jeudi, 20 novembre 2008

L'éternité plus un jour

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Les concentrés de bonheur ont cela de difficile. On se quitte un jour et le lendemain ressentir l'éternité plus un jour. C'est dire...

L'éternité plus un jour de ne pas avoir humé l'odeur de nous au creux de son cou.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir caressé le bord de ses hanches.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir embrassé ses lèvres charnues.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir joui de son corps enfoui en moi.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir senti son regard se poser sur moi.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir baisé sa queue avec ma bouche.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir écouté son silence.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir déambulé au hasard, son bras autour de mon cou.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir dormi enlacés.

Je suis une dévoreuse, une avide.

J'ai tout bouffé. J'ai tout pris.
Je n'ai rien laissé à l'air, au temps, au vide.

Je me suis gonflée, remplie. De lui.

J'ai des images inavouables, des souvenirs inénarrables.

Je plonge dans ma mémoire, j'éclabousse mon esprit.
Je m'immerge dans le dédalle de nos rues. Il y a des murs colorés, des bars enfumés, une foule animée.
Je m'engouffre dans notre chambre. Il y a des draps froissés, des journaux éparpillés,  des vêtements entassés.
Je me baigne dans notre vie. Il y a des "je t'aime" étalés, des indécences provocantes, de perpétuelles envies d'encore.
Je me jette dans notre futur. Il y a des pactes scellés, des utopies limpides, des projets réfléchis.

 

Mais ce soir, pourtant, supporter l'éternité plus un jour.

 

 

 

lundi, 27 octobre 2008

Ce qui ne se voit pas

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Mon coeur. Le diable en robe blanche.

Je sais. J'analyse, je décortique... Je fais du tri dans les traces du passé encore aliénant.
La poubelle est aussi pleine que la boîte à bonheur.
J'écoute, j'entends. Parfois encore, je n'en fais qu'à ma tête. Agaçant ? Oui, je sais.

Pourtant.

La raison. L'ange aux plumes légères.
J'envie.
Alors, je me lance. J'avance.


Je tape du pied. Fort. Je secoue la tête. Les cheveux emmêlés. Faut que ça remue. Dedans.

Une idée. Une certitude.
Suivre la ligne.
Le chemin est long.
Je le sais, je le vis, je le veux.
Sûre de moi.
Depuis le début.

C'est le jour.
Les gouttes de pluie.
Tout résonne sur la fenêtre.
J'entends. Le flic floc.
Mais le soleil dans le creux de mes mains.
Il fait chaud. Là, juste là.

Tout se bouscule.
La décision.
Il est l'heure.
L'heure.
Il est l'heure qu'elle disparaisse.
Elle doit laisser sa place.
Elle doit s'évaporer.
La petite fille. Celle qui a peur.
Celle qui n'a jamais, jusqu'à maintenant été rassurée. Celle qui n'avait finalement confiance en personne. A peine en elle.

C'est maintenant le temps.
Le temps de devenir femme.
Accomplie.









mercredi, 15 octobre 2008

Un cadeau

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Ce soir, recevoir un cadeau. Un de ceux qui soulèvent le coeur.

Il y a une histoire, un passé. Des espoirs, parfois désespérés.

Vieille, un jour, je me souviendrai.

Tout une vie, il faudrait toute une vie. Peut-être, peut-être pas.

Et la rivière... Vivante. En débordement parfois.

Elle danse, juste là.

Le chant.

Il y a le cours des choses. Il y a notre volonté.

Des mots indicibles, parce qu'ils viennent du fond.

Serein.

Et mériter.

Mériter le trésor offert. Le tout simple.

Le petit rien qu'on colle contre soi.

 

vendredi, 05 septembre 2008

HEUREUSE

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Croire en son intuition. Vivre. Tout donner.

Avoir mal, parfois.

Mais croire encore et toujours. Parce qu'il y a des choses que l'on sait, au fond. Tout au fond.

"Faire le choix d'écouter son coeur"...

Vivre pleinement, enfin. Sereinement.

Les pieds sur terre, ancrés. La tête ailleurs. Dans les rêves des demains souriants.

Le temps... Celui qui court, pas encore assez vite.

Et les battements réguliers de ma respiration. Posée.

