dimanche, 11 mai 2008
A l'intérieur

Rien ne sort, rien ne vient. Paradoxe. J'ai tant à dire. Pour une fois, cela doit peut-être rester entre moi et moi.
Ma tête sur l'oreiller et mes pensées confuses au milieu de ma certitude.
Je ferme les yeux.
J'ai envie.
Envahie. Submergée. Des réminiscences. Je coule ou je flotte, je ne sais pas. Je ne sais plus. Un voile se pose.
Une soirée. Sa présence en filigrane. Ce souvenir me noue le corps. Des bouffées. Mon coeur est lié. Indépendant attaché. Les images en flots me font chaud. Je plonge dedans.
Les battements se calment un instant. Et le tourbillon repart.
Inutile de dire.
Chacune de mes impressions. Indélébiles. En moi, dans chaque respiration, dans chaque pulsation. C'est la vitesse, l'allure folle. Incontrôlable.
Inutile de dire.
Le vent dans mes cheveux.
Je voudrais son calme. Je voudrais son vide. Mais la tempérance ne parvient pas à me rattraper. Elle me caresse au loin, me nargue. Jamais ne pénètre dans mes veines. Jamais ne court sur ma peau.
L'indomptée.
Un jour, peut-être, je deviendrais apprivoisée.
Mais c'est presque demain, cet autre jour. Celui des "va savoir".
Ce demain qui vient nous éclabousser.
Quelques gouttes. Ou plus.
Photographie : JCD
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mardi, 06 mai 2008
Il y a tant encore

Longtemps, j'ai erré sans bruit. Je me posais, là, à tes lèvres dans le silence de nos corps séparés. Je me lovais aux creux de tes hanches, sans jamais froisser les draps, sans jamais marquer de l'empreinte de ma tête l'oreiller en solitude. Discrète. Raisonnée.
Dans la délicate ouate de mes sommeils éveillés, j'ai souvent provoqué ta main dans la mienne.
Et tout ce que tu ne sais pas.
Il y a tant encore.
Si tu savais mes nuits, les yeux ouverts, à ne rien vivre d'autre que l'impression de tes doigts courant, glissant, trançant des chemins vers l'infini sur le haut de ma main, dans le creux de mes épaules.
Si tu savais mes matins, les yeux fermés, à ne rien inventer d'autre que ton corps fondu au mien.
Et puis une heure, une vie, vouloir hurler. Et tout ce que tu n'entends pas.
Il y a tant encore.
Tu sembles si fort. Inébranlable, au milieu de mon océan de cris, de fantaisies, de piétinements, de renoncements, d'impatience. Jamais je ne te sens trembler. Jamais je ne te sens défaillir. Et nos peurs, au milieu.
Et tout ce que tu n'imagines pas.
Il y a tant encore.
Être à toi. Libre.
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samedi, 03 mai 2008
Toi

Dire beaucoup.
Dire ton sourire quand mes peurs me rongent.
Dire tes mots quand mes déraisons m'envahissent.
Dire ta présence quand l'absence me retourne et m'envoie en l'air.
Dire nos rires.
Mais juste un souffle... Loin.
Je le dépose à mes pieds.
Un galet. La mer.
Elle fera le reste. Tu la connais si bien ...
Et des jours, pleins. Beaux pour toi. Encore et encore...
00:00 Publié dans Faits intimistes | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : je ne sais pas si le compte est juste, mais je sais, tu ne m'en voudras pas!
jeudi, 01 mai 2008
L'absente

