lundi, 22 décembre 2008

Il y a des jours...

 

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Diodes rouges. Les minutes s’égrainent. Il est 2h36. Je ferme les yeux. J’ai pensé à me relever. Lui écrire. 3h21. J’aurai du. Il aurait su. Le marchand de sable n’a pas assuré. Pas plus chez moi que chez lui.

Pourquoi ?

Faut-il d’ailleurs une raison pour que le sommeil ne vous emporte pas dans son voyage. Il y en a une. Bonne ou mauvaise. Il y a toujours une raison.

Ce matin, la ville est triste. Morne. Les lumières sont déjà en veille. Le lycée va dormir pour deux semaines. Pas un bruit. Je croise un livreur. Il me sourit. Je n’ai pas envie. Je lui réponds quand même. C’est Noël.

Une mouette s’envole presque à mes pieds. Je m’arrête. Je n’aime pas les mouettes. Elle tourne autour de moi. Mauvais présage.

Les bureaux sont vides. Tant mieux. Il y a encore trop de monde.

Je ne suis pas à ma place. C’est la vie. C’est ma vie.

Il faut faire bonne figure. Je fais toujours bonne figure. Sauf avec lui. Se promettre de tout se dire, c’est aussi accepter de tout recevoir. Le bon comme le moins bon. Ces derniers jours, je lui ai donné ma peine. Hier soir mes questions. C’est peut-être beaucoup.

Il me sent loin parfois. Je suis si proche. C’est notre avenir qui coule en moi. Ce sont nos espoirs qui emplissent mes poumons. C’est notre Vie, belle, qui souffle sur la mienne.

J'aurais du me relever cette nuit.


samedi, 20 décembre 2008

Expérience d'infinie solitude

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Savoir qu'au fil des ans nous étions devenus des étrangers, le constat avait été fait. De blablas inutiles en profondes discussions, il n'y avait plus un doute. J'avais fini par partir, pour me sauver, nous sauver l'un et l'autre. Au prix de douloureuses souffrances qui n'impliquait pas que nos propres vies, mais aussi bousculant cruellement celle d'un petit être qui n'avait rien demandé. Pourtant, le courage au bout de mes doigts, dans mon coeur et comme une survie, j'étais partie.

Quelques mois depuis, de nouvelles discussions, pour continuer d'avancer malgré tout. Dans nos relations, la complicité de dix ans de vie commune, l'amour d'un enfant. Mais nous. Que restait-il de nous ?

Ce matin, dans la peine, nous avons affronté à deux un au revoir cruel. Une disparition brutale. La fin. Nous avions décidé d'y aller ensemble. Nous avons avancé dans l'abbaye presque côte à côte, lui marquant un léger retrait qui laissait présager la suite.

Une magnifique cérémonie. Des mots simples, plein d'espoir, de vains réconforts vers ceux qui souffrent. J'entends encore Satie frissonner tout le long de mon corps perdu. Les yeux dans le vide. L'adieu trop difficile.
Emplie de profonde tristesse, celle que seuls un sourire ou une main tendue peuvent apaiser un instant.
Je n'ai pas eu ce geste vers lui. Il ne l'a pas eu vers moi.
Quand mes larmes ont coulé, quand mon coeur pleurait si fort que je restais silencieuse, muette, atone, j'ai senti l'infini solitude.

Devant la peine et la souffrance, nous étions aussi des étrangers. J'éprouvais alors ce qui était devenu irrémédiablement impossible : la communion de nos âmes dans la douleur. Même ça, nous n'y étions pas parvenus.

Je n'ai pas encore trouvé le repos. Je n'ai pas encore digéré.

J'ai retrouvé mon appartement, les rues sont emplies de passants chargés de paquets, la ville bruisse des couleurs de Noël.

Il me fallait passer à autre chose. Éteindre le feu de mes larmes. Alors, un appel au secours de mon sourire effacé. J'avais juste besoin de l'entendre. Mon complice, mon tendre amour. J'aurais voulu lui raconter ma peine, lui confier ma rage, lui délivrer le constat de l'indifférence que j'avais éprouvé ce matin. Glaciale.
J'ai cherché les mots. Ils ne sont pas sortis. Ma tristesse a du me rendre égoïste.

 

 

 

jeudi, 18 décembre 2008

Train

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Se retrouver. Nous en étions là.

Il y a ce monde tout autour, ces bruits. Des poignets qui se tournent pour regarder la trotteuse courir autour du cadran, des mains qui se lèvent en guise de salut, des sourires aux oeillades de reconnaissance.

