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dimanche, 30 septembre 2007

Regret

De notre dernière rencontre, je garde un regret. Flottant. Ancré. Envahissant, par bouffées... Presque irrespirable. Parfois.

Celui de ne pas avoir eu le temps. Le temps de,  doucement, légèrement, sortir  de notre torpeur. L'absence de transition.

Nous avons été agressés par ce manque de minutes, d'heures. Il fallait traverser, vite, le pont entre nos deux mondes.

C'était comme jouer à la marelle, sans jeter de caillou. Passer du ciel à la terre, sans intermédiaire. Le retour, en pleine gueule. A cet instant, j'ai ressenti de la violence. Extrême.

 

Une déchirure. Intense.

Une partie de moi, encore sur ce lit; ce lit qui a accueilli nos corps, supporté nos étreintes, qui s'est imprégné de nos sueurs

L'autre partie de moi, pressée et hagarde; rassembler mon esprit, mes affaires.

 

Nous n'avons pas profité, tu sais, de ce moment où, épuisée, encore nue, allongée,  je t'aurai regardé enfiler le boxer que tu avais choisi, le matin même. Celui-là et pas un autre. Celui-là, que je ne saurai même  pas reconnaître (sauf au toucher, peut-être), trop pressés de l'enlever, avant. Trop pressés de le recouvrir de ton pantalon, après.

 

Nous n'avons pas profité, tu sais, de ce moment, où, épuisé, à moitié rhabillé, assis sur le fauteuil, qui a vu nos intimités s'embras(s)er, tu m'aurais dévisagée. Le chien de faïence. La pagaille de mes cheveux, le brillant de mes yeux. Tu m'aurais fixée. Le mascara filé.

Je serai venue, contre toi, que tu vois. Plus près, encore, que tu touches. Ma peau, à peine recouverte, un morceau de dentelle.

 

Un manque. De ce moment. De cette douceur. De cette intime complicité. Juste après...

 

 

samedi, 29 septembre 2007

Avant

C'est même étrange de ressentir ça. Ne se connaitre qu'à peine. Ne jamais avoir croisé son regard, vraiment. Et pourtant avoir Envie.
C'était venu tout seul :
Peu dormi....
Une heure, au moins pour sombrer, et à peine une autre de sommeil, agité...
Puis, la boule, dans le bas ventre, qui te réveille... Celle qui tiraille... Celle qui empêche tes yeux de se refermer... Celle qui empêche ton corps de se poser, de rester immobile...
Celle qui fait évader tes pensées à droite, puis à gauche, puis revenir... Tu essayes de les faire partir, juste un peu, juste parce qu'il faut dormir... Mais elles sont là... Elles restent...
Les laisser errer dans ton corps en ébullition...
En fait... c'est plutôt bon...
Tu ne dormiras pas, ou peu...
Tu continueras d'avoir ce sourire aux lèvres.
Te sentir comme un lion en cage....

vendredi, 28 septembre 2007

Demain, cet autre jour

Je n'ai pas envie de me coucher

Je n'ai pas envie de me laver

Je veux rester comme ça, empreinte...

Nos effluves, emmêlés

Nos intimes mélangés

Nos mots partagés.

Parce que demain...

Ton odeur aura disparue, presque

Le filigrane de toi posé sur ma peau se sera dissipé, sans doute

Le souvenir de ta voix dans le creux de mon oreille se sera évanoui, certainement.

 

Alors, dans la pénombre, à la seule lueur de cette bougie chocolat, je humme mes doigts, je lèche mon corps, j'en embrasse chaque parcelle pour nous retrouver, m'immerger.

 

Comme un secret, à la fleur de nos peaux.

 

jeudi, 27 septembre 2007

Silence

Nous avons tellement...

 

Murmurer nos mots

Fondre nos bouches

Frôler nos mains

Graver nos voix

Mélanger nos sueurs

Découvrir nos corps

Embrasser nos peaux

 

Aurons-nous le temps pour le silence?

 

mercredi, 26 septembre 2007

Un vendredi soir, sur la terre

19h45. Forcement, je vais être en retard. Je mets mes papiers, mon téléphone bien chargé pour tenir la soirée dans mon tout petit sac, et je file.