Être l'absente du monde, le temps d'une heure ou deux. Exister sans être. Poussée.
Pas vraiment marcher, presque courir. Mais après quoi ? Le temps qui fuit.
Cela me va, aujourd'hui, qu'il se dérobe. Vouloir hurler, même, pour qu'il se soustraie à mes pas. Capricieuse, je veux qu'il s'échappe, qu'il me file entre les doigts, qu'il me donne le tournis. J'abhorre ce temps qui se traîne, ses heures qui s'allanguissent.
Et puis, il y a cette voix dans mes oreilles, profonde. D'une violence presque douce. Effilée. Plus intense à chaque note.
Au fur et à mesure. S'habituer au son et à l'intensité. Fort, plus fort encore. Ne plus entendre le monde autour de moi. Un silence puis un décroché dans la mélodie, presque un cri. Le violoncelle. Des murmures tranchants. La lame dans mon corps. Elle tranche. A vif. Une déchirure. You're my most beautiful scar. Un moment et tout déraille, tout se trouble. Ne plus y voir. Floue. Une morsure à mes lèvres comme pour me rappeler l'existence de l'entourage, la foule, les piétinements. Me forcer à revenir dans le négligeable, me ramener au milieu de l'anodin, dans l'insuffisant.
Il me faudrait un refuge. Un asile pour ma tendre solitude. Vite, trouver l'abri. Et dans le flot palpitant de mes veines, l'andidote à ma déréliction.
Se couvrir des accords. Majeurs. C'est au dehors les dissonances.
Je rêve. Et la cacophonie de mes contresens pourrait mourir doucement.
Parfois, je me demande si tu entends la décadence insensée de mes cris. Aphones. You're my most beautiful scar. Ton silence.
*Tu es ma plus belle cicatrice
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lundi, 28 avril 2008
Sans étoile

Il est minuit. Il fait faussement bon. Soif des ivresses de ces longues nuits où le soleil ne meurt jamais. L'envie subite de m'allonger sur le bitume. Sentir.
Abandonner mon corps, mes mains, mon esprit. Là, posés, comme une offrande à la nuit. Le sacrifice de ma propre chaleur pour marier la démesure.
En échange, le noir me livre ses impénétrables. Il partage le vent qui bat une petite mesure. Soulève mes cheveux. Une mèche sur mon visage. Rien ne peut l'y déloger, comme s'il fallait voiler mes yeux. C'est triste un ciel sans étoile, le dimanche.
S'immisce alors l'odeur reconstituée d'une étreinte inaccessible, irréelle. Ce soir, elle a l'odeur des fleurs jaunes du printemps, tenace et sucrée.
Je suis à l'affut. Les battements de mon coeur. Je les entends dans le bouts de mes doigts collés au sol, dans ma tête lourde de mes tourbillons, dans mes oreilles bourdonnantes.
Le vacarme du sang assourdissant. Le silence tout autour. Tout résonne. Rien ne raisonne. Mon corps se gèle au fur et à mesure. Les extrémités de mes pieds, nus, finissent par me brûler. Je sens l'oppression qui roule dans mon ventre, jusqu'à ma gorge. Je suffoque, nulle part. Errante.
Je devrais rentrer. Il faut que je rentre. Je dois rentrer.
Seulement, je reste.
Je tremble un peu. Et puis moins. Anesthésiée, je ne sens plus rien. Et pourtant, je sens tout.
23:05 Publié dans Faits d'équilibriste | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
dimanche, 27 avril 2008
Silence, ça tourne

Un jour, je me réveille toute froissée, encore floue et puis je lis ou j'écoute. Ou rien. Des morceaux de mots. Des déchirures. Ou le silence. Alors, je tente de comprendre. Je colle, arrange, mélange. Je souris ou je pleure. Je doute.
La mécanique du silence est réconfortante. Réalité palpable de l'insuffisance des mots au milieu de l'immense.
Je sais qu'il existe des traces. En fouilleuse de greniers insondables, je les retrouve, çà et là. Et la poussière. Mon souffle est fort.
Je sens comme l'allure est folle. Le film se déroule sous mes paupières closes. Pas de son. Quelques craquements. Dedans, il fait le paradoxe. Il fait noir et gris. Il fait froid et tendre. Il fait manque et existence. Il fait intuition et truisme.
Pourtant, l'axiome est gravé dans nos mains. Les images défilent. Je les ai peintes, croquées, griffonnées, dans une cadence incroyable. Des centaines de feuilles, entassées. Ultimes pièces à conviction. Je les ai rangées dans une boîte.
Mais je veux continuer ces instants. Ceux dans lesquels on met une vie entière.
Je suis un corps de silence, brûlé de l'attente et j'ai besoin d'être pansée. J'invite le silence à mon âme. C'est lui, avec la musique et la danse, qui est capable d'apaiser mon for intérieur. Les guérisseurs de l'intime.
Et, dans le néant vide, quand la peur trace son chemin au loin, quand elle n'est plus qu'un lambeau d'infiniment dérisoire, j'entends enfin.
J'ai besoin des mots, même indicibles et non du bruit. J'ai besoin des mots qu'on dit, qu'on crie, qu'on murmure ou qu'on tait alors comme des évidences. Ceux qui, mélangés aux larmes et aux baisers, forment un mortier indestructible.
Sans ceux-là, ma maison est de paille. Elle s'envole. Pfuittt.
Quelque chose a changé. Je crois.
Je n'ai plus peur. Presque plus peur. Il a suffit d'un rien. Un rien.
Je veux continuer ces instants. Ceux dans lesquels on met une vie entière.
12:31 Publié dans Faits du vide | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : ceux dont la magie éclabousse, à vivre, plus seulement à lire ou à imaginer
mardi, 22 avril 2008
Dreams Machine