Enfin.

 

 

 

 

 

dimanche, 27 juillet 2008

Un passage...

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Il meurt lentement celui qui évite la passion et son tourbillon d'émotions
Celles qui redonnent la lumière dans les yeux
Et réparent les coeurs blessés.

Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu'il est malheureux
Celui qui ne prend pas de risque pour réaliser ses rêves
Celui qui, pas une fois dans sa vie n'a fui les conseils sensés.

 

Vis maintenant

Agis tout de suite

Ne te laisse pas mourir lentement

Ne te prive pas d'être heureux.

 

Pablo Neruda

 

 

Un jour comme les autres, et pourtant un jour un peu différent.
Juste un peu... Et tellement.

Parce que plus rien ne sera comme hier. Des décisions et l'inconnu. 
Et quelques certitudes pourtant.
Celles de ne plus subir, de ne pas regretter.
De ne pas avoir peur. De ne plus avoir peur.
Parce que les mots. Encore et toujours, les mots...

Tout est à construire.
Y mettre toute ma détermination, mes envies, mes forces. Mon amour. Entière.

Un jour comme les autres, et pourtant un jour un peu différent...

Écouter la force de ce qui est en Nous. Vivre. Intensément.
Une main.
Un chemin.

 

 

 

vendredi, 16 mai 2008

Et si

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Ils ne nous ressemblent pas.
Tu es bien plus beau.
Mes cheveux bien moins disciplinés.

Nos draps seraient bien plus froissés encore.
Les oreillers à terre.

Nous n'admirerions pas la mer.
Je te regarderais droit dans les yeux.

Nous ne serions pas assis.
Je te ferais face. Droite et fière.
Fière d'être là.
Fière d'être ta.

Seule ta main, peut-être, serait contre mes fesses.
Ou sur ma hanche.

Dans nos silences, il n'y aurait pas leur solitude. Celle qu'ils tentent de partager, au milieu de leur désespérance.
Dans nos silences, il y aurait tout. Notre musique, le manque de Nous, nos tendresses, notre amour, nos pleins, nos creux, nos désirs.

Au dehors. Il pourrait y avoir les nuages, l'orage, ou les pluies. Diluviennes, torrentielles ou fines. Ou même le soleil, timide ou éclatant.
Au dedans. Nous serions inondés de nos sueurs, trempés de nos larmes, chavirés de l'éclat de nos effusions, soulevés par le vent de nos gestes brusques, caressés par la douceur de la rosée des matins.

Nous ne serions pas aussi calmes.
Mon coeur battrait trop fort, mon sang affluerait bien trop vite. L'allure effrénée.
Ton corps hurlerait le désir. Ta voix murmurerait tes secrets indécents.

Si.

 

 

 

 

samedi, 03 mai 2008

Toi

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Dire beaucoup.
Dire ton sourire quand mes peurs me rongent.
Dire tes mots quand mes déraisons m'envahissent.
Dire ta présence quand l'absence me retourne et m'envoie en l'air.
Dire nos rires.
Mais juste un souffle... Loin.
Je le dépose à mes pieds.
Un galet. La mer.
Elle fera le reste. Tu la connais si bien ...

Et des jours, pleins. Beaux pour toi. Encore et encore...

 

mardi, 22 avril 2008

Dreams Machine

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C'est ma folie et ma raison dans ses mains. Sans doute l'a-t-il senti ? Je les y ai déposés. Minuit. L'heure où la nuit luit, tout de gris. Barbouillée. Quelques touches dorés. Filantes.

J'ai fermé les yeux très fort. Si fort. Je me suis endormie. Peut-être ses bras au milieu de mon fouillis. Des tas d'Incertains, des piles d'Envies, des amas de Passé, de Présent, de Demain. Faire valser. Jeter. Tout mélanger. Au milieu, tant à créer. Et par dessus, les nuages.

Tic tac. Sensation parfois oppressante du manque. Le manque de volupté, le manque de rire, le manque de temps. Souvent alors, ce Manque enveloppé de sa tendre amie la Peur se pare de l'Insensé. Vite, Mal faire, Briser, Douter, Ébrécher. Consumer.
Mais là, dans ma nuit, le calme. Les battements du coeur à la mesure du crépitement de la bougie. Vivante. L'intuition reposante d'être les minutes dansantes de ses heures. Et les secondes s'abandonner.

