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mardi, 06 mai 2008
Il y a tant encore

Longtemps, j'ai erré sans bruit. Je me posais, là, à tes lèvres dans le silence de nos corps séparés. Je me lovais aux creux de tes hanches, sans jamais froisser les draps, sans jamais marquer de l'empreinte de ma tête l'oreiller en solitude. Discrète. Raisonnée.
Dans la délicate ouate de mes sommeils éveillés, j'ai souvent provoqué ta main dans la mienne.
Et tout ce que tu ne sais pas.
Il y a tant encore.
Si tu savais mes nuits, les yeux ouverts, à ne rien vivre d'autre que l'impression de tes doigts courant, glissant, trançant des chemins vers l'infini sur le haut de ma main, dans le creux de mes épaules.
Si tu savais mes matins, les yeux fermés, à ne rien inventer d'autre que ton corps fondu au mien.
Et puis une heure, une vie, vouloir hurler. Et tout ce que tu n'entends pas.
Il y a tant encore.
Tu sembles si fort. Inébranlable, au milieu de mon océan de cris, de fantaisies, de piétinements, de renoncements, d'impatience. Jamais je ne te sens trembler. Jamais je ne te sens défaillir. Et nos peurs, au milieu.
Et tout ce que tu n'imagines pas.
Il y a tant encore.
Être à toi. Libre.
07:26 Publié dans Faits du vide | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note