C'est ma folie et ma raison dans ses mains. Sans doute l'a-t-il senti ? Je les y ai déposés. Minuit. L'heure où la nuit luit, tout de gris. Barbouillée. Quelques touches dorés. Filantes.
J'ai fermé les yeux très fort. Si fort. Je me suis endormie. Peut-être ses bras au milieu de mon fouillis. Des tas d'Incertains, des piles d'Envies, des amas de Passé, de Présent, de Demain. Faire valser. Jeter. Tout mélanger. Au milieu, tant à créer. Et par dessus, les nuages.
Tic tac. Sensation parfois oppressante du manque. Le manque de volupté, le manque de rire, le manque de temps. Souvent alors, ce Manque enveloppé de sa tendre amie la Peur se pare de l'Insensé. Vite, Mal faire, Briser, Douter, Ébrécher. Consumer.
Mais là, dans ma nuit, le calme. Les battements du coeur à la mesure du crépitement de la bougie. Vivante. L'intuition reposante d'être les minutes dansantes de ses heures. Et les secondes s'abandonner.
Des petites bulles de temps s'entrechoquent doucement. Des matins de mélanges aux langueurs écrasantes de l'hiver enneigé. Des nuits de balades au bitume brûlant même après la douce pluie de l'été. Des journées de guets aux rivages des mers agitées par l'éveil du printemps. Une vie réinventée aux indolences du vent un peu gourd dans les feuilles de l'automne.
Peut-être n'ai-je pas rêvé. L'instinct de l'évidence. A peine déshabillée, les rubans. Sur le lit. Et les papillons s'envoler.
Photographie : IneedChemicalX
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dimanche, 20 avril 2008
La robe

Habiller ce matin mon corps en naufrage. Une jolie robe. Légère. Douce aux fibres d'envies.
Couturière. J'amoncelle et j'amasse, petit tas, tous les mots. Ceux du soir, du matin, ceux de rien, même ceux qui sont tus, ceux que je ne lis pas.
Je les couds un à un, les assemble à l'envi. Un Toi contre un Moi, un Voyage à l'envers d'un Baiser, un Soir collé aux Étoiles, un Bientôt adossé à ta Main.
Et beaucoup d'autres encore. Ceux portés par les mers. Bouteilles en creux, vagabondes.
Ceux portés par nos souffles, nos soupirs, nos impatiences. Et mon cri intérieur. Incisif.
Tu les vois, les guirlandes, rubans de mots s'enchaîner tout autour. Des Peut-être me couvrir, des Caresses m'enrouler. Présence et absence, l'envers et l'endroit du même vêtement pour me réchauffer.
Une heure, puis deux, quelques minutes et des secondes, des centaines. L'air. Le vent. Sens comme il s'engouffre. Les plis de l'étoffe. Il soulève les Jamais, nourrit les nuages des Mélancolie et Tristesse. Quelques Toucher, Avide, Larme, Peau, Goûter s'emmêlent et se posent au creux de ma main.
Regarde dehors, le ciel. Entre chien et loup. Maintenant. Que reste-t-il de l'éphémère voile aérien ? Et s'il ne devait y avoir qu'un mot pour habiller ma nuit...
Photographie : Can Su Boguslu
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jeudi, 17 avril 2008
Rêveries

