendre consistance.
Être
Et vouloir avoir.
Être pressés de dire,
Et décider le silence.
Être si,
Et avoir l'impression d'être là.
12:40 Publié dans Fée Brile | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends, Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. V.Hugo
dimanche, 09 décembre 2007
Be inspired
Ça y est, l'envie est là, prenante, pressante. Je n'en peux plus
Papiers déchirés, colle
Du rouge, du noir, du bleu. Huile, acrylique
Urgence
Les idées s'entrechoquent
Les laisser aller, s'exprimer
Lambeaux de mots
Métaphore de notre vie, des petits bouts, ci et là
Notre maison...
14:15 Publié dans Fée Brile | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : mon amoureux
mercredi, 05 décembre 2007
Promets moi une chose, une heure, pas plus
Notre rendez-vous. Après tant de difficultés d'incompatibilités d'agendas, nous avions enfin réussi à trouver une heure pour nous voir. Une heure m'avais-tu dit, pas plus. Tu m'avais même demandé de te promettre d'être raisonnable (à moi, quel culot, non? !!! N'empêche que j'avais tellement envie que j'ai accepté ! Et puis une heure, c'était mieux que rien). Une heure de plaisir. Extatique.
Fébrile, je suivais à la lettre les indications que tu m'avais données pour rejoindre ton bureau. Comme convenu je t'ai envoyé un mail dès mon arrivée. J'ai attendu, un peu. Pour me donner une constance (et aussi parce que je ne fume plus depuis 5 ans) j'ai passé un ou deux appels en attendant, patiemment (non, ça c'est une illusion... la patience chez moi !). Comme à chaque fois, mon coeur se serrait un peu plus à chaque seconde qui passait. D'abord, j'ai entendu ta voix " tu ne vas pas le lacher un peu ce téléphone ? !". Puis toi. Toujours aussi élégant, encore plus beau.
Une discution légère commençait le long du trajet qui nous menait jusqu'à l'abri où nous allions pouvoir nous enlacer. Arrivés, nous avons monté quelques escaliers. La pièce était vide, nous étions seuls.
Forcément, l'espoir de nos peau à peau, notre désir exacerbé de tant d'attente nous ont fait nous jeter l'un sur l'autre, dans la tendresse de l'étreinte et la fougue de l'empressement.
M'impreigner à nouveau de ton odeur. Comprendre ta chaleur. Très vite, j'ai eu cette envie irrépressible de ton sexe dans ma bouche. Le sentir enfler, gonfler, prendre sa place, mais aussi sentir ton coeur battre à chaque va et vient. Insatiable de cette sensation. J'ai senti ta main remonter ma robe vers le haut pour jouir de la vision de ma croupe relevée, presque dénudée.
Puis l'envie encore plus pressante. Pull et robe ont valsé, pantalon en bas des pieds... Tu m'a laissée en bas, noirs, portant encore mes chaussures à brides et à talons. Tes mains parcouraient mon corps tout entier. Nous avons fait l'amour sur ton fauteuil, entre l'ordinateur, les courriers, les cartes de visites. Puis debout, tentant tant bien que mal de trouver notre équilibre. Je me retournais afin de te sentir encore mieux en moi presque pliée en deux. Jouir encore. Et soudain, envie de mener un peu la danse, alors je t'ai incité à rejoindre le sol. Amazone sur ton corps.
Une heure trente déjà. Je t'ai rappelé à l'ordre, je tenais à respecter (presque) mon engagement. Mais c'est à ce moment que tu m'as demandé fermement de m'assoir, j'étais encore nue. Tu as écarté délicatement mes jambes, glissé ta tête entre mes cuisses. J'ai senti ton souffle chaud, ta langue s'insinuer dans mes chairs gonflées par déjà tant de plaisir, tes doigts précis. J'aurai voulu résister, te dire qu'il était l'heure... Mais je n'ai pas pu, faible femme face à toi ! Je me suis juste laissée aller à ta bouche.
