mardi, 30 septembre 2008
Il est l'or

Se réveiller, encore un matin. Pas pour rien. Pas sans rien.
Le désir en creux.
Savourer.
C'est sa voix. Le matin. Chaque matin. Depuis.
Tiraillée par l'envie.
Perdue. Au milieu, les rêves insolents.
La naissance du jour.
C'est sa voix. Le matin. Chaque matin. Depuis.
N'en faire qu'à ma tête.
L'appétit de l'insatiable.
J'écoute. A l'intérieur. Les flux.
C'est sa voix. Le matin. Chaque matin. Depuis.
Une journée de plus. De moins.
L'impatience. Cousue à mon corps.
Caressante, brûlante. Enfiévrée.
C'est sa voix. Le matin. Chaque matin. Depuis.
Le déchaînement. L'implosion. Vive.
Envahie. Les frissons. Et souffler.
Mais la soif. Jamais étanchée.
C'est sa voix. Le matin. Chaque matin. Depuis.
01:10 Publié dans Fée Line | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
mardi, 23 septembre 2008
Encore

Il est là, assis. Je le vois, je le sens.
Dans son silence.
Peut-être par pudeur. Peut-être par épuisement.
C'est là que s'ourdissent toutes mes envies.
J'ai la folie de croire que mon impertinence est possible. Encore.
La fenêtre. Ouverte sur la ville. Mon regard. Les toits.
J'ai tout donné. J'ai aimé. Comme jamais.
Je veux encore.
Je le sais désireux, ardent, curieux, tendre, avide. Je me sais vorace, gourmande, fougueuse.
Nos sens en alerte. Sans cesse.
Envoyer valser toutes les faux semblants du raisonnable. Laisser monter la vague. Une lame. Du fond.
Je frissonne, l'envie est irrépressible. Il ne reste que quelques heures. Quelques heures. Maigres. Les aiguilles s'affolent, mon corps tremble. Encore. Encore.
Et cette putain de relativité du temps. Passer vite, se languir. La folle allure. Sentir les minutes s'égrainer doucement. Et la tornade des secondes. Et l'ouragan des heures. Déchaînés. Tic tac, Tic tac.
Pourtant, il y en a eu, avant, des heures. Des heures de corps humides glissant l'un contre l'autre, l'un dans l'autre, de respirations haletantes, de sourires ravis, de spasmes, de tremblements.
Mais, maintenant, je veux sa force. Toute sa force. Contre mes faiblesses. Mes tendres faiblesses. Mes douces faiblesses... L'impatience de son corps, de ses mains, de sa bouche, de son sexe.
Alors, venir, tout contre.
Le regarder, intensément.
Il a lu, dans mes yeux. Il était cuit.
J'avance. Lui, lui, lui.
N'être alors plus que fureur, débordement, chaleur, ardeur, fièvre.
L'un à l'autre. S'appartenir.
Sentir la puissance de ses mains sur ma peau jusqu'à l'infini.
Jouir jusqu'à perdre conscience.
lundi, 15 septembre 2008
Nuit

C'est une ruelle, ils sont mains dans la main. Ils viennent juste de quitter une chambre, aux murs blancs. Ils savent qu'ils la retrouveront quelques heures plus tard.
Leurs regards hagards comme ultime preuve du forfait qu'ils viennent de commettre. Le forfait de l'indécence. Ils savent que ce qu'ils tiennent dans leurs mains n'est pas commun. Ils portent en eux le secret de leurs corps.
Une femme les regarde. Que pense-t-elle ? Peut-être regarde-t-elle la robe de la fille, trop courte, trop rose. Le mascara filé. Peut-être qu'elle le regarde lui. Ses yeux.
Au restaurant, elle ne peut s'empêcher de glisser son pied contre sa queue, encore roide.
Persistance rétinienne, elle le voit encore, debout, face à elle, l'intimant de le sucer. Longuement.
Elle. Les yeux dans le vague, se demandant si il aura encore la force de faire d'elle une petite salope. Sa petite salope.
Lui. Les yeux dans le vague, se demandant si elle sera capable d'aller au delà d'elle-même.
Ils savent. Ils se savent.
De pire en pire.
Bientôt leurs corps encore mêlés, sa main sur ses fesses, autoritaire.
Bientôt leurs bouches encore collées, sa main sur sa queue, déterminée.
Elle est femme.
Il est homme.
Emplis de leurs impudeurs.
S'aimer comme jamais.
Photographie : Ellen Von Unwerth
00:41 Publié dans Fée Line | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
mardi, 09 septembre 2008
Comment ?

