mardi, 14 avril 2009
Quand les mots...

Longtemps, je me suis demandé à quoi servaient les mots.
Pourquoi.
Longtemps j'ai voulu être aimé muette.
Oui, longtemps, j'ai eu ce rêve. Être aimée muette.
Est-ce la peur qui entraîne ce besoin de mots à l'infini ? De je t'aime jusqu'au bout de nos nuits.
Dans l'impuissance de nous. Dans l'impossibilité d'une main posée là, tout contre.
Est-ce ce ciel gris qui me pousse vers le fond noir de moi ?
Le bout de moi qui craint. Qui crie. Qui rage.
Au fond, j'ai toujours su.
Aux premiers mots.
J'ai douté, j'ai pleuré, j'ai hurlé, j'ai eu mal.
Mais j'ai toujours su.
Dépassés les impossibles, noyés les tourments de certitudes non partagées.
J'ai.
Là. Au creux de mes mains.
J'ai ce que j'ai voulu. Ce pour quoi je n'ai pas baissé les bras.
J'ai la liberté de vivre chaque matin, je te veux.
J'ai la liberté de nourrir chaque soir, je te désire plus que tout.
J'ai la liberté de sentir chaque heure, je t'aime.
J'ai la liberté de savoir chaque minute, je suis heureuse.
Alors les mots ? Les silences ?
Quel amalgame parfois.
Quelle peur souvent.
Quel amour toujours.
Peut-être que les mots n'existent que pour se rendre compte, un jour, qu'on peut s'en passer.
Peut-être que le silence n'est pas une absence.
Peut-être que l'absence n'est qu'un bout de temps qui passe.
Peut-être que la confiance gagne du terrain...



