jeudi, 01 mai 2008
L'absente

Être l'absente du monde, le temps d'une heure ou deux. Exister sans être. Poussée.
Pas vraiment marcher, presque courir. Mais après quoi ? Le temps qui fuit.
Cela me va, aujourd'hui, qu'il se dérobe. Vouloir hurler, même, pour qu'il se soustraie à mes pas. Capricieuse, je veux qu'il s'échappe, qu'il me file entre les doigts, qu'il me donne le tournis. J'abhorre ce temps qui se traîne, ses heures qui s'allanguissent.
Et puis, il y a cette voix dans mes oreilles, profonde. D'une violence presque douce. Effilée. Plus intense à chaque note.
Au fur et à mesure. S'habituer au son et à l'intensité. Fort, plus fort encore. Ne plus entendre le monde autour de moi. Un silence puis un décroché dans la mélodie, presque un cri. Le violoncelle. Des murmures tranchants. La lame dans mon corps. Elle tranche. A vif. Une déchirure. You're my most beautiful scar. Un moment et tout déraille, tout se trouble. Ne plus y voir. Floue. Une morsure à mes lèvres comme pour me rappeler l'existence de l'entourage, la foule, les piétinements. Me forcer à revenir dans le négligeable, me ramener au milieu de l'anodin, dans l'insuffisant.
Il me faudrait un refuge. Un asile pour ma tendre solitude. Vite, trouver l'abri. Et dans le flot palpitant de mes veines, l'andidote à ma déréliction.
Se couvrir des accords. Majeurs. C'est au dehors les dissonances.
Je rêve. Et la cacophonie de mes contresens pourrait mourir doucement.
Parfois, je me demande si tu entends la décadence insensée de mes cris. Aphones. You're my most beautiful scar. Ton silence.
*Tu es ma plus belle cicatrice
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dimanche, 30 mars 2008
So many dreams on the shelf
22:27 Publié dans Faits musicaux | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
mardi, 26 février 2008
Concert au Zèbre II
Encore sous le charme du Montpellierain, les oreilles grisées par le son acoustique et la voix chantante de cet accent ensoleillé, les murmures se font de moins en moins discrets.
Pendant que quelques techniciens réarrangent la scène, un couple se bécote, un autre se touche à peine encore assourdit par la belle surprise vocale, un groupe de potes se marre, une femme tout sourire, aux faux airs de Marie Trintignant distribue ses carambars, amis, inconnus, peu importe, elle partage.
La lumière s'envole, le noir et le silence s'installent. Et puis un cri, deux... Il arrive, s'avance. Beau gosse, finalement, bien plus beau que sur la couverture de l'album ou des affiches. Il commence. Deux chansons de son album à venir. Le public coi, boit les paroles, s'ennivre des sons. Une batterie, une guitare, une voix.
Le plaisir de la découverte, un nouvel univers. De nouveaux mots alignés, tous se concentrent pour s'impreigner au maximum, ne rien louper, ne pas passer à côté.
Et puis l'envie de pouvoir chanter, de l'accompagner en fredonnant. Rapidement, il entonne celle que certains sont ravis de reprendre en choeur:
"Faut-il se tordre
Et brailler pour
Se sentir enfin vibrer ...
Il ajuste et assume
Des baisers trop grands pour ses poches
Il a eu des tonnes d'attention
Et des livres en pagaille
Des mots doux pour le jour
Qu'elle a laissés sur la table ..."
Il alterne chansons de son ancien album et du nouvel. Même pour les connues, la surprise est toujours celle de la version live. Du bonheur.
Une voix au timbre clair et posé, teintée d'influences françaises (il assurera d'ailleurs une très belle reprise de Noir Désir, "à l'envers à l'endroit", véritable moment de bonheur, même pour les aficionados de Bertrand Cantat) mais aussi américaines, de Elvis à Jim Morrison, afro américaines et orientales.
Ressentir ... Fermer les yeux : des nuits de blues aux rythmes affirmés de l'Afrique.
A l'écoute de "mon pays", ce pays, où "il y avait l'amour", ce pays en mal de valeurs, ce pays "où tout se mondialise, se globalise", une jeune femme, la trentaine, a le coeur qui se lève. Saisie par cette complainte lascive aux cordes pincées, frottées, par sa force, des larmes perlent. Un coup d'oeil gêné par cette situation, les yeux se détournent vite d'elle.
Quelle force, pourtant, d'arriver, grâce à sa voix et sa guitare, à faire ressentir de telles émotions. En son for intérieur, la jeune femme le remerciera sûrement, ce n'est pas tous les jours que l'on ressent de pareilles sensations pendant un concert.
Alors forcément, quand le glas de la dernière chanson sonne, la salle retient son souffle. Il doit revenir. Des applaudissements jaillissent quelques cris et des "encore". Il arrive de nouveau. Deux dernières.
Et puis les lumières se rallument. Regardez-les, tous, quand c'est fini, les airs hagards et ébaudis, les pas cotonneux après plus de deux heures debout. Sentez la déception. La déception et la tristesse des fins. Celles de toutes les fins, palpables dans une salle devenue vide des résonances dissipées. Il ne reste plus qu'à sortir, la tête encore dans "Un mot pourrait tout changer c'est vrai, Un mot , Un mot pourrait me porter c'est vrai"...
Mes graines ... A écouter absolument
02:46 Publié dans Faits musicaux | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : fred, sortie de l'album "mes graines " le 3 mars, http://www.fred-lesite.com/
dimanche, 24 février 2008
Concert au Zèbre I
Un mec d'une quarantaine d'année. Il débarque là, devant la scène, déjà électrisé. Dans la salle, certains regards sont interloqués par la dégaine improbable du personnage. Un cuir vert, ouvert, rien en dessous. La peau nue, nue comme les paroles.
Assumer une première partie n'est jamais simple. Le public souvent passif, attend celui qu'il est venu écouter. Et pourtant, l'effet de surprise passé, les visages se décrispent, sourient. Le cabaret à l'ambiance intimiste favorise le rapprochement.
Il attrape sa guitare et part dans un solo.
Rapidement, rentrer dedans et aimer.
Une chanson et il devient un ami. Deux chansons et l'assemblée est une réunion de vieux potes venus pour un petit boeuf.
"C'est la guerre autour de nous mon amour,
Allez avoue, allez, avoue
Avoue que ça te fait du bien
Que ça te fait plaisir
Qu'on fait ça pour rire
Juste pour se faire rugir, pour se faire rougir
Et tout et tout et toujours tout...
C'est la guerre autour de nous
Soudés sous les treillis aux abris
Sous la tonnelle de fusils
J'ai planté des narcisses, dans tes gerçures,
en attendant qu'elles fleurissent..."
Et puis l'accent chantant de ce doux sud...
Aux ordres... A écouter absolument
03:10 Publié dans Faits musicaux | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : http://www.myspace.com/dimonelesite