Un petit bar à la décoration farfelue.  Des canapés partout, un lit même, histoire se sentir "comme à la maison". Mon amie m'attend. Soirée en friday wear... Pourtant, ce soir, nous ne sommes entourées que par de petits groupes de joyeux mâles, bien trop jeunots pour un afterwork (tout au mieux, ils ont bossé cet été dans la cahute à crêpes et gauffres du bord de plage, en attendant octobre et la rentrée). Mais ce soir est un soir différent, oui, ce soir c'est match... Quel bonheur! (Moi qui avait fui la maison pour échapper à France/ je-ne-sais-plus-quoi-et-Ô-sacrilège-je-m'en-balance)... Me voilà étouffée au milieu d'un amas de testosterones criant à chaque avancée, se congratulant d'être ici et de profiter, ensemble, de ce mmeeeeerveilleuuux spectacle. Bientôt, le premier but essai est marqué. Ouaiiiii. Les autres suivent. Ouaiii, Ouaiiii et re-Ouaiiiii.

 

Saoulées par le bruit des mâles excités par Chabal et sa troupe, nous nous rendons dans ce petit restaurant très cosy, digne d'un bon épisode de "d&co" sur M6. En attendant notre plat, nous philosophons sur la vie, sur la dure et ô combien pénible condition féminine. J'ai droit à quelques scoops (comment, sur notre lieu de travail, J s'y est pris pour la plaquer contre un mur, l'embrasser sauvagement, par surprise, sans préméditation, sans même avoir l'assurance qu'elle serait d'accord... - je suis jalouse !!!). Longs échanges, blablas de nanas... Et bien sûr "dire du mal" (j'adooore)...

Et puis, avec son plus grand sourire et ses yeux emplis de malice (cette malice... capable de délier les langues les moins bavardes et de faire naître les confessions les plus intimes) elle me glisse ce que je redoutais tant :"et toi alors????". Arff, moi...

Je suis prête à tout livrer, sans avertissement, sans mise en garde. Et puis, non. Tout garder, pour moi. Ne rien dévoiler. De mes rendez-vous secrets, de mes lettres, de mes mots, de mes infidélités... Elle le sent. Je lâche, un peu. Juste un tout petit os à rogner : ma vie de "première", mon mari "parfait", ma routine, mes manques. C'est ainsi qu'elle me souffle la possibilité pour moi de me laisser aller dans les bras d'un amant. Ah oui, tiens, pourquoi pas.

 

La soirée se termine dans un bar musical, très sympathique. Avec un patron très sympathique, un serveur, un peu trop jeune (mon âge sans doute, mais je les aime... bref, je m'égare), mais néanmoins très sympathique aussi, un habitué beaucoup moins sympathique, essayant désespérément de me faire la conversation (et mon dieu, que je sais ne pas me montrer aimable, parfois...). Cocktails, lumière tamisée, corps agités... Décompresser, parler, s'oublier, un peu... 03h00. Il est temps de rentrer.

 

Ce que mon amie ignorera aussi, c'est que j'étais accompagnée, tout au long de cette soirée. Accompagnée par les vibrations de mon téléphone me livrant des promesses. Des promesses pour le jour où...

 

 

 

mardi, 25 septembre 2007

Formation 2/3

 

2ème jour....

 

Recoverability : aptitude à s'auto-reconfigurer jusqu'au niveau d'avant l'arret

Je n'en serai pas capable... Je ne veux pas revenir à l'état initial

J'ai touché, j'ai gouté... Je me suis perdue, un peu

Mais qu'importe

Pour l'instant

 

 

Résilience : aptitude à continuer de fonctionner même si un ou plusieurs composants sont hors de fonctionnement

Voilà, c'est ça... Résilience

Je fonctionne, j'avance...

Même si des morceaux de moi sont "out of order"

Il m'en a pris des bouts, ils m'en ont pris aussi

Joué avec

Rendus cassés, fêlés

C'est sans importance

C'est si bon. Grisant

 

 

 

 

 

lundi, 24 septembre 2007

Se croire capable

Il m'a envoyé un mail l'autre jour. Il a fait comme si. Comme si on s'était quitté la veille. Comme si il n'avait pas arrêté de m'écrire ou de me téléphoner. Comme si ça ne faisait pas des semaines que je n'avais plus de nouvelles. Comme si il avait répondu à mes appels.

 

J'ai ressenti un peu de colère. Quand même.

 

Et puis... Le revoir. Prendre le temps. Discuter... De tout mais pas de ça. Comme une espèce de pudeur. Comme une honte. Comme la croyance d'une acceptation tacite. Comme le refus d'un hypothétique conflit. 

Peut-être aurait-il fallu, pourtant.

 

 

Nous avons fait l'amour.

Moins intensément, avec moins de fougue. Moins longtemps.

Pour la première fois, je n'ai pas eu envie de le rassurer. Comme les autres fois, sur lui, sur nous.