Se toucher. Arrêter de mourir comme arrêter de courir. Respirer. Il reste une chanson. Écoute. Prends ma taille, vole mon bras, mes jambes. Emmène-moi où je t'attends. Infiniment. Patiemment.
Investis mon corps, le sang qui coule. La berceuse, tu l'entends. Écoute, elle te dit comme j'ai froid. J'ai froid, j'ai froid, j'ai froid. De toi. Accrocher le revers du coton blanc des nuages survoltés. Et ta main.
A ma bouche se posent quelques mots. Rêver, dormir, tendre, enlacés, toujours. Un fouillis incroyable.
Pour l'éclat, il faut sentir l'absence, rouge. Pour la lumière il faut saigner des larmes noires. Écoute. Doucement. Les mots arrachés à l'épaisseur des brûmes.
Peindre les couleurs, essuyer le vide entre toi et le flux dans mes veines. Le chiffon des murmures. Ecoute. Sur la palette, tout se mélange. Comme nos corps abandonnés. Comme les gouttes de pluies rassemblées. Flaque. Eau libre.
Maintenant, se retirer. Laisser la musique trimer sur son labeur mystérieux. Écoute. Tintinnabuler, tintin-mare, s'envoler. Les notes se frôlent mais ne se touchent pas. Froissement délicat. Le rythme est là. La mélodie en deux temps. La présence et l'absence, le silence et les non-dits trop bruyants, le vide et toi. Et puis vite, l'un. L'autre. Un, si fort.
Je me glisse sous tes paupières, c'est la nuit. Je t'envoie mille éclats de lune, mes pincées de plumes. Écoute. Le chant aigu du lointain. Se mélangent nos couleurs. Ocre, terre de soleil. Brillant des étoiles. Tu les vois, je les imagine. J'ai compris les minuscules, accepté les infimes. Des songes. Poussière. Mon or.
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dimanche, 13 avril 2008
Chasing ghost
Les pas qui résonnent.
Pas assez. Pas encore.
Pas du tout.
Se perdre infiniment dans des pensées instables. Deviner la silhouette fantôme. Savoir la présence et vivre le vide.
Respirer l'air à s'en étourdir, comme s'il contenait les particules d'odeurs d'encore, de froissements d'oreillers, de cris déraisonnés, de lambeaux de corps déchirés, d'encre invisible griffonnée sur le papier.
Nuits noires. La lune, ronde, brille en désespoir. Guetter les étoiles, elles arrivent toujours. Se rassurer. De la main affolée, amasser les petits bouts de rien.
Brûler du néant, des attentes inexorables.
L'espoir enrobé de doutes, cadeau frêle porté aux mains destructrices.
Vouloir s'extirper du lourd poids du vide. Aucun signe, plus un bruit, pas même le souffle effacé d'une brise déjà presque évanouie.
L'absence s'insinue, elle entre par la bouche et s'installe avec le silence. Les paroles épaisses deviennent muettes. Le noir saigne dans un mutisme tranchant. Le blanc pleure doucement.
Mais secouer les larmes. Se battre avec la féroce vérité.
No man's land.
Vouloir tutoyer le vent. S'y frotter pour sentir. Se rouler dans les gouttes de pluie. Inventer la caresse des nuages, l'enlacement du soleil, l'étreinte du ciel, le baiser des flocons pour ne pas s'assécher de solitude.
19:29 Publié dans Faits du vide | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
mercredi, 09 avril 2008
Dragon. Fly

Incendiaire. Pyromane ingénu, il forge le brasier merveilleux qui chauffe, au plus profond.
Entre ses vides, le souffle coupé, la chute. Envisageable. Pourtant en apesanteur. Vol diaphane aux frontières de l'insouciance. Des courbes en volutes s'égrainent, légères. Sur ses gardes ; lâcher prise.
La fournaise se diffuse. Goutte à goutte, jusqu'à l'embrasement violent de ses veines. Prête à sombrer au feu dévorant ses chairs.
Il allume si fort, douceur étrange. Protection infime d'un corps déjà brûlé en dedans, abandonné à l'air devenu irrespirable. Suffocant.
Des heures inconséquentes, le jeu vaporeux des combustions primaires inexorables. L'air, le feu, les matières. Réactions en chaîne.
Enflammée jusqu'à la transparence. Danse fabuleuse des folies ardente.
Un instant. Plus de braise, plus de flamme, juste des poussières d'eux. Bleues, incandescentes. Un souffle, un silence. Immobile. Le temps. Après.
Photographie : Melvin Sokolsky, 1963
10:50 Publié dans Faits d'équilibriste | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
lundi, 07 avril 2008
Solitude errante - deux heures, presque trois d'un matin comme les autres