Et moi.

Fébrile comme à chaque fois. L'ombre d'une peur. Dérisoire. Mais de plus en plus sûre de moi. Droite.

L'épreuve de l'attente contenue. Nous en étions là.

Il y a eu des semaines interminables, des petites croix dans un calendrier imaginaire, des rimbabelles de jours où le sommeil tarde à nous emporter, des heures languissantes.
Et puis, d'infimes secondes.
Il y a eu des morceaux de kilomètres découpant l'espace infini. Des routes, des arbres, des collines.
Et puis, quelques mètres.

Nous en étions là.

Nos espoirs, nos attentes, nos envies, juste au bout de nos doigts...
Tout pouvait commencer. Encore.

 

 

 

 

 

lundi, 08 décembre 2008

Rendez-vous

 

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A ma demande. Un rendez-vous important. Un de ceux qui ourlent le quotidien de fil doré.

Mon coeur, son battement. Fort en dedans.

Je tremble. Fébrile. L'excitation.

Être à la hauteur.

Ôter une à une les pinces de mes cheveux. Il les aime libre. Comme moi.

Ma bouche. Presque nue.
Subtilement souligner mes pommettes.
Mes yeux. Ourlés de noir. Indécents.
Mon cou. Jasmin, rose, freesia, patchouli.
Mon corps. Noir et dentelles.

Prête.

Déterminée à user de mes armes.

Il dira qu'il n'en n'est nullement besoin.
Je répondrai d'un battement de cils.

Être femme...

 

Photographie : M.B

 

vendredi, 05 décembre 2008

De nous ...

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Toute la responsabilité d'aimer.

Nue, entière, déterminée. Au creux de tes mains.

J'ai déposé les armes. Toutes les armes. Toutes mes larmes. Tous mes rires, mes faiblesses et mes envies. Au creux de tes mains.

Mes voyages, mes grandir, mes peut-être et mes souvenirs, mes hiers et mes futurs. Au creux de tes mains.

Mes caprices de femme, mes colères de maîtresse, mes secrets d’amie, mes extravagances de princesse, mes ivresses de salope, mes rages d’enfant, mes inconsciences de passionnée, mes impatiences d’amoureuse, mes fureurs de mauvaise fille. Au creux de tes mains.

Toute la responsabilité d’aimer.

Dire, ressentir, vivre l’amour. Mes certitudes. Au creux de tes mains.

Accepter tes souffrances, tes rires, ton amour. Chérir ta vie, ton sourire, tes silences, tes certitudes. Et protéger tout ce que tu mets en moi. Savoir le don, l’abandon. Au creux de mes mains.

Te regarder mon bel amour. Trembler, vaciller. Frissonner. Au creux de mes reins.

 

mercredi, 03 décembre 2008

Arrêt d'urgence

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Un éclair. Je sens enfoncées en moi les racines d'un sentiment profond.

Mouvement infini, le vide est un rocher immobile au mileu du ressac des vagues.

J'ai l'image gravée en moi du manque, tatouage impénétrable sur ma peau. Mes mains, mes cuisses, mon ventre.

Les mots, cette fois-ci, matérialisant le cruel de l'absence. Je devenais muette.

Mélancolie de la souvenance.

Arrêt d'urgence.

Décelleration quasi vitale.

Je dois mettre un terme à la spirale. Tourne, tourne, tourne.

Déflagration intense. L'irrépressible libération de l'âme, du corps.

Nous réapprenons.

Immuable recommencement.

Avidement, le tout revient.

 

 

 

 

 

lundi, 01 décembre 2008

Observation

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Je me sais, là, au creux de ses bras. Nus, amas de chair, de bras, de cuisses emmêlés. Nos corps, comme le Tout.

Dans une sorte d'abandon, contempler.
Des raisons de mon amour.

J'ai fouillé minutieusement ses traits comme pour apprendre un secret.

J'ai scruté son visage. Le profond de ses iris tachetés, ses sourcils épais, sa bouche parfaitement dessinée. J'ai interrogé sa peau. Du grain jusqu'aux infimes traces d'un temps. J'ai considéré ses doigts. Leur finesse, leur délicatesse. J'ai fixé chaque fragment de son corps présent.

Il me fallair savoir. Comprendre. Apprendre. La science et la conscience. De Lui.

Dans cette observation, une survie. Aussi.

La survie des sensations quand il aura quitté mes bras, ma peau, mon regard.

Les réminiscence de son corps imprimé au bout de mes yeux.

 

 

 

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