mercredi, 03 décembre 2008

Arrêt d'urgence

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Un éclair. Je sens enfoncées en moi les racines d'un sentiment profond.

Mouvement infini, le vide est un rocher immobile au mileu du ressac des vagues.

J'ai l'image gravée en moi du manque, tatouage impénétrable sur ma peau. Mes mains, mes cuisses, mon ventre.

Les mots, cette fois-ci, matérialisant le cruel de l'absence. Je devenais muette.

Mélancolie de la souvenance.

Arrêt d'urgence.

Décelleration quasi vitale.

Je dois mettre un terme à la spirale. Tourne, tourne, tourne.

Déflagration intense. L'irrépressible libération de l'âme, du corps.

Nous réapprenons.

Immuable recommencement.

Avidement, le tout revient.

 

 

 

 

 

lundi, 19 mai 2008

Silence

 

 

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free music

 

 

 

dimanche, 11 mai 2008

A l'intérieur

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Rien ne sort, rien ne vient. Paradoxe. J'ai tant à dire. Pour une fois, cela doit peut-être rester entre moi et moi.

Ma tête sur l'oreiller et mes pensées confuses au milieu de ma certitude.

Je ferme les yeux.

J'ai envie.

Envahie. Submergée. Des réminiscences. Je coule ou je flotte, je ne sais pas. Je ne sais plus. Un voile se pose.

Une soirée. Sa présence en filigrane. Ce souvenir me noue le corps. Des bouffées. Mon coeur est lié. Indépendant attaché. Les images en flots me font chaud. Je plonge dedans.

Les battements se calment un instant. Et le tourbillon repart.

Inutile de dire.
Chacune de mes impressions. Indélébiles. En moi, dans chaque respiration, dans chaque pulsation. C'est la vitesse, l'allure folle. Incontrôlable.

Inutile de dire.
Le vent dans mes cheveux.

Je voudrais son calme. Je voudrais son vide. Mais la tempérance ne parvient pas à me rattraper. Elle me caresse au loin, me nargue. Jamais ne pénètre dans mes veines. Jamais ne court sur ma peau.
L'indomptée.
Un jour, peut-être, je deviendrais apprivoisée.

Mais c'est presque demain, cet autre jour. Celui des "va savoir".
Ce demain qui vient nous éclabousser.
Quelques gouttes. Ou plus.

 

 

Photographie : JCD 

 

mardi, 06 mai 2008

Il y a tant encore

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Longtemps, j'ai erré sans bruit. Je me posais, là, à tes lèvres dans le silence de nos corps séparés. Je me lovais aux creux de tes hanches, sans jamais froisser les draps, sans jamais marquer de l'empreinte de ma tête l'oreiller en solitude. Discrète. Raisonnée.
Dans la délicate ouate de mes sommeils éveillés, j'ai souvent provoqué ta main dans la mienne.

Et tout ce que tu ne sais pas.

Il y a tant encore.

Si tu savais mes nuits, les yeux ouverts, à ne rien vivre d'autre que l'impression de tes doigts courant, glissant, trançant des chemins vers l'infini sur le haut de ma main, dans le creux de mes épaules.
Si tu savais mes matins, les yeux fermés, à ne rien inventer d'autre que ton corps fondu au mien.

Et puis une heure, une vie, vouloir hurler. Et tout ce que tu n'entends pas.

Il y a tant encore.

Tu sembles si fort. Inébranlable, au milieu de mon océan de cris, de fantaisies, de piétinements, de renoncements, d'impatience. Jamais je ne te sens trembler. Jamais je ne te sens défaillir. Et nos peurs, au milieu.

Et tout ce que tu n'imagines pas.

Il y a tant encore.

 

Être à toi. Libre.

 

 

free music

dimanche, 27 avril 2008

Silence, ça tourne

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Un jour, je me réveille toute froissée, encore floue et puis je lis ou j'écoute. Ou rien. Des morceaux de mots. Des déchirures. Ou le silence. Alors, je tente de comprendre. Je colle, arrange, mélange. Je souris ou je pleure. Je doute. 

La mécanique du silence est réconfortante. Réalité palpable de l'insuffisance des mots au milieu de l'immense.

