samedi, 27 juin 2009

Derniers jours...

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Des tas, des piles, des petits, des lourds...

Partout. Tout partout.

La clés sous la porte. Dans quelques jours.

 

Ouvrir un nouvel horizon.

Devant, l'inconnu. Ourlé de certitudes.

Une main solide dans la mienne.

 

Regarder droit devant.

Vague regard, un instant.

Le soleil, couchant.

 

Les minutes coulent doucement en petites bulles d'oxygène.

L'apnée touche à sa fin.

Enfin.

 

 

 

 

 

mardi, 09 juin 2009

Bientôt

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Du temps, des choix, des certitudes. De l'amour.

De la compréhension, de l'écoute, des mots. De l'amour.

De l'investissement, des décisions, de la volonté. De l'amour.

 

Du soutien, de la tendresse. Mes amis.

 

Nous, notre vie rêvée, espérée, désirée.

 

Nous y sommes.

Bientôt, je pose mes valises chez nous.

Bientôt, un nouveau départ.

Tout quitter pour vivre notre vie.

Même pas peur.

 

 

Heureuse.

Je t'aime

 

 

 

mardi, 14 avril 2009

Quand les mots...

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Longtemps, je me suis demandé à quoi servaient les mots.

Pourquoi.

Longtemps j'ai voulu être aimé muette.

Oui, longtemps, j'ai eu ce rêve. Être aimée muette.

 

Est-ce la peur qui entraîne ce besoin de mots à l'infini ? De je t'aime jusqu'au bout de nos nuits.

Dans l'impuissance de nous. Dans l'impossibilité d'une main posée là, tout contre.

Est-ce ce ciel gris qui me pousse vers le fond noir de moi ?

Le bout de moi qui craint. Qui crie. Qui rage.

 

Au fond, j'ai toujours su.

Aux premiers mots.

J'ai douté, j'ai pleuré, j'ai hurlé, j'ai eu mal.

Mais j'ai toujours su.

 

Dépassés les impossibles, noyés les tourments de certitudes non partagées.

J'ai.

Là. Au creux de mes mains.

J'ai ce que j'ai voulu. Ce pour quoi je n'ai pas baissé les bras.

 

J'ai la liberté de vivre chaque matin, je te veux.

J'ai la liberté de nourrir chaque soir, je te désire plus que tout.

J'ai la liberté de sentir chaque heure, je t'aime.

J'ai la liberté de savoir chaque minute, je suis heureuse.

 

 

Alors les mots ? Les silences ?

Quel amalgame parfois.

Quelle peur souvent.

Quel amour toujours.

 

 

Peut-être que les mots n'existent que pour se rendre compte, un jour, qu'on peut s'en passer.

Peut-être que le silence n'est pas une absence.

Peut-être que l'absence n'est qu'un bout de temps qui passe.

Peut-être que la confiance gagne du terrain...

 

 

 

 

 

dimanche, 15 mars 2009

Le compagnon de mes nuits blanches

 

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Le coeur lourd. Les pensées pleines de souvenirs.

Parce que c'est ainsi avec la musique. Une note suffit à l'envol, un accord pour que les songes arrivent.

Madame a longtemps rêvé.

D'une fusée qui l'épingle.

Madame vit maintenant.

Quand d'autres meurent.

Madame a longtemps rêvé.

De foudres et de guerre.

Madame sourit maintenant.

Quand d'autres pleurent.

 

On est loin des amours de loin.

Mon amour de loin.

Demain.

 

 

 

 

 

samedi, 14 février 2009

Force Aimant

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Parce qu'il n'y a rien de plus vrai que ces mots...
Tellement...

 

Du plus loin, que me revienne,
L'ombre de mes amours anciennes,
Du plus loin, du premier rendez-vous,
Du temps des premières peines,
Lors, j'avais quinze ans, à peine,
Cœur tout blanc, et griffes aux genoux,
Que ce furent, j'étais précoce,
De tendres amours de gosse,
Ou les morsures d'un amour fou,
Du plus loin qu'il m'en souvienne,
Si depuis, j'ai dit "je t'aime",
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,

C'est vrai, je ne fus pas sage,
Et j'ai tourné bien des pages,
Sans les lire, blanches, et puis rien dessus,
C'est vrai, je ne fus pas sage,
Et mes guerriers de passage,
A peine vus, déjà disparus,
Mais à travers leur visage,
C'était déjà votre image,
C'était vous déjà et le cœur nu,
Je refaisais mes bagages,
Et poursuivais mon mirage,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,

