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dimanche, 30 mars 2008

So many dreams on the shelf

 

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free music

 

 

(**Tant de rêves sur l'étagère)

 

 

 

 

 

jeudi, 27 mars 2008

Je vous

 

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Je vous écris. Il est tard, j'ai veillé.
J'ai tourné le dos au marchand sombre et à ses sacs emplis des poussières de cailloux. Criant le sommeil. Hurlant l'épuisement.
Irrévérencieuse, j'ai refusé de lui ouvrir la porte.
Arrogante, j'ai esquivé la fin de mon jour et j'ai décliné son invitation à l'entrée dans la nuit.

Je vous écris souvent. Les mots en nuée.
Dans les creux de mon âme. Rarement l'encre est jetée sur le blanc d'une feuille comme le seraient mes caresses sur votre peau.

Dans l'obscénité du noir qui me cajole, je suis la solitude provocante, je suis l'errance impolie, je suis la sauvagerie immorale.

Je guette la nonchalance du crépuscule pour l'éclosion de mes caprices impudiques. J'attends le silence des endormis pour laisser se déchaîner mes envies pornographiques.

Je vous écris. Dans un coin de mon être.
Les mots alors tournent. S'accrochent les uns aux autres. Se bousculent avec une violence incongrue. Insolente.

Frénétique, je vous imagine dévorant chacune de mes pensées comme si votre vie en dépendait. Chaque lettre invisible, chaque mot indicible, pour vous comme une fureur excessive. Brutale.

Je vous écris. Mon papier immaculé.
Dans l'insaisissable, sentez le vif ardent. Dans l'impossible, vivez le carmin incandescent. Dans l'irréel, soupçonnez le pourpre scandaleux. Dans l'utopie, respirez le rouge dépravé.

Indécente,
Votre.

 

 

Illustration : Catherine Izzo

lundi, 24 mars 2008

Light, my little fire

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Attendre.

Temps nébuleux. Obscures secondes endormies à l'éternel.

Avancer dans le noir. Se cogner contre les murs, imperturbables. Perdre l'équilibre intérieur, quand tout vacille. Même la lueur de l'étoile n'éclaire pas assez. Peut-être est-elle déjà morte. Sans prévenir, dans l'indifférence totale. Trou noir. Y croire encore alors que l'infini frissonne. Malgré l'hypothèse d'un dénouement fatal.

Il fait trop sombre en dedans. La peur. C'est elle qui déraisonne. Ratatine.
La peur de perdre. Enfouie.
Des doutes formidables à la douce inquiétude qui endure l'existence dérisoire mais vitale d'un, en soi, au profond.

Les fantaisistes oublient parfois le limpide, évident. Se perdent dans les mélodies cruelles des défiances. Cassés, s'enduisent d'irrémédiable.

Pourtant la lumière. Embraser la désespérance. Sur un fil, équilibriste, balancée au gré du vent et des tempêtes. Du jour, inaltérable.
Allumer les terres désolées de l'absence.
S'impreigner des lueurs des 'était' pour construire des 'sera' invicibles.

Se barbouiller de l'éclat de l'aurore. Oeuvre fugace.

Profiter des heures blanches pour le sommeil de trêve.

Le retour.


 

Illustration : Serge Guerand

jeudi, 20 mars 2008

De l'un. Pression

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Elle était l'atome, le tout petit. L'un des constituants fondamentaux de leur matière. Son corps simple criait le besoin. Aimanté.

De la tempête brûlante qui la dévastait, elle réclamait ses mains. Fouiller l'intérieur du vivant. Faire naître de l'intime le noyau de chaud qui l'iradierait encore plus.

Sa peau. Toute. En proie aux empreintes appuyées de la pulpe de ses doigts. Auréoles blanches. Ses hanches. Et son corps marqué. Elle l'aimerait pour toujours. Des traces. A jamais, d'eux.

Dans le clair de sa nuit, ils se sont caressés, touchés, engouffrés. Ils ont mélangé leurs odeurs pour n'en créer qu'une. La réminiscence de leur musique.

Solaire, elle le voulait perdu dans ses rayons. Plus de nord ni de sud. Juste sa queue, en dedans. Et le balancement de leur vie entre leurs corps. Noués.

