mardi, 25 novembre 2008

Avec le temps

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Décidée à ne rien cacher, à ne pas taire, ni les joies, ni les peines, ni les doutes.

Avec le temps, va, rien ne s’en va.
Tout est plus fort.
Encore.

Parce que le temps.
Notre temps.

C’est celui de notre foi grandissante.

J'ai confiance. Je suis mise à nue.
Pourtant, parfois, submergée, mes questions prennent l’allure d’un caprice, mes peurs l’habit d’une fantaisie déraisonnée.

Ma seule rationnalité à puiser en moi. Celle que je suis.
Et en lui. L'homme qu'il est.
Nos mots.
Ceux qui disent aujourd'hui comme nous sommes profondément nous-même, sans concession. Enfin.
Ceux qui parlent de tout ce qu'il nous reste à vivre.
Ceux qui posent notre vie entremêlée comme un axiome, une évidence première.

J'ai grandi. Je ne suis plus tout à fait la même. Meilleure. Assurément.
L'emprise de l'affect toujours si présent, mais raisonnablement dominé. Parfois.

Il y a nos parts d'ombre. Celles dont on n'est pas toujours très fiers. Celles qui font que nos planchers semblent parfois s'ébranler sous nos pieds. Alors se souvenir. Les fondations sont solides. On le sait bien, on y était. On a veillé presque jour et nuit sur le chantier. On sait les matériaux, on sait le ciment, on sait les briques. Une à une se monter. Se souder.

 

Tant qu’il y aura des mots. Tant que les silences en diront long.

Tant que mon corps criera. Tant que mon âme se reconnaîtra.

 

 

lundi, 24 novembre 2008

Madame

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Madame, Madame, on rêve seul, Madame
On a dû vous le dire, Madame
Et puis, l'on rêve trop, Madame
Cela on vous l'apprit, à vos dépens, peut-être,
Ou à votre profit... Madame
Et que ferions-nous d'autre?
On rêve, et on est seul !
Madame

Madame, Madame, on rêve tard, Madame
Quand on a la malchance, Madame
De manquer de hasard, Madame
Ou bien de providence ; d'être désaffecté,
Comme un mort inutile ; Madame
D'être désamouré,
Comme un coeur imbécile
Madame

Madame, Madame, on rêve bien, Madame
Quand on a bien baisé, Madame
Quand on a su coller, Madame
Deux bouches à notre faim
Deux fois deux bras étreints
Deux fois deux yeux noyés, Madame
Dans ce rêve commun
Qu'on appelle : s'aimer
Madame

Madame, Madame, on baise trop, Madame
Quand on a dans les reins, Madame
Cet impérieux démon, Madame
Qui ne vient jamais tard,
Qui ne part jamais tôt.
Madame, on aime tant, Madame
Qu'on a tort et travers,
Quand on a vos yeux verts,
Et qu'on le sait autant
Madame

 

Philippe Léotard

 

Aujourd'hui cette chanson au creux de moi. Pour tellement de raisons. Et aussi parce qu'un ami a mal. Mal à l'âme...

jeudi, 20 novembre 2008

L'éternité plus un jour

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Les concentrés de bonheur ont cela de difficile. On se quitte un jour et le lendemain ressentir l'éternité plus un jour. C'est dire...

L'éternité plus un jour de ne pas avoir humé l'odeur de nous au creux de son cou.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir caressé le bord de ses hanches.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir embrassé ses lèvres charnues.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir joui de son corps enfoui en moi.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir senti son regard se poser sur moi.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir baisé sa queue avec ma bouche.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir écouté son silence.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir déambulé au hasard, son bras autour de mon cou.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir dormi enlacés.

Je suis une dévoreuse, une avide.

J'ai tout bouffé. J'ai tout pris.
Je n'ai rien laissé à l'air, au temps, au vide.

Je me suis gonflée, remplie. De lui.

J'ai des images inavouables, des souvenirs inénarrables.

Je plonge dans ma mémoire, j'éclabousse mon esprit.
Je m'immerge dans le dédalle de nos rues. Il y a des murs colorés, des bars enfumés, une foule animée.
Je m'engouffre dans notre chambre. Il y a des draps froissés, des journaux éparpillés,  des vêtements entassés.
Je me baigne dans notre vie. Il y a des "je t'aime" étalés, des indécences provocantes, de perpétuelles envies d'encore.
Je me jette dans notre futur. Il y a des pactes scellés, des utopies limpides, des projets réfléchis.

 

Mais ce soir, pourtant, supporter l'éternité plus un jour.

 

 

 

mardi, 04 novembre 2008

Raconte moi ...

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Il y avait cette musique sur le trajet.
Désormais dans leur boîte. Souvenirs.

Il y avait des envies.
Danses, rires, tendresses.

Il y avait les étoiles. Ce soir-là.
Des perles, comme des larmes. Coulantes presque. Filantes.

Il y avait le silence du noir.
Et nos regards. Et puis l'évidence.

Il n'y a pas eu de mots.
Words are very unnecessary.

Il y avait nos corps, doucement allongés.
Dans la chaleur d'une nuit d'un temps sans saison.

Il y avait sa main qui enlevait ma robe. Noire.
Et la mienne pour déboutonner son pantalon.

Il y avait une autre présence.
Là. Juste ses yeux posés sur l'amoncellement de nous.

Il y avait le désir frissonnant.
Du bout des doigts, du bout des langues.

Il y avait notre avidité.
Nos hardiesses, nos impudences.

Il y avait nos douceurs.
Et ma main dans ses cheveux.

Il y avait le goût de moi dans sa bouche.
Le mélange doux de l'amour que nous nous faisions.

Il y avait l'amalgame de nos peaux.
Le feu. En dedans. Assurément.

Il y avait ma langue.
Doucement enfouie. Sillonnante, vagabonde.

Il y avait nos souffles.
Criant. Le plaisir, l'intense, l'extraordinaire.

Il y avait deux femmes.
Et un homme. Dans la chaleur d'une nuit d'été sans saison.

 

 

 

Photographie : Ellen Von Unwerth

 

 

 

lundi, 03 novembre 2008

Le pourquoi du coeur

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Parce qu'il y a la midinette,
Et des histoires de mhummm et de mais heu...

Parce qu'il y a une part de naïveté,
Et des histoires d'aléas de chantier.

Parce qu'il y a une femme,
Et des histoires de responsabilité.

Parce qu'il y a une anecdote,
Et des histoires de caviar et de pommes de terre.

Parce qu'il y a ma langue,
Et des histoires de tout de suite maintenant.

Parce qu'il y a une amie,
Et des histoires de confidences.

Parce qu'il y a une vie rêvée,
Et des histoires d'à...

Parce qu'il y a des partages,
Et des histoires de vies mêlées.

Parce qu'il y a un homme,
Et des histoires de coeur réhydraté.

Parce qu'il y a des mots,
Et des histoires d'évidence.

Parce qu'il y a des envies,
Et des histoires indécentes.


Parce qu'il y a eu,
Parce qu'il y a,
Parce qu'il y aura.
Une histoire.








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