11 ans de vie commune, pas autant de partage. Forcément, c'est fini. En cours de route, se perdre, se lacher des yeux.
Jeune, très, trop pour certains. Mais à 18 ans, on n'écoute personne. Quand il s'agit d'aimer, on n'écoute personne. Qui est prêt à entendre au début qu'il y aurait une fin, qu'il y aura une fin. Péremptoire. Et puis, moi, MOI, je suis plus forte que les autres. Infaillible.
S'installer un joli nid, des projets, se marier, d'autres projets, une maison, une plus grande, un enfant, un seul.
Et grandir au milieu de tout ça. Un jour regarder l'autre et se rendre compte qu'il n'est plus tourné dans la même direction. Un tour de rond point pour tenter de se rattraper, tout défile.
Faire bonne figure. De longs mois, des années. N'oubliez pas, vous êtes le couple modèle, la famille modèle, la fille modèle, le mari modèle. Manque le lien, le liant. Cassé. Perdu.
Alors, toujours plus forts que les autres ?
Foutaises.
L'échec finalement.
L'accepter et se dire que ça ne recommencerait plus jamais. Jamais.
Enorgueillie d'un tel apprentissage...
Et maintenant autre chose pousse aux creux des mains...
Les putains de certitudes reviennent. J'ai vécu, j'ai raté, je sais les écueils. Mais les connait-on vraiment jamais ? Existe-t-il un enseignement pour ces erreurs ?
Comment faire ?
Comment faire pour que tout dure ? L'amour plus fort, la passion encore, le rire de l'autre, les rides du sourire aux coin des yeux, l'incandescence du coeur...
Avoir la sensation que cette fois-ci, rien de mal ne pourra arriver. Que la déliquescence du lien, de la complicité ne pourra plus faillir. A la vie, à la mort. Parce qu'on le décide.
Et puis un jour, découvrir, bien cachés au milieu d'un nulle part de mer, de verts, de bleus, de fruits, un homme et une femme. Ceux-là qui se sont dit "oui" longtemps après s'être dit chaque jour depuis plus de 20 ans "encore". Au milieu, des doutes, des fossés parfois. Mais des mots, encore et toujours et de la volonté. Et puis l'incroyable. L'amour toujours. Le désir encore plus fort, l'envie. Je l'ai vu. Dans leurs yeux. Parfois pleins de larmes...
Je suis prête... Certaine.
dimanche, 07 septembre 2008
Croire

Des jours et des lunes. Une présence.
Presque un an. Déjà.
Le temps des doutes et des rires, des larmes et du coeur serré. Mais savoir.
Savoir.
Savoir et frémir.
Frissonner.
L'envie.
Douter. J'avoue. Une vraie fois. Juste une. Quand la douleur fait vaciller. Mais croire, encore plus fort. La force de ce qui est...
Aimer, désirer, vouloir, effleurer, goûter, pleurer, sourire, toucher... Aimer.
Des caprices, petite fille gâtée.
Des impossibles. Et l'inévitable. Ce qui faisait peur.
Le corps, la peau, l'odeur, les souvenirs. La boîte. Les rubans...
Changer le cours d'une vie... Être de celles.
Être celle.
Être.
Se sentir plume. Voler. Légère.
Accepter tous les difficiles, les frustrations, les pas encore.
Mais dans le creux du coeur, tout ce qui va être.
Se faire une belle vie. Une belle vie.
vendredi, 05 septembre 2008
HEUREUSE

Croire en son intuition. Vivre. Tout donner.
Avoir mal, parfois.
Mais croire encore et toujours. Parce qu'il y a des choses que l'on sait, au fond. Tout au fond.
"Faire le choix d'écouter son coeur"...
Vivre pleinement, enfin. Sereinement.
Les pieds sur terre, ancrés. La tête ailleurs. Dans les rêves des demains souriants.
Le temps... Celui qui court, pas encore assez vite.
Et les battements réguliers de ma respiration. Posée.
Enfin.
01:07 Publié dans Faits intimistes | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : toi, moi, nous, rien d'autre, pas plus