Qu'il était bon de sentir ton envie de moi, de sentir ton sexe en moi. J'aime l'idée que, de temps à autre maintenant, tu puisses te laisser distraire par le souvenir de ma jouissance, là par terre, presque sous ton bureau, ou encore là...
En dépit du manque de temps, nous avons profité de nos tendres caresses, de nos mots, de nos rires, de nos silences... J'ai pu te toucher, te sentir. Nous avons éprouvé, encore cette étrange sensation, toujours aussi forte, d'entente parfaite de nos corps. Comme s'ils ne faisaient qu'un. Encore un beau moment volé à notre vie, notre temps. Malgré tous tes impossibles.
11:45 Publié dans Fée Brile | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : comme, j'ai envie, en corps
mardi, 27 novembre 2007
Aujourd'hui et bientôt
Essayer de faire passer l'envie. La rendre supportable. Attendre ses mots. Fantasmer la rencontre. Prendre un risque, forcément. Qu'importe, j'ai envie. Grain de folie. Relire ses mots, et me dire que je n'ai rien à craindre. Ses mains, me serrer, fermement. Désir grandissant. Son attirance. On est pareil. Escapade, parenthèse, voyage de sens, vouloir tout ça. Quant à demain, mon envie sera toujours là.
18:00 Publié dans Fée Brile | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : envie, de, toi
samedi, 24 novembre 2007
Toute première fois
C'est ma première fois. Il ne le sait pas, je ne lui dirai qu'après.
J'ai tellement confiance. Je me donne à lui comme jamais. Je ne ressens aucune crainte ni inhibition. Je me laisse totalement guider.
Plus je le sens présent, plus je m'abandonne. Plus le temps avance, plus l'espace entre nous se réduit, inexorablement. Je ferme les yeux et je devine son regard bienveillant et sensuel. J'entends sa voix.
Sa voix... Il faudrait que je vous parle de sa voix, de l'effet qu'elle produit sur moi, si grave et si sensuelle. Et pourtant, je ne trouve pas les mots pour évoquer cette résonance, ce timbre, les frissons qui me parcourent quand elle vibre en moi. Là aussi, c'est la première fois que je suis transportée ainsi : chaque mot, un rêve ; chaque syllabe, un voyage. Encore cette nuit alors que je suis dans mon salon, seule, et que uniquement le bruit des cliquetis des touches m'accompagne, elle est là, sa voix. Je la reconnaîtrai entre mille, sa voix.
Il est doux et tendre, il me comprend. Il laisse venir mon premier orgasme. A mes râles, il sent monter la pression, bouillonnante en moi. Il fait en sorte de l'encourager de quelques mots susurrés au creux de mon oreille. J'explose. Mes gémissements deviennent des cris. J'essaie de me contenir, un peu, mais le plaisir est trop fort. Je suis parcourue de ces spasmes post jouissance. Je suis bien. Je sens mes muscles se contracter encore un peu, à l'intérieur. Il me rassure.
Mais maintenant, je veux qu'il jouisse aussi. Je veux qu'il éprouve le même transport de sens. Je veux notre volupté commune. Je le veux plus brutal, je deviens alors sa salope. Plus fort, je lui crie ce désir. Je sens sa respiration s'accélérer aussi. Galvanisés, nous laissons nos doigts nous frôler, nos mains nous caresser, tantôt appuyés, tantôt effleurants, en tout cas décidés. La main sur sa queue, vivement. Les doigts dans mon sexe, fouilleurs et inquisiteurs. Je me cambre, il se tord, nous hurlons notre euphorie, nous clamons notre délice. Extatiques.
Nous restons quelques instants sans mot dire. Juste là, encore transpirants.
Et puis quand nous retrouvons la force de parler un peu, conscients de ce moment si particulier, si intime que nous venons de passer, on se promet une autre nuit comme celle-ci. Vite. Il m'embrasse, encore et encore. Et dans le lit, j'entends le bip bip bip... Il a raccroché le premier.
03:45 Publié dans Fée Brile | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : notre soirée secrète, hope, you, love