Sur la longue route,
Qui menait vers vous,
Sur la longue route,
J'allais le cœur fou,
Le vent de décembre,
Me gelait au cou,
Qu'importait décembre,
Si c'était pour vous,

Elle fut longue la route,
Mais je l'ai faite, la route,
Celle-là, qui menait jusqu'à vous,
Et je ne suis pas parjure,
Si ce soir, je vous jure,
Que, pour vous, je l'eus faite à genoux,
Il en eut fallu bien d'autres,
Que quelques mauvais apôtres,
Que l'hiver ou la neige à mon cou,
Pour que je perde patience,
Et j'ai calmé ma violence,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,

Les temps d'hiver et d'automne,
De nuit, de jour, et personne,
Vous n'étiez jamais au rendez-vous,
Et de vous, perdant courage,
Soudain, me prenait la rage,
Mon Dieu, que j'avais besoin de vous,
Que le Diable vous emporte,
D'autres m'ont ouvert leur porte,
Heureuse, je m'en allais loin de vous,
Oui, je vous fus infidèle,
Mais vous revenais quand même,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous,

J'ai pleuré mes larmes,
Mais qu'il me fut doux,
Oh, qu'il me fut doux,
Ce premier sourire de vous,
Et pour une larme,
Qui venait de vous,
J'ai pleuré d'amour,
Vous souvenez-vous ?

Ce fut, un soir, en septembre,
Vous étiez venus m'attendre,
Ici même, vous en souvenez-vous ?
A vous regarder sourire,
A vous aimer, sans rien dire,
C'est là que j'ai compris, tout à coup,
J'avais fini mon voyage,
Et j'ai posé mes bagages,
Vous étiez venus au rendez-vous,
Qu'importe ce qu'on peut en dire,
Je tenais à vous le dire,
Ce soir je vous remercie de vous,
Qu'importe ce qu'on peut en dire,
Je suis venue pour vous dire,
Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous...

 

 

 

jeudi, 12 février 2009

Blanc

 

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Lui raconter. Un secret.

Chopin. Les nocturnes.

Nus et généreux. Comme jamais. Comme à chaque fois.

Débarrassés de la mascarade d'homme et de femme pour n'être que chair et peau.

 

Un jour, j'inventerai de nouveaux mots pour dire l'évidence de l'indicible.

Un jour, je peindrai d'autres couleurs pour montrer l'infiniment fort.

Un jour, je marierai les notes pour entendre autrement la mélodie.

 

Le monde autour est sans importance. La pluie, le vent, le déluge.

Il est là. Je suis là.

L'intensité de nos accords. Majeurs.

Des gémissements de plaisirs, des larmes d'amour.

 

Un jour, je lui dirai sans mots.

Un jour, je lui peindrai une toile immaculée.

Un jour, je lui donnerai mon silence à écouter.

 

L'étonnement de la tendresse de nos violences.

Le ravissement de la rudesse de sa queue dans le satin de mon cul.

Le calme de la musique recouvertes par nos cris.

La sérénité du bouillonnement de nos entrailles.

 

 

mercredi, 21 janvier 2009

C'est ainsi

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Il y a cette odeur, au creux de son cou. Celle que je respire.

Juste après.

Il y a ce moment. Celui de l'abandon total, jusqu'à l'endormissement. Celui que je lui offre.

Juste après.

Il y a cette sensation de sérénité. Celle que je gagne de jour en jour.

Juste après.

 

Parce qu'avec lui, je sais.

Juste avant.

Parce qu'il n'y a pas besoin de mot, il sent.

Juste avant.

Parce qu'à nos regards, nous avons conscience.

Juste avant.

 

 

Ce sont mes envies infinies qui guident ma bouche.

Avidement.

C'est mon cul exhibé en offrande qu'il lèche, mord, fouille.

Patiemment.

C'est de notre indécence dont nous profitons, jouissons et mourrons.

Presque cruellement.

 

Il y a cet instinct inouï à fleur de nos peaux.
Nous sommes.
Indivisibles. L'un à l'autre. L'un pour l'autre. L'un et l'autre. Mélangés, mêlés, confondus en un amas de chair transpirante, suffocante et rougie.
Cette chair qui se laisse aller jusqu'à plus soif. Jusqu'à devenir blême et rendre l'âme dans un dernier râle.

Nous nous travestissons, nous devenons plus que jamais nous-même, nous nous dénaturons, nous prenons forme.
Nous sommes.
Entre conscience et inconscience. Je suis une salope dégoulinante de bave, il se présente rude et raide. Je me réalise soumise à la force de ses envies, il s'accomplit maître de mon corps. Je le baise avec mon cul, ma bouche, mon con. Il s'asservit de mes mains sur sa queue.

