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jeudi, 17 avril 2008
Rêveries

Se toucher. Arrêter de mourir comme arrêter de courir. Respirer. Il reste une chanson. Écoute. Prends ma taille, vole mon bras, mes jambes. Emmène-moi où je t'attends. Infiniment. Patiemment.
Investis mon corps, le sang qui coule. La berceuse, tu l'entends. Écoute, elle te dit comme j'ai froid. J'ai froid, j'ai froid, j'ai froid. De toi. Accrocher le revers du coton blanc des nuages survoltés. Et ta main.
A ma bouche se posent quelques mots. Rêver, dormir, tendre, enlacés, toujours. Un fouillis incroyable.
Pour l'éclat, il faut sentir l'absence, rouge. Pour la lumière il faut saigner des larmes noires. Écoute. Doucement. Les mots arrachés à l'épaisseur des brûmes.
Peindre les couleurs, essuyer le vide entre toi et le flux dans mes veines. Le chiffon des murmures. Ecoute. Sur la palette, tout se mélange. Comme nos corps abandonnés. Comme les gouttes de pluies rassemblées. Flaque. Eau libre.
Maintenant, se retirer. Laisser la musique trimer sur son labeur mystérieux. Écoute. Tintinnabuler, tintin-mare, s'envoler. Les notes se frôlent mais ne se touchent pas. Froissement délicat. Le rythme est là. La mélodie en deux temps. La présence et l'absence, le silence et les non-dits trop bruyants, le vide et toi. Et puis vite, l'un. L'autre. Un, si fort.
Je me glisse sous tes paupières, c'est la nuit. Je t'envoie mille éclats de lune, mes pincées de plumes. Écoute. Le chant aigu du lointain. Se mélangent nos couleurs. Ocre, terre de soleil. Brillant des étoiles. Tu les vois, je les imagine. J'ai compris les minuscules, accepté les infimes. Des songes. Poussière. Mon or.
02:51 Publié dans Faits intimistes | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note





Commentaires
Toujours il en va de même. Ainsi, une nouvelle fois, à vous lire, suis-je parcouru de frissons. Ce texte-là, ou celui-ci, ou tant d'autres encore, tous me transportent. Cet univers-là, qu'ils disent plutôt qu'ils ne le décrivent, par la richesse de votre manière, je "crois" le connaître. Croire, ici et pour moi, est fervent.
Merci Fée... :)
Ecrit par : martin | jeudi, 17 avril 2008
J'aime à penser que les mots frissonnent aussi pour d'autres.
Parfois opaques, sombres, ils ne sont là que pour montrer le nu, l'intime, l'intérieur. Quand on touche te qu'on est touché. Quand on sent, quand on connait et se reconnait...
Merci à vous :)
Ecrit par : Faits Divers pour Martin | jeudi, 17 avril 2008
Je rêve ou c'est une très belle déclaration d'amour... ?
Ecrit par : M. | jeudi, 17 avril 2008
Tes mots sur cette musique ... j'en ai des frissons ...
Ecrit par : quine | jeudi, 17 avril 2008
ah ... Le rêves, les songes... Les pressentiments...
Tu es sur la bonne voie petit Jédi !
(très belle ... je l'espère ;-) )
Ecrit par : Faits Divers pour M. | vendredi, 18 avril 2008
Chouette ta visite :)
Merci...
Frissonne ...
Ecrit par : Faits Divers pour Quine | vendredi, 18 avril 2008
Ah mais je suis une visiteuse assidue ... mais les mots me manquent souvent pour commenter.
Alors j'apprécie vraiment beaucoup ... mais en silence ;-)
Ecrit par : quine | samedi, 19 avril 2008
...
Silence...
...
Mais une présence :)
Ecrit par : Faits Divers pour Quine | samedi, 19 avril 2008
Comme une pluie d'Or sur des coeurs qui palpitent en choeur...tes rêveries sont magnifiques...
Ecrit par : la petite cerise | mardi, 22 avril 2008
Merci mam'zelle :)
Et quelques mots pour réchauffer nos corps...
Ecrit par : Faits Divers pour la petite cerise | mardi, 22 avril 2008
Cette chanson ...
Cette photo ...
Un souvenir et tes mots qui brodent.
J'adore !
Ecrit par : bougrenette | samedi, 26 avril 2008
Oui...
Un joli souvenir... Et nos sourires !
Et la chanson... Elle me frissonne, elle m'emprisonne...
Ecrit par : Faits Divers pour Bougrenette | dimanche, 27 avril 2008
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