 

Est-ce là, à ce moment précis, qu'il faut un point, LE point final? Celui qu'on déteste mais qui devient évident. Quand on ressent ça, la sassiété de l'autre... Et seulement de l'autre. Pas des autres. De son corps. Pas des corps...

 

Je croyais être capable de faire comme si.

 

 

 

 

22:30 Publié dans Fée Lure | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : fin

dimanche, 23 septembre 2007

C elle

Je serai celle qui aura les yeux qui brillants et le coeur qui palpite

Je serai celle qui attendra que tu arrives

Je serai celle qui glissera sa main sur tes fesses

Je serai celle que tu attraperas par la taille

Je serai celle que tu prendras le temps de sentir, de toucher , d'enserrer

Je serai celle que tu embrasseras dans le cou,  avant, juste avant

Je serai celle qui prendra ton sexe à pleine bouche

Je serai celle qui frémira de l’agilité de tes mains

Je serai celle qui vibrera sous tes coups de reins

Je serai celle que tu maintiendras fermement

Je serai celle que tu dévoreras, lécheras, et qui gémira

Je serai celle que tu envelopperas de ton corps

Je serai celle qui sera sur toi, sous toi, contre toi, devant toi

Je serai celle qui se tremblera du plaisir

Je serai celle qui te fera jouir

 

Je serai celle-là, pleine d’excès, ce jour là.

 

vendredi, 21 septembre 2007

En dehors

Nous étions allongés, là, l'un contre l'autre. Cette scène, je l'avais déjà imaginée, ressentie, plusieurs fois. Pas exactement comme ça. C'était l'air iodé, marin, qui venait chatouiller nos narines et non l'odeur de l'herbe fraîche, des sous-bois. Le chant des mouettes plutôt que celui des moineaux.

Mais qu'importe. Nous étions tous les deux. En faim.

Une de ses mains sur mon ventre, l'autre dans mes cheveux, ma tête sur ses cuisses. Simplement.

Tout simplement.

Plus rien ne semblait avoir d'importance. Pas même le temps.

 

Je lui ai raconté comment il m'arrivait de penser à lui. Je lui ai redit "l'impression" de lui, appuyée, pressée sur ma peau, mon corps, parfois. Malgré la difficulté pour moi de mettre des mots sur mes sensations, je crois qu'il a compris.

Il m'a fait part de ses questions, de ses visions. C'était la première fois qu'il se livrait. Un peu. Mais vraiment. Qu'il partageait...

De la sensation de picotement jusqu'au désir. 

De la culpabilité, un peu, de la fermeté à laquelle il voulait s'astreindre en venant à ce rendez-vous. Du paradoxe pourtant de ce serment, fait à lui-même: la préparation pour ce rendez-vous, pour moi, alors qu'il s'était promis de ne pas succomber...

Et finalement, de l'évidence.

 

Puis les mots avaient laissé place au silence. J'écoutais sa respiration. Je retrouvais mon calme. Nichée dans le creux de son épaule, à la naissance de son cou. Malgré l'excitation irrépressible, quasi instinctive de nos deux corps, nous sommes restés là, immobiles. Un moment. Encore...

Dans cette absence de mots, nous embrassions l'image que nous formions. Envoûtante.

Nous étions deux corps, étendus, presque peau contre peau, prêts à se laisser aller... Partageant ce qu'il y a de plus doux et de plus voluptueux...

 

Et ... Les frissons nous ont submergés, subrepticement d'abord, gagnant chaque parcelle de nos deux peaux en contact. Puis, entièrement, pleinement. Absolument. Parcourus. Haletant.

Sous les pulsions, la raison finit se craqueler, fondre. Le besoin de lui, en moi. Bien plus fort encore...

 

Se sentir terriblement libres...

 

Ponctuation enchantée

On la reconnaît à sa courbure. Elle s'ouvre, doucement. Un axe, qui part du haut, suit un arrondi vers la gauche et s'évanouit, en bas. Et puis tout près, jamais loin, son opposé. Son autre morceau.

Elles représentent une ouverture. Un intermède. Une insertion dans l'histoire d'un développement accessoire, complémentaire. Indispensable. 

A côté du cours normal des choses, du flux...

Elles indiquent le caractère prioritaire des calculs à venir... (1+1)

Elles cassent le rythme du moment, de la vie, du présent. Interruption momentanée des programmes. Elles sautent aux yeux. On ne voit qu'elles.

Elles apportent tellement d'air dans l'espace confiné de deux points.

 

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