Quand tout est désert. Un peu froid.
Poser le corps, morceau par morceau sur la rive, abandonnée. Doucement, enlever les robes et les rubans des demi-mots. Un à un. Dépouillé face à l'immense, face au jugement, face aux peurs, aux interprétations. Tel que l'âme en dedans, tel que le coeur toum toum toum.
Au fond encore, des petits remparts. Dérisoires. Prévenir des éboulements.
Et si un jour, la furie du vent les arrachait ? Ne plus etre protégé. Plus rien du tout.
Tout offrir. Tout donner.
Indécemment.
Choqué des mises à nues impudiques. Sans ambages. Apeuré du réalisme cru des sentiments, de la spontanéité élémentaire des effusions. Mais, l'acceptation d'une telle offrande parfois difficile. Le déshabillé des amours presque brutal.
Alors, souffler doucement sur le feu de l'attente. Laisser aux nuits l'impatience dévorante. Donner le temps au jour d'éclore. Chrysalide.
Tenter d'apprendre le goutte à goutte. Dompter l'avidité. Contenir l'élan incontrôlable. Retenir. Mais pourquoi ?
Vivre la fougue. Libre. Danser au milieu des flammes brûlantes, arabesques voluptueuses d'un corps désireux. Voler en légèreté des empressements à dire, des ardeurs à crier, des tendresses à hurler. Follement.
Laisser aller. La vitesse fantastique. Une porte qui s'ouvre, des mains qui s'emmêlent, des corps qui s'apprivoisent, des mots qui se bousculent, d'autres qui se taisent, des regards qui se frôlent, des envies qui s'enchevêtrent, des frayeurs qui s'évanouissent, des évidences qui naissent.
02:37 Publié dans Faits du vide | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
vendredi, 04 avril 2008
Des attractions

J'avais imaginé le pourquoi de tes yeux emplis de pétillants insondables. Depuis quelques temps, tes couleurs avaient changées. De ta discrétion rieuse, je sentais l'impalpable.
Tes confidences presque muettes dessinaient l'esquisse à peine appuyée du portrait de l'ivresse.
A perdre haleine, tes petits mots en décousu, tes allusions à couvert, je tentais de comprendre.
Mais ce jour, le bleu de tes yeux confondu à l'immense qui nous bordait m'avouait un secret. Insouciante, j'ai entendu les murmures si doux de l'amour élémentaire et les cris rageurs des incompréhensions des autrefois.
Tendrement, ta langue déliée des envies, l'histoire est belle. Le voyage, le train, la main sur la cuisse naturellement, ses yeux, ses yeux, ses yeux, la nudité simplement, sa tête et ton épaule, les retrouvailles impromptues.
Le ravissement en dedans.
Et puis, nous avons fini par croiser sa route. La percevoir. Confrontée à la netteté de la rondeur de son âme. Elle se sent du premier coup d'oeil, elle se voit comme une vérité instinctive. Un choc. Dans la simplicité la plus crue, une main passée autour de mon corps fatigué comme une récompense, un baiser sur ma joue comme une acceptation immédiate.
Tu avais tellement raison. Son élégance sans faille, ses yeux tellement plein de richesse, son sourire de plume, sa générosité qui déborde de partout. Si belle. En dedans.
Et puis Vous. L'unicité. Dans une bulle flottante arrimée à l'infini profond. Vous n'étiez pas deux, mais Un. Un, tourné vers mon monde. Bouleversé.
Ebranlée.
Du peu de minutes partagées, j'ai vécu à la vitesse irrespirable. Ton manque, ta solitude, tes hésitations, ta raison, ta droiture malgré tout, tes barrières. D'hier. Ton amour, ta sollicitude, tes doutes profonds, ton bonheur, ton adhérence. D'aujourd'hui. La bascule, la digue prête à rompre. Ta résilience. L'évidence de Vous.
Si tu savais mon corps parcouru de mille aiguilles, frissonnant de vous. L'éternité devant et le besoin d'isolement. Un long moment, je n'ai pas pu dire. Décrochée du réel, comme on dépend la lune. Floue.
Je m'étais gavée de vous. J'avais englouti vos sensations surprenantes, dévoré vos silences entendus, consumé vos attractions indestructibles.
Submergée. J'étais enfin prête. Prête à dire. Vivre.
11:29 Publié dans Faits de femmes | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note
mardi, 01 avril 2008
Vers l'horizon