Pressés, léchés, trouvés, écartés, pénétrés, mêlés.
Comprimés, gonflés, infiltrés, inventés.
Tout entier.

Flottants. Dans l'apesanteur de leurs morts insolentes, ils ont transgressé les creux, les écarts, le vent. Fourvoyé le destin de leur arrogance. Jusqu'au bout des ongles.

Leur suffisance en dérision de leur dissidence infinie.

  

 

mardi, 18 mars 2008

Losing or not. The way

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Ohh, Life is bigger
It's bigger than you
And you are not me
The lengths that I will go to
The distance in your eyes

C'est venu là. Etouffement. Le rapprochement des murs de la pièce comme une fatalité. Fuir. Exister en dehors de ce corps allongé.

Every whisper
Of every waking hour

Maintenant impossible. Immobile comme aimantée au lit sans sommeil. Prisonnière, ligotée, étouffée, asphyxiée.

Trying to keep an eye on you
Like a hurt lost and blinded fool
Oh no I've said too much
I set it up

La musique. S'étourdir comme inévitable solution. Grisée, saoulée. Des pointes aiguës aux silences amers. La note bleue.

Consider this
The hint of the century
Consider this

Les larmes. Des perles comme pour maintenir la vie en doute. L'équilibre ténu du caillou déposé dans les brindilles asséchées, prêtes à craquer.

The slip that brought me
To my knees failed
What if all these fantasies
Come flailing around

L'infini. L'ivresse du noir comme ultime fantasme. Embrasser les violences impertinentes et les déchirures immenses. Des miettes.

I thought that I heard you laughing
I thought that I heard you sing
I think I thought I saw you try

La voix. L'étoile d'un murmure comme véritable sens aux lumières presque éteintes. Les morceaux éparpillés dissous à l'acide des silences se rassemblent.

But that was just a dream
That was just a dream

L'étreinte. Les songes de cette chaleur comme pour se raccrocher aux nuages. Les mains se serrent aux couleurs de l'hiver finissant. Juste un rêve. Just a dream...

 

 

free music

dimanche, 16 mars 2008

Aigrette

 

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S'endormir. Flou. A l'orée des limbes, confusions entre le possible et tous les impossibles. Trouver malgré tout le chemin du repos. Rêver au néant. S'enterrer sous les pelletés noires du vide. Qui peut entendre les paroles silencieuses? Qui sait lire les mots dessinés en blanc?

Jusque dans les ruines, maintenir la certitude d'une présence comme on tiendrait un petit caillou dans le fond de sa poche.

Alors écrire. Écrire le froid du vide, le souffle du feu, le goût de la pluie, l'inconstance des flux - diastole, systole.

Se souvenir de l'évidence des rivières. Couler inlassablement et s'évanouir parfois sous terre. Une longue disparition pour renaître au perceptible, inchangées. Naturellement.

Et, quand l'oppression des songes remuant en creux devient irrespirable, s'extirper de ces images. Souffler, un grand coup. Fort, si fort que tout tremble. Alors, les regarder s'envoler en ribambelle dansante jusqu'au très loin, jusqu'à mourir, jusqu'à la fin, comme enfant on le faisait avec les poils soyeux des fleurs des campagnes.

 

vendredi, 14 mars 2008

Trip to nowhere

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Il partait quelques jours, seul, pour Barcelone. Bien mérités. "Presqu'à regret maintenant que je vous sens si proche".
L'absence donne aux choses un autre goût.
Ils verraient.
Sûre, presque, qu'il l'oublierait. S'il devait le faire, c'était le bon moment.

"Faites un détour par la Sagrada Familia. Lorsque vos yeux se poseront sur cet édifice excentrique, merveilleusement étrange et inconstant, pensez à moi. Vous sentirez ma présence".

Il l'avait fait. Pourquoi, il ne savait pas encore trop bien.

Pour elle, des mots à la lueur de ses nuits sans lui. Irrépressibles.

"Gorgez-vous des sourires et des accents. De leurs voix hautes et fortes. De leur rythme. Et quand vous pourrez, vous me susurrerez quelques mots".

"Je rentre dimanche. J'aimerai discuter avec vous..."

