dimanche, 25 mai 2008
Tout ce qu'il y a dans nos yeux

"Apaisée...
C'est à la veille d'aimer"
Ouvrir les yeux, caresser le monde. Les tours. Immenses. Le vide, d'en haut. La frénésie, les talons claquent sur les pavés.
Sentir le vent et la pluie. Immobile et muette. Écouter le chant des autres.
"Over the bridge we go / Looking for love / I'll come running to you, hey baby if you want me".
Mêlées au-delà, quelques certitudes. Celle d'un demain bleu presque inévitable. Celle d'une force, au fond et malgré tout.
J'ai entendu toutes les voix. J'ai suivi quelques chemins. J'ai posé des cailloux, tout du long, j'avais peur de me perdre.
Des repères.
Aux croisées des voies, vous.
Souvent rires, sourires, béquille d'âme et partage.
Longtemps, mes larmes claires. Embryons de rien. Aujourd'hui, elles sont Vie.
Alors, pour nous, ici, c'est l'heure. Je le sais.
Mais avant, juste avant. Parce que.
Se dire que c'était bien, bon et chaud. Tout ce qui fut, est.
Sera, peut-être.
Et se manquer. Terriblement se manquer.
Mais se séparer. Inéluctable.
Et puis, tout ce qu'il y a dans nos yeux...
Et au delà.
Prenez soin de vous...
02:24 Lien permanent | Commentaires (67) | Envoyer cette note | Tags : merci...
lundi, 19 mai 2008
Silence
08:10 Publié dans Faits du vide | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note
vendredi, 16 mai 2008
Et si

Ils ne nous ressemblent pas.
Tu es bien plus beau.
Mes cheveux bien moins disciplinés.
Nos draps seraient bien plus froissés encore.
Les oreillers à terre.
Nous n'admirerions pas la mer.
Je te regarderais droit dans les yeux.
Nous ne serions pas assis.
Je te ferais face. Droite et fière.
Fière d'être là.
Fière d'être ta.
Seule ta main, peut-être, serait contre mes fesses.
Ou sur ma hanche.
Dans nos silences, il n'y aurait pas leur solitude. Celle qu'ils tentent de partager, au milieu de leur désespérance.
Dans nos silences, il y aurait tout. Notre musique, le manque de Nous, nos tendresses, notre amour, nos pleins, nos creux, nos désirs.
Au dehors. Il pourrait y avoir les nuages, l'orage, ou les pluies. Diluviennes, torrentielles ou fines. Ou même le soleil, timide ou éclatant.
Au dedans. Nous serions inondés de nos sueurs, trempés de nos larmes, chavirés de l'éclat de nos effusions, soulevés par le vent de nos gestes brusques, caressés par la douceur de la rosée des matins.
Nous ne serions pas aussi calmes.
Mon coeur battrait trop fort, mon sang affluerait bien trop vite. L'allure effrénée.
Ton corps hurlerait le désir. Ta voix murmurerait tes secrets indécents.
Si.
01:57 Publié dans Faits intimistes | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
mercredi, 14 mai 2008
Le roc

Être un nuage déchiqueté que tu tentes de recoudre. Le fil
Être une nuit noire et profonde que tu t’acharnes à barbouiller de lumières. La peinture
Être un abîme de doutes que tu aides à combler. Le caillou
Être une mer de peurs que tu sais apaiser. L’écume
C’est sans doute ça un ami.
Dans les silences, tu sais. L’instinct
Au milieu du fouillis des mots déraisonnables, tu es un nord inaltérable. La boussole
Entre les errements, tu devines. Le roc
Au cœur des besoins de certitudes, tu as vécu. Le modèle des possibles
C’est sans doute ça un ami.
Parce que tu écoutes les rêves et que tu encourages la petite main qui façonne les tours délicates d’un château éphémère. Grain de sables.
Parce que tu sais cueillir au milieu des pleurs, le fruit incroyable des espoirs. Aussi fragile qu’un petit rien. Pétales incertains.
Parce que tu as tendu la main et que tu as exalté les guirlandes de mots empoussiérés de n’avoir jamais été dit.
C’est sans doute ça un ami.
Parce qu’un jour, assis sur des galets froids, quand l’heure des contes eut sonné, tu fus l’alchimiste qui, recevant dans une main le cri désarmant d’une douleur inouïe et accueillant dans l’autre le fruit amer de quelques larmes, au gré du vent, réussit à en créer une douce mélodie. Celle du rire.
Parce que tu es. Un Ami.
01:39 Publié dans Faits d'un homme | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
dimanche, 11 mai 2008
A l'intérieur