Il est des regards.
Des regards, trempés de larmes, qui finiraient complices, amis. Fatalement.
Pourtant, dans ces yeux jamais admirés, y lire la rage qui transperce le coeur. Sentir le venin du doute s'y répandre.
Soupçonner le ravage des épines de la peur. Aiguillettes acides s'enfonçant, une a une, dans une chair meurtrie. Deviner la défaillance d'un corps épuisé de souffrance.
Vouloir alors prendre sa place, l'épargner un instant. Réclamer son repos.
Le crier.
Un râle continu de douleur sans autre écho que la violence infâme des vagues déchaînées giflant la digue. Ressac indécent.
Dérisoire caprice de l'enfant gâté. Trépigner dans le profond, taper du coeur à l'intérieur. Ressentir l'impuissance des distances inouïes.
Dessiner enfin la folie des mots réconfortants pour panser la béance inconcevable.
Dans le vent, murmurer le feu qui réchaufferait son âme fendue du chagrin. Dans les brumes, hurler le doux qui envelopperait les bribes de son esprit disloqué.
Deviner le déferlement pudique des perles salées.
Entrevoir le vacarme étouffé des sanglots serrés.
La tempête. Se calmer, un peu. Équilibre fragile.
Lui écrire.
Lui narrer l'infinie solitude.
Lui raconter les mots partagés comme des offrandes aux douleurs profondes, aux soleils enchanteurs, aux bonheurs merveilleux.
Souffle coupé, espérer son sourire, sa paix.
Une main tendue.
Horizon.
03:10 Publié dans Faits intimistes | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : c. elle et moi
dimanche, 30 mars 2008
So many dreams on the shelf
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jeudi, 27 mars 2008
Je vous

Je vous écris. Il est tard, j'ai veillé.
J'ai tourné le dos au marchand sombre et à ses sacs emplis des poussières de cailloux. Criant le sommeil. Hurlant l'épuisement.
Irrévérencieuse, j'ai refusé de lui ouvrir la porte.
Arrogante, j'ai esquivé la fin de mon jour et j'ai décliné son invitation à l'entrée dans la nuit.
Je vous écris souvent. Les mots en nuée.
Dans les creux de mon âme. Rarement l'encre est jetée sur le blanc d'une feuille comme le seraient mes caresses sur votre peau.
Dans l'obscénité du noir qui me cajole, je suis la solitude provocante, je suis l'errance impolie, je suis la sauvagerie immorale.
Je guette la nonchalance du crépuscule pour l'éclosion de mes caprices impudiques. J'attends le silence des endormis pour laisser se déchaîner mes envies pornographiques.
Je vous écris. Dans un coin de mon être.
Les mots alors tournent. S'accrochent les uns aux autres. Se bousculent avec une violence incongrue. Insolente.
Frénétique, je vous imagine dévorant chacune de mes pensées comme si votre vie en dépendait. Chaque lettre invisible, chaque mot indicible, pour vous comme une fureur excessive. Brutale.
Je vous écris. Mon papier immaculé.
Dans l'insaisissable, sentez le vif ardent. Dans l'impossible, vivez le carmin incandescent. Dans l'irréel, soupçonnez le pourpre scandaleux. Dans l'utopie, respirez le rouge dépravé.
Indécente,
Votre.
Illustration : Catherine Izzo
15:47 Publié dans Faits intimistes | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note
lundi, 24 mars 2008
Light, my little fire

Attendre.
Temps nébuleux. Obscures secondes endormies à l'éternel.
Avancer dans le noir. Se cogner contre les murs, imperturbables. Perdre l'équilibre intérieur, quand tout vacille. Même la lueur de l'étoile n'éclaire pas assez. Peut-être est-elle déjà morte. Sans prévenir, dans l'indifférence totale. Trou noir. Y croire encore alors que l'infini frissonne. Malgré l'hypothèse d'un dénouement fatal.
Il fait trop sombre en dedans. La peur. C'est elle qui déraisonne. Ratatine.
La peur de perdre. Enfouie.
Des doutes formidables à la douce inquiétude qui endure l'existence dérisoire mais vitale d'un, en soi, au profond.
Les fantaisistes oublient parfois le limpide, évident. Se perdent dans les mélodies cruelles des défiances. Cassés, s'enduisent d'irrémédiable.
Pourtant la lumière. Embraser la désespérance. Sur un fil, équilibriste, balancée au gré du vent et des tempêtes. Du jour, inaltérable.
Allumer les terres désolées de l'absence.
S'impreigner des lueurs des 'était' pour construire des 'sera' invicibles.
Se barbouiller de l'éclat de l'aurore. Oeuvre fugace.
Profiter des heures blanches pour le sommeil de trêve.
Le retour.
Illustration : Serge Guerand
17:35 Publié dans Faits d'équilibriste | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note
jeudi, 20 mars 2008
De l'un. Pression