 

C'est ainsi.

 

 

 

lundi, 05 janvier 2009

Adoption

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Ça pourrait être un dimanche. C'est l'hiver ce matin.

Ça pourrait être une tranche de vie comme les autres. C'est la mienne, en construction.

 

Je suis là. Au milieu, entre, à côté, avec. Mélangée, mêlée. Elément à part entière du tableau.

 

Sérénité. Calme.

Sensation étrange.

Naturellement. Comme si il en avait toujours été ainsi.

 

Souvent, nous avions éprouvé l'évidence de Nous. Mais là...
Souvent, nous avions senti l'inéluctable entre Nous. Mais là...

 

Ce n'était plus lui et moi, seuls, mains dans la main face à la mer.
Ce n'était plus lui et moi, seuls, au milieu d'une foule bruyante vociférant dans une langue étrangère.
Ce n'était plus lui et moi, seuls, allongés, parfaitement emboîtés comme deux pièces d'un puzzle.
Ce n'était plus moi, avec mes certitudes en bandoulière.

 

C'était autrement.

 

C'était une famille.

 

 

 

 

 

 

 

Photographie : iNeedChemicalX

 

 

lundi, 22 décembre 2008

Il y a des jours...

 

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Diodes rouges. Les minutes s’égrainent. Il est 2h36. Je ferme les yeux. J’ai pensé à me relever. Lui écrire. 3h21. J’aurai du. Il aurait su. Le marchand de sable n’a pas assuré. Pas plus chez moi que chez lui.

Pourquoi ?

Faut-il d’ailleurs une raison pour que le sommeil ne vous emporte pas dans son voyage. Il y en a une. Bonne ou mauvaise. Il y a toujours une raison.

Ce matin, la ville est triste. Morne. Les lumières sont déjà en veille. Le lycée va dormir pour deux semaines. Pas un bruit. Je croise un livreur. Il me sourit. Je n’ai pas envie. Je lui réponds quand même. C’est Noël.

Une mouette s’envole presque à mes pieds. Je m’arrête. Je n’aime pas les mouettes. Elle tourne autour de moi. Mauvais présage.

Les bureaux sont vides. Tant mieux. Il y a encore trop de monde.

Je ne suis pas à ma place. C’est la vie. C’est ma vie.

Il faut faire bonne figure. Je fais toujours bonne figure. Sauf avec lui. Se promettre de tout se dire, c’est aussi accepter de tout recevoir. Le bon comme le moins bon. Ces derniers jours, je lui ai donné ma peine. Hier soir mes questions. C’est peut-être beaucoup.

Il me sent loin parfois. Je suis si proche. C’est notre avenir qui coule en moi. Ce sont nos espoirs qui emplissent mes poumons. C’est notre Vie, belle, qui souffle sur la mienne.

J'aurais du me relever cette nuit.


samedi, 20 décembre 2008

Expérience d'infinie solitude

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Savoir qu'au fil des ans nous étions devenus des étrangers, le constat avait été fait. De blablas inutiles en profondes discussions, il n'y avait plus un doute. J'avais fini par partir, pour me sauver, nous sauver l'un et l'autre. Au prix de douloureuses souffrances qui n'impliquait pas que nos propres vies, mais aussi bousculant cruellement celle d'un petit être qui n'avait rien demandé. Pourtant, le courage au bout de mes doigts, dans mon coeur et comme une survie, j'étais partie.

Quelques mois depuis, de nouvelles discussions, pour continuer d'avancer malgré tout. Dans nos relations, la complicité de dix ans de vie commune, l'amour d'un enfant. Mais nous. Que restait-il de nous ?

Ce matin, dans la peine, nous avons affronté à deux un au revoir cruel. Une disparition brutale. La fin. Nous avions décidé d'y aller ensemble. Nous avons avancé dans l'abbaye presque côte à côte, lui marquant un léger retrait qui laissait présager la suite.

Une magnifique cérémonie. Des mots simples, plein d'espoir, de vains réconforts vers ceux qui souffrent. J'entends encore Satie frissonner tout le long de mon corps perdu. Les yeux dans le vide. L'adieu trop difficile.
Emplie de profonde tristesse, celle que seuls un sourire ou une main tendue peuvent apaiser un instant.
Je n'ai pas eu ce geste vers lui. Il ne l'a pas eu vers moi.
Quand mes larmes ont coulé, quand mon coeur pleurait si fort que je restais silencieuse, muette, atone, j'ai senti l'infini solitude.

Devant la peine et la souffrance, nous étions aussi des étrangers. J'éprouvais alors ce qui était devenu irrémédiablement impossible : la communion de nos âmes dans la douleur. Même ça, nous n'y étions pas parvenus.