Je sais qu'il existe des traces. En fouilleuse de greniers insondables, je les retrouve, çà et là. Et la poussière. Mon souffle est fort.

Je sens comme l'allure est folle. Le film se déroule sous mes paupières closes. Pas de son. Quelques craquements. Dedans, il fait le paradoxe. Il fait noir et gris. Il fait froid et tendre. Il fait manque et existence. Il fait intuition et truisme.
Pourtant, l'axiome est gravé dans nos mains. Les images défilent. Je les ai peintes, croquées, griffonnées, dans une cadence incroyable. Des centaines de feuilles, entassées. Ultimes pièces à conviction. Je les ai rangées dans une boîte.
Mais je veux continuer ces instants. Ceux dans lesquels on met une vie entière.

Je suis un corps de silence, brûlé de l'attente et j'ai besoin d'être pansée. J'invite le silence à mon âme. C'est lui, avec la musique et la danse, qui est capable d'apaiser mon for intérieur. Les guérisseurs de l'intime.
Et, dans le néant vide, quand la peur trace son chemin au loin, quand elle n'est plus qu'un lambeau d'infiniment dérisoire, j'entends enfin.

J'ai besoin des mots, même indicibles et non du bruit. J'ai besoin des mots qu'on dit, qu'on crie, qu'on murmure ou qu'on tait alors comme des évidences. Ceux qui, mélangés aux larmes et aux baisers, forment un mortier indestructible.
Sans ceux-là, ma maison est de paille. Elle s'envole. Pfuittt.

Quelque chose a changé. Je crois.
Je n'ai plus peur. Presque plus peur. Il a suffit d'un rien. Un rien.

 Je veux continuer ces instants. Ceux dans lesquels on met une vie entière.

 

 

free music

dimanche, 13 avril 2008

Chasing ghost

116062949.jpg Les pas qui résonnent.
Pas assez. Pas encore.
Pas du tout.

Se perdre infiniment dans des pensées instables. Deviner la silhouette fantôme. Savoir la présence et vivre le vide.

Respirer l'air à s'en étourdir, comme s'il contenait les particules d'odeurs d'encore, de froissements d'oreillers, de cris déraisonnés, de lambeaux de corps déchirés, d'encre invisible griffonnée sur le papier.

Nuits noires. La lune, ronde, brille en désespoir. Guetter les étoiles, elles arrivent toujours. Se rassurer. De la main affolée, amasser les petits bouts de rien.

Brûler du néant, des attentes inexorables.
L'espoir enrobé de doutes, cadeau frêle porté aux mains destructrices.

 

Vouloir s'extirper du lourd poids du vide. Aucun signe, plus un bruit, pas même le souffle effacé d'une brise déjà presque évanouie.

L'absence s'insinue, elle entre par la bouche et s'installe avec le silence. Les paroles épaisses deviennent muettes. Le noir saigne dans un mutisme tranchant. Le blanc pleure doucement.

Mais secouer les larmes. Se battre avec la féroce vérité.

No man's land.

Vouloir tutoyer le vent. S'y frotter pour sentir. Se rouler dans les gouttes de pluie. Inventer la caresse des nuages, l'enlacement du soleil, l'étreinte du ciel, le baiser des flocons pour ne pas s'assécher de solitude.

 

 

lundi, 07 avril 2008

Solitude errante - deux heures, presque trois d'un matin comme les autres

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Quand tout est désert. Un peu froid.

Poser le corps, morceau par morceau sur la rive, abandonnée. Doucement, enlever les robes et les rubans des demi-mots. Un à un. Dépouillé face à l'immense, face au jugement, face aux peurs, aux interprétations. Tel que l'âme en dedans, tel que le coeur toum toum toum.

Au fond encore, des petits remparts. Dérisoires. Prévenir des éboulements.
Et si un jour, la furie du vent les arrachait ? Ne plus etre protégé. Plus rien du tout.

Tout offrir. Tout donner.
Indécemment.

Choqué des mises à nues impudiques. Sans ambages. Apeuré du réalisme cru des sentiments, de la spontanéité élémentaire des effusions. Mais, l'acceptation d'une telle offrande parfois difficile. Le déshabillé des amours presque brutal.
Alors, souffler doucement sur le feu de l'attente. Laisser aux nuits l'impatience dévorante. Donner le temps au jour d'éclore. Chrysalide.
Tenter d'apprendre le goutte à goutte. Dompter l'avidité. Contenir l'élan incontrôlable. Retenir. Mais pourquoi ?