Rien ne sort, rien ne vient. Paradoxe. J'ai tant à dire. Pour une fois, cela doit peut-être rester entre moi et moi.
Ma tête sur l'oreiller et mes pensées confuses au milieu de ma certitude.
Je ferme les yeux.
J'ai envie.
Envahie. Submergée. Des réminiscences. Je coule ou je flotte, je ne sais pas. Je ne sais plus. Un voile se pose.
Une soirée. Sa présence en filigrane. Ce souvenir me noue le corps. Des bouffées. Mon coeur est lié. Indépendant attaché. Les images en flots me font chaud. Je plonge dedans.
Les battements se calment un instant. Et le tourbillon repart.
Inutile de dire.
Chacune de mes impressions. Indélébiles. En moi, dans chaque respiration, dans chaque pulsation. C'est la vitesse, l'allure folle. Incontrôlable.
Inutile de dire.
Le vent dans mes cheveux.
Je voudrais son calme. Je voudrais son vide. Mais la tempérance ne parvient pas à me rattraper. Elle me caresse au loin, me nargue. Jamais ne pénètre dans mes veines. Jamais ne court sur ma peau.
L'indomptée.
Un jour, peut-être, je deviendrais apprivoisée.
Mais c'est presque demain, cet autre jour. Celui des "va savoir".
Ce demain qui vient nous éclabousser.
Quelques gouttes. Ou plus.
Photographie : JCD
02:17 Publié dans Faits du vide | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
mardi, 06 mai 2008
Il y a tant encore

Longtemps, j'ai erré sans bruit. Je me posais, là, à tes lèvres dans le silence de nos corps séparés. Je me lovais aux creux de tes hanches, sans jamais froisser les draps, sans jamais marquer de l'empreinte de ma tête l'oreiller en solitude. Discrète. Raisonnée.
Dans la délicate ouate de mes sommeils éveillés, j'ai souvent provoqué ta main dans la mienne.
Et tout ce que tu ne sais pas.
Il y a tant encore.
Si tu savais mes nuits, les yeux ouverts, à ne rien vivre d'autre que l'impression de tes doigts courant, glissant, trançant des chemins vers l'infini sur le haut de ma main, dans le creux de mes épaules.
Si tu savais mes matins, les yeux fermés, à ne rien inventer d'autre que ton corps fondu au mien.
Et puis une heure, une vie, vouloir hurler. Et tout ce que tu n'entends pas.
Il y a tant encore.
Tu sembles si fort. Inébranlable, au milieu de mon océan de cris, de fantaisies, de piétinements, de renoncements, d'impatience. Jamais je ne te sens trembler. Jamais je ne te sens défaillir. Et nos peurs, au milieu.
Et tout ce que tu n'imagines pas.
Il y a tant encore.
Être à toi. Libre.
07:26 Publié dans Faits du vide | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
samedi, 03 mai 2008
Toi

Dire beaucoup.
Dire ton sourire quand mes peurs me rongent.
Dire tes mots quand mes déraisons m'envahissent.
Dire ta présence quand l'absence me retourne et m'envoie en l'air.
Dire nos rires.
Mais juste un souffle... Loin.
Je le dépose à mes pieds.
Un galet. La mer.
Elle fera le reste. Tu la connais si bien ...
Et des jours, pleins. Beaux pour toi. Encore et encore...
00:00 Publié dans Faits intimistes | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : je ne sais pas si le compte est juste, mais je sais, tu ne m'en voudras pas!
jeudi, 01 mai 2008
L'absente

Être l'absente du monde, le temps d'une heure ou deux. Exister sans être. Poussée.
Pas vraiment marcher, presque courir. Mais après quoi ? Le temps qui fuit.
Cela me va, aujourd'hui, qu'il se dérobe. Vouloir hurler, même, pour qu'il se soustraie à mes pas. Capricieuse, je veux qu'il s'échappe, qu'il me file entre les doigts, qu'il me donne le tournis. J'abhorre ce temps qui se traîne, ses heures qui s'allanguissent.
Et puis, il y a cette voix dans mes oreilles, profonde. D'une violence presque douce. Effilée. Plus intense à chaque note.
Au fur et à mesure. S'habituer au son et à l'intensité. Fort, plus fort encore. Ne plus entendre le monde autour de moi. Un silence puis un décroché dans la mélodie, presque un cri. Le violoncelle. Des murmures tranchants. La lame dans mon corps. Elle tranche. A vif. Une déchirure. You're my most beautiful scar. Un moment et tout déraille, tout se trouble. Ne plus y voir. Floue. Une morsure à mes lèvres comme pour me rappeler l'existence de l'entourage, la foule, les piétinements. Me forcer à revenir dans le négligeable, me ramener au milieu de l'anodin, dans l'insuffisant.
Il me faudrait un refuge. Un asile pour ma tendre solitude. Vite, trouver l'abri. Et dans le flot palpitant de mes veines, l'andidote à ma déréliction.
Se couvrir des accords. Majeurs. C'est au dehors les dissonances.
Je rêve. Et la cacophonie de mes contresens pourrait mourir doucement.
Parfois, je me demande si tu entends la décadence insensée de mes cris. Aphones. You're my most beautiful scar. Ton silence.
*Tu es ma plus belle cicatrice
19:25 Publié dans Faits musicaux | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note