Des petites bulles de temps s'entrechoquent doucement. Des matins de mélanges aux langueurs écrasantes de l'hiver enneigé. Des nuits de balades au bitume brûlant même après la douce pluie de l'été. Des journées de guets aux rivages des mers agitées par l'éveil du printemps. Une vie réinventée aux indolences du vent un peu gourd dans les feuilles de l'automne.

Peut-être n'ai-je pas rêvé. L'instinct de l'évidence. A peine déshabillée, les rubans. Sur le lit. Et les papillons s'envoler.

 

 

Photographie : IneedChemicalX

dimanche, 20 avril 2008

La robe

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Habiller ce matin mon corps en naufrage. Une jolie robe. Légère. Douce aux fibres d'envies.
Couturière. J'amoncelle et j'amasse, petit tas, tous les mots. Ceux du soir, du matin, ceux de rien, même ceux qui sont tus, ceux que je ne lis pas.
Je les couds un à un, les assemble à l'envi. Un Toi contre un Moi, un Voyage à l'envers d'un Baiser, un Soir collé aux Étoiles, un Bientôt adossé à ta Main.
Et beaucoup d'autres encore. Ceux portés par les mers. Bouteilles en creux, vagabondes.
Ceux portés par nos souffles, nos soupirs, nos impatiences. Et mon cri intérieur. Incisif.

Tu les vois, les guirlandes, rubans de mots s'enchaîner tout autour. Des Peut-être me couvrir, des Caresses m'enrouler. Présence et absence, l'envers et l'endroit du même vêtement pour me réchauffer.

Une heure, puis deux, quelques minutes et des secondes, des centaines. L'air. Le vent. Sens comme il s'engouffre. Les plis de l'étoffe. Il soulève les Jamais, nourrit les nuages des Mélancolie et Tristesse. Quelques Toucher, Avide, Larme, Peau, Goûter s'emmêlent et se posent au creux de ma main.

Regarde dehors, le ciel. Entre chien et loup. Maintenant. Que reste-t-il de l'éphémère voile aérien ? Et s'il ne devait y avoir qu'un mot pour habiller ma nuit...

 

 

free music

Photographie : Can Su Boguslu

jeudi, 17 avril 2008

Rêveries

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Se toucher. Arrêter de mourir comme arrêter de courir. Respirer. Il reste une chanson. Écoute. Prends ma taille, vole mon bras, mes jambes. Emmène-moi où je t'attends. Infiniment. Patiemment.

Investis mon corps, le sang qui coule. La berceuse, tu l'entends. Écoute, elle te dit comme j'ai froid. J'ai froid, j'ai froid, j'ai froid. De toi. Accrocher le revers du coton blanc des nuages survoltés. Et ta main.
A ma bouche se posent quelques mots. Rêver, dormir, tendre, enlacés, toujours. Un fouillis incroyable.

Pour l'éclat, il faut sentir l'absence, rouge. Pour la lumière il faut saigner des larmes noires. Écoute. Doucement. Les mots arrachés à l'épaisseur des brûmes.

Peindre les couleurs, essuyer le vide entre toi et le flux dans mes veines. Le chiffon des murmures. Ecoute. Sur la palette, tout se mélange. Comme nos corps abandonnés. Comme les gouttes de pluies rassemblées. Flaque. Eau libre.

Maintenant, se retirer. Laisser la musique trimer sur son labeur mystérieux. Écoute. Tintinnabuler, tintin-mare, s'envoler. Les notes se frôlent mais ne se touchent pas. Froissement délicat. Le rythme est là. La mélodie en deux temps. La présence et l'absence, le silence et les non-dits trop bruyants, le vide et toi. Et puis vite, l'un. L'autre. Un, si fort.

Je me glisse sous tes paupières, c'est la nuit. Je t'envoie mille éclats de lune, mes pincées de plumes. Écoute. Le chant aigu du lointain. Se mélangent nos couleurs. Ocre, terre de soleil. Brillant des étoiles. Tu les vois, je les imagine. J'ai compris les minuscules, accepté les infimes. Des songes. Poussière. Mon or.

 

 

free music

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