Vivre la fougue. Libre. Danser au milieu des flammes brûlantes, arabesques voluptueuses d'un corps désireux. Voler en légèreté des empressements à dire, des ardeurs à crier, des tendresses à hurler. Follement.

Laisser aller. La vitesse fantastique. Une porte qui s'ouvre, des mains qui s'emmêlent, des corps qui s'apprivoisent, des mots qui se bousculent, d'autres qui se taisent, des regards qui se frôlent, des envies qui s'enchevêtrent, des frayeurs qui s'évanouissent, des évidences qui naissent.

 

dimanche, 16 mars 2008

Aigrette

 

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S'endormir. Flou. A l'orée des limbes, confusions entre le possible et tous les impossibles. Trouver malgré tout le chemin du repos. Rêver au néant. S'enterrer sous les pelletés noires du vide. Qui peut entendre les paroles silencieuses? Qui sait lire les mots dessinés en blanc?

Jusque dans les ruines, maintenir la certitude d'une présence comme on tiendrait un petit caillou dans le fond de sa poche.

Alors écrire. Écrire le froid du vide, le souffle du feu, le goût de la pluie, l'inconstance des flux - diastole, systole.

Se souvenir de l'évidence des rivières. Couler inlassablement et s'évanouir parfois sous terre. Une longue disparition pour renaître au perceptible, inchangées. Naturellement.

Et, quand l'oppression des songes remuant en creux devient irrespirable, s'extirper de ces images. Souffler, un grand coup. Fort, si fort que tout tremble. Alors, les regarder s'envoler en ribambelle dansante jusqu'au très loin, jusqu'à mourir, jusqu'à la fin, comme enfant on le faisait avec les poils soyeux des fleurs des campagnes.

 

mercredi, 12 mars 2008

A part ...

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Entre adultes consentants ?  

Et consentir à quoi, d'abord ?
Accepter les contraintes, les impossibles, les distances, leurs soufflets inexorables. Accepter que le fil ténu, tendu jusqu'à la rupture, ne cède pas aux tempêtes indicibles.
Consentir à se donner, à souffrir, à dormir une nuit et de se réveiller matin alors que rien n'est plus pareil.
Sentir les larmes. Vivre des silences. Mélanger l'incertitude au possible, l'évidence à l'insurmontable.
Accepter de se tromper, de croire, d'espérer, de renoncer, de changer, d'avancer, de donner, de partir, d'être.
Savoir les différences, les adhérences au delà des raisons, les fantaisies des jonctions improbables, les échardes qu'on croyait dissoutes.
C'est ça, entre adultes consentants...

Je t'aime, tu me plais, la pièce exacte du puzzle, j'ai un peu peur de toi, je saurai faire, je sais ce que je fais, je te désire, je n'y arrive pas, tu seras mienne, pas ces jours-là je ne serai pas là, je ne sais plus, je t'aime, t'entendre me fait du bien, c'est dur pour moi, je t'aime, tu viens chez moi, c'est pas possible, ne m'en veux pas, je t'aime, je te laisse au milieu du chemin, je vais bien et toi ?, je ne serai pas à la hauteur, je t'aime, envie de te dire fuis loin de moi, sois pas triste, j'ai pas envie que tu partes, on va y arriver, je t'aime toujours, je ne pourrai pas te donner ce que tu attends.

 

 

samedi, 08 mars 2008

Débris

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Laissée à l'abandon. Plus personne. Que les vieilles traces d'une chaleur révolue. Les absences.

Il y avait des rires, des pleurs, des cris. Il reste des morceaux cassés, abîmés. Des cendres, des poussières. Des bouts des tous et des riens. Les silences.

C'est toujours comme ça à la fin. Les vides.

Comme une envie de vomir. Violente. Les désolations.

Les protections, les murs n'ont pas suffit. Les briques, une à une. Le ciment. Les joints. Les tempêtes.

Le souvenir des communs, des partages. Et l'in fini.

Pas de bruit. Pas de danse. L'écho. Résonner.

 

Illustration : Michal Tokarcszuk