mardi, 04 novembre 2008

Raconte moi ...

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Il y avait cette musique sur le trajet.
Désormais dans leur boîte. Souvenirs.

Il y avait des envies.
Danses, rires, tendresses.

Il y avait les étoiles. Ce soir-là.
Des perles, comme des larmes. Coulantes presque. Filantes.

Il y avait le silence du noir.
Et nos regards. Et puis l'évidence.

Il n'y a pas eu de mots.
Words are very unnecessary.

Il y avait nos corps, doucement allongés.
Dans la chaleur d'une nuit d'un temps sans saison.

Il y avait sa main qui enlevait ma robe. Noire.
Et la mienne pour déboutonner son pantalon.

Il y avait une autre présence.
Là. Juste ses yeux posés sur l'amoncellement de nous.

Il y avait le désir frissonnant.
Du bout des doigts, du bout des langues.

Il y avait notre avidité.
Nos hardiesses, nos impudences.

Il y avait nos douceurs.
Et ma main dans ses cheveux.

Il y avait le goût de moi dans sa bouche.
Le mélange doux de l'amour que nous nous faisions.

Il y avait l'amalgame de nos peaux.
Le feu. En dedans. Assurément.

Il y avait ma langue.
Doucement enfouie. Sillonnante, vagabonde.

Il y avait nos souffles.
Criant. Le plaisir, l'intense, l'extraordinaire.

Il y avait deux femmes.
Et un homme. Dans la chaleur d'une nuit d'été sans saison.

 

 

 

Photographie : Ellen Von Unwerth

 

 

 

lundi, 03 novembre 2008

Le pourquoi du coeur

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Parce qu'il y a la midinette,
Et des histoires de mhummm et de mais heu...

Parce qu'il y a une part de naïveté,
Et des histoires d'aléas de chantier.

Parce qu'il y a une femme,
Et des histoires de responsabilité.

Parce qu'il y a une anecdote,
Et des histoires de caviar et de pommes de terre.

Parce qu'il y a ma langue,
Et des histoires de tout de suite maintenant.

Parce qu'il y a une amie,
Et des histoires de confidences.

Parce qu'il y a une vie rêvée,
Et des histoires d'à...

Parce qu'il y a des partages,
Et des histoires de vies mêlées.

Parce qu'il y a un homme,
Et des histoires de coeur réhydraté.

Parce qu'il y a des mots,
Et des histoires d'évidence.

Parce qu'il y a des envies,
Et des histoires indécentes.


Parce qu'il y a eu,
Parce qu'il y a,
Parce qu'il y aura.
Une histoire.








vendredi, 04 avril 2008

Des attractions

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J'avais imaginé le pourquoi de tes yeux emplis de pétillants insondables. Depuis quelques temps, tes couleurs avaient changées. De ta discrétion rieuse, je sentais l'impalpable.

Tes confidences presque muettes dessinaient l'esquisse à peine appuyée du portrait de l'ivresse.

A perdre haleine, tes petits mots en décousu, tes allusions à couvert, je tentais de comprendre.

Mais ce jour, le bleu de tes yeux confondu à l'immense qui nous bordait m'avouait un secret. Insouciante, j'ai entendu les murmures si doux de l'amour élémentaire et les cris rageurs des incompréhensions des autrefois.

Tendrement, ta langue déliée des envies, l'histoire est belle. Le voyage, le train, la main sur la cuisse naturellement, ses yeux, ses yeux, ses yeux, la nudité simplement, sa tête et ton épaule, les retrouvailles impromptues.

Le ravissement en dedans.

Et puis, nous avons fini par croiser sa route. La percevoir. Confrontée à la netteté de la rondeur de son âme. Elle se sent du premier coup d'oeil, elle se voit comme une vérité instinctive. Un choc. Dans la simplicité la plus crue, une main passée autour de mon corps fatigué comme une récompense, un baiser sur ma joue comme une acceptation immédiate.

Tu avais tellement raison. Son élégance sans faille, ses yeux tellement plein de richesse, son sourire de plume, sa générosité qui déborde de partout. Si belle. En dedans.

Et puis Vous. L'unicité. Dans une bulle flottante arrimée à l'infini profond. Vous n'étiez pas deux, mais Un. Un, tourné vers mon monde. Bouleversé.

Ebranlée.

Du peu de minutes partagées, j'ai vécu à la vitesse irrespirable. Ton manque, ta solitude, tes hésitations, ta raison, ta droiture malgré tout, tes barrières. D'hier. Ton amour, ta sollicitude, tes doutes profonds, ton bonheur, ton adhérence. D'aujourd'hui. La bascule, la digue prête à rompre. Ta résilience. L'évidence de Vous.

Si tu savais mon corps parcouru de mille aiguilles, frissonnant de vous. L'éternité devant et le besoin d'isolement. Un long moment, je n'ai pas pu dire. Décrochée du réel, comme on dépend la lune. Floue.

Je m'étais gavée de vous. J'avais englouti vos sensations surprenantes, dévoré vos silences entendus, consumé vos attractions indestructibles.

 

Submergée. J'étais enfin prête. Prête à dire. Vivre.