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jeudi, 01 mai 2008

L'absente

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Être l'absente du monde, le temps d'une heure ou deux. Exister sans être. Poussée.
Pas vraiment marcher, presque courir. Mais après quoi ? Le temps qui fuit.
Cela me va, aujourd'hui, qu'il se dérobe. Vouloir hurler, même, pour qu'il se soustraie à mes pas. Capricieuse, je veux qu'il s'échappe, qu'il me file entre les doigts, qu'il me donne le tournis. J'abhorre ce temps qui se traîne, ses heures qui s'allanguissent.

Et puis, il y a cette voix dans mes oreilles, profonde. D'une violence presque douce. Effilée. Plus intense à chaque note.
Au fur et à mesure. S'habituer au son et à l'intensité. Fort, plus fort encore. Ne plus entendre le monde autour de moi. Un silence puis un décroché dans la mélodie, presque un cri. Le violoncelle. Des murmures tranchants. La lame dans mon corps. Elle tranche. A vif. Une déchirure. You're my most beautiful scar. Un moment et tout déraille, tout se trouble. Ne plus y voir. Floue. Une morsure à mes lèvres comme pour me rappeler l'existence de l'entourage, la foule, les piétinements. Me forcer à revenir dans le négligeable, me ramener au milieu de l'anodin, dans l'insuffisant.

Il me faudrait un refuge. Un asile pour ma tendre solitude. Vite, trouver l'abri. Et dans le flot palpitant de mes veines, l'andidote à ma déréliction.
Se couvrir des accords. Majeurs. C'est au dehors les dissonances. 
Je rêve. Et la cacophonie de mes contresens pourrait mourir doucement.
Parfois, je me demande si tu entends la décadence insensée de mes cris. Aphones. You're my most beautiful scar. Ton silence.

 

*Tu es ma plus belle cicatrice