"J'ose ici vous avouer avoir pensé à vous devant cette cathédrale grandiose, démesurée et fantasque à la fois". Pas franchement de pensées très pieuses, juste la vision de ses seins imaginés.
L'envie de ses baisers qu'il lui aurait volés. 
Peut-être même le désir de sa présence, sa main dans la sienne.

Et puis d'autres départs, d'autres voyages. Douloureux.
Ses pensées, pour elle de temps en temps. Ou plus. Parfois moins.

Une longue absence, celle de l'eternité ou celle des jours. Cette fois, elle savait. Le destin noué comme sa gorge serrée.

 

mercredi, 12 mars 2008

A part ...

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Entre adultes consentants ?  

Et consentir à quoi, d'abord ?
Accepter les contraintes, les impossibles, les distances, leurs soufflets inexorables. Accepter que le fil ténu, tendu jusqu'à la rupture, ne cède pas aux tempêtes indicibles.
Consentir à se donner, à souffrir, à dormir une nuit et de se réveiller matin alors que rien n'est plus pareil.
Sentir les larmes. Vivre des silences. Mélanger l'incertitude au possible, l'évidence à l'insurmontable.
Accepter de se tromper, de croire, d'espérer, de renoncer, de changer, d'avancer, de donner, de partir, d'être.
Savoir les différences, les adhérences au delà des raisons, les fantaisies des jonctions improbables, les échardes qu'on croyait dissoutes.
C'est ça, entre adultes consentants...

Je t'aime, tu me plais, la pièce exacte du puzzle, j'ai un peu peur de toi, je saurai faire, je sais ce que je fais, je te désire, je n'y arrive pas, tu seras mienne, pas ces jours-là je ne serai pas là, je ne sais plus, je t'aime, t'entendre me fait du bien, c'est dur pour moi, je t'aime, tu viens chez moi, c'est pas possible, ne m'en veux pas, je t'aime, je te laisse au milieu du chemin, je vais bien et toi ?, je ne serai pas à la hauteur, je t'aime, envie de te dire fuis loin de moi, sois pas triste, j'ai pas envie que tu partes, on va y arriver, je t'aime toujours, je ne pourrai pas te donner ce que tu attends.

 

 

lundi, 10 mars 2008

Des vieux amants

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C'était ça ce matin tôt ? une main en fantôme ...

J'ai senti le linge humide sur mon pauvre front. Sa peau luisante, jaune, creusée comme un vieux drap. Et sur mes lèvres un verre frais, un filet d'eau a coulé sur leurs gerçures. 
Je ne suis plus que rides et sueurs âcres.

Tu es encore si belle dans mon souvenir, et les quelques mots que nous nous envoyons encore, comme au temps de notre folie, gardent l'absolue vérité de l'amour que nous n'aurons jamais fait, nous qui nous sommes tant caressés.

Aujourd'hui est mon dernier jour, continue de nous écrire, j'ai tant aimé ton dernier roman. Ton prochain sera le premier que je ne pourrai pas lire, mais je vois déjà le titre " Jamais trahis, jamais haïs ", que tu dédicaceras à ta fille. Un de ses tableaux fera la page de couverture.

Encore un mot, ma douce belle : j'ai gardé dans un coffret toute notre vie. Et quelques morceaux que je n'ai jamais publiés. Tu en recevras bientôt la clef et le lieu où il se trouve. Peut-être n'iras-tu jamais le chercher, mais la clef au moins fera un joli pendentif. "La clef", joli titre aussi.

 

Voilà, il est temps.
La vie est belle.

A nous,
en nous.

 

 

Illustration : Robert Doisneau

 

samedi, 08 mars 2008

Débris

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Laissée à l'abandon. Plus personne. Que les vieilles traces d'une chaleur révolue. Les absences.

Il y avait des rires, des pleurs, des cris. Il reste des morceaux cassés, abîmés. Des cendres, des poussières. Des bouts des tous et des riens. Les silences.

C'est toujours comme ça à la fin. Les vides.

Comme une envie de vomir. Violente. Les désolations.

Les protections, les murs n'ont pas suffit. Les briques, une à une. Le ciment. Les joints. Les tempêtes.

Le souvenir des communs, des partages. Et l'in fini.

Pas de bruit. Pas de danse. L'écho. Résonner.

 

Illustration : Michal Tokarcszuk

 

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