Elle était l'atome, le tout petit. L'un des constituants fondamentaux de leur matière. Son corps simple criait le besoin. Aimanté.
De la tempête brûlante qui la dévastait, elle réclamait ses mains. Fouiller l'intérieur du vivant. Faire naître de l'intime le noyau de chaud qui l'iradierait encore plus.
Sa peau. Toute. En proie aux empreintes appuyées de la pulpe de ses doigts. Auréoles blanches. Ses hanches. Et son corps marqué. Elle l'aimerait pour toujours. Des traces. A jamais, d'eux.
Dans le clair de sa nuit, ils se sont caressés, touchés, engouffrés. Ils ont mélangé leurs odeurs pour n'en créer qu'une. La réminiscence de leur musique.
Solaire, elle le voulait perdu dans ses rayons. Plus de nord ni de sud. Juste sa queue, en dedans. Et le balancement de leur vie entre leurs corps. Noués.
Pressés, léchés, trouvés, écartés, pénétrés, mêlés.
Comprimés, gonflés, infiltrés, inventés.
Tout entier.
Flottants. Dans l'apesanteur de leurs morts insolentes, ils ont transgressé les creux, les écarts, le vent. Fourvoyé le destin de leur arrogance. Jusqu'au bout des ongles.
Leur suffisance en dérision de leur dissidence infinie.
17:08 Publié dans Faits intimistes | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
mardi, 18 mars 2008
Losing or not. The way

Ohh, Life is bigger
It's bigger than you
And you are not me
The lengths that I will go to
The distance in your eyes
C'est venu là. Etouffement. Le rapprochement des murs de la pièce comme une fatalité. Fuir. Exister en dehors de ce corps allongé.
Every whisper
Of every waking hour
Maintenant impossible. Immobile comme aimantée au lit sans sommeil. Prisonnière, ligotée, étouffée, asphyxiée.
Trying to keep an eye on you
Like a hurt lost and blinded fool
Oh no I've said too much
I set it up
La musique. S'étourdir comme inévitable solution. Grisée, saoulée. Des pointes aiguës aux silences amers. La note bleue.
Consider this
The hint of the century
Consider this
Les larmes. Des perles comme pour maintenir la vie en doute. L'équilibre ténu du caillou déposé dans les brindilles asséchées, prêtes à craquer.
The slip that brought me
To my knees failed
What if all these fantasies
Come flailing around
L'infini. L'ivresse du noir comme ultime fantasme. Embrasser les violences impertinentes et les déchirures immenses. Des miettes.
I thought that I heard you laughing
I thought that I heard you sing
I think I thought I saw you try
La voix. L'étoile d'un murmure comme véritable sens aux lumières presque éteintes. Les morceaux éparpillés dissous à l'acide des silences se rassemblent.
But that was just a dream
That was just a dream
L'étreinte. Les songes de cette chaleur comme pour se raccrocher aux nuages. Les mains se serrent aux couleurs de l'hiver finissant. Juste un rêve. Just a dream...
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dimanche, 16 mars 2008
Aigrette

S'endormir. Flou. A l'orée des limbes, confusions entre le possible et tous les impossibles. Trouver malgré tout le chemin du repos. Rêver au néant. S'enterrer sous les pelletés noires du vide. Qui peut entendre les paroles silencieuses? Qui sait lire les mots dessinés en blanc?
Jusque dans les ruines, maintenir la certitude d'une présence comme on tiendrait un petit caillou dans le fond de sa poche.
Alors écrire. Écrire le froid du vide, le souffle du feu, le goût de la pluie, l'inconstance des flux - diastole, systole.
Se souvenir de l'évidence des rivières. Couler inlassablement et s'évanouir parfois sous terre. Une longue disparition pour renaître au perceptible, inchangées. Naturellement.
Et, quand l'oppression des songes remuant en creux devient irrespirable, s'extirper de ces images. Souffler, un grand coup. Fort, si fort que tout tremble. Alors, les regarder s'envoler en ribambelle dansante jusqu'au très loin, jusqu'à mourir, jusqu'à la fin, comme enfant on le faisait avec les poils soyeux des fleurs des campagnes.
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