Je n'ai pas encore trouvé le repos. Je n'ai pas encore digéré.

J'ai retrouvé mon appartement, les rues sont emplies de passants chargés de paquets, la ville bruisse des couleurs de Noël.

Il me fallait passer à autre chose. Éteindre le feu de mes larmes. Alors, un appel au secours de mon sourire effacé. J'avais juste besoin de l'entendre. Mon complice, mon tendre amour. J'aurais voulu lui raconter ma peine, lui confier ma rage, lui délivrer le constat de l'indifférence que j'avais éprouvé ce matin. Glaciale.
J'ai cherché les mots. Ils ne sont pas sortis. Ma tristesse a du me rendre égoïste.

 

 

 

jeudi, 18 décembre 2008

Train

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Se retrouver. Nous en étions là.

Il y a ce monde tout autour, ces bruits. Des poignets qui se tournent pour regarder la trotteuse courir autour du cadran, des mains qui se lèvent en guise de salut, des sourires aux oeillades de reconnaissance.

Et moi.

Fébrile comme à chaque fois. L'ombre d'une peur. Dérisoire. Mais de plus en plus sûre de moi. Droite.

L'épreuve de l'attente contenue. Nous en étions là.

Il y a eu des semaines interminables, des petites croix dans un calendrier imaginaire, des rimbabelles de jours où le sommeil tarde à nous emporter, des heures languissantes.
Et puis, d'infimes secondes.
Il y a eu des morceaux de kilomètres découpant l'espace infini. Des routes, des arbres, des collines.
Et puis, quelques mètres.

Nous en étions là.

Nos espoirs, nos attentes, nos envies, juste au bout de nos doigts...
Tout pouvait commencer. Encore.

 

 

 

 

 

lundi, 08 décembre 2008

Rendez-vous

 

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A ma demande. Un rendez-vous important. Un de ceux qui ourlent le quotidien de fil doré.

Mon coeur, son battement. Fort en dedans.

Je tremble. Fébrile. L'excitation.

Être à la hauteur.

Ôter une à une les pinces de mes cheveux. Il les aime libre. Comme moi.

Ma bouche. Presque nue.
Subtilement souligner mes pommettes.
Mes yeux. Ourlés de noir. Indécents.
Mon cou. Jasmin, rose, freesia, patchouli.
Mon corps. Noir et dentelles.

Prête.

Déterminée à user de mes armes.

Il dira qu'il n'en n'est nullement besoin.
Je répondrai d'un battement de cils.

Être femme...

 

Photographie : M.B

 

vendredi, 05 décembre 2008

De nous ...

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Toute la responsabilité d'aimer.

Nue, entière, déterminée. Au creux de tes mains.

J'ai déposé les armes. Toutes les armes. Toutes mes larmes. Tous mes rires, mes faiblesses et mes envies. Au creux de tes mains.

Mes voyages, mes grandir, mes peut-être et mes souvenirs, mes hiers et mes futurs. Au creux de tes mains.

Mes caprices de femme, mes colères de maîtresse, mes secrets d’amie, mes extravagances de princesse, mes ivresses de salope, mes rages d’enfant, mes inconsciences de passionnée, mes impatiences d’amoureuse, mes fureurs de mauvaise fille. Au creux de tes mains.

Toute la responsabilité d’aimer.

Dire, ressentir, vivre l’amour. Mes certitudes. Au creux de tes mains.

Accepter tes souffrances, tes rires, ton amour. Chérir ta vie, ton sourire, tes silences, tes certitudes. Et protéger tout ce que tu mets en moi. Savoir le don, l’abandon. Au creux de mes mains.

Te regarder mon bel amour. Trembler, vaciller. Frissonner. Au creux de mes reins.

 

mercredi, 03 décembre 2008

Arrêt d'urgence

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Un éclair. Je sens enfoncées en moi les racines d'un sentiment profond.

Mouvement infini, le vide est un rocher immobile au mileu du ressac des vagues.

J'ai l'image gravée en moi du manque, tatouage impénétrable sur ma peau. Mes mains, mes cuisses, mon ventre.

Les mots, cette fois-ci, matérialisant le cruel de l'absence. Je devenais muette.

Mélancolie de la souvenance.

Arrêt d'urgence.

Décelleration quasi vitale.

Je dois mettre un terme à la spirale. Tourne, tourne, tourne.

Déflagration intense. L'irrépressible libération de l'âme, du corps.

Nous réapprenons.

Immuable recommencement.

Avidement, le tout revient.

 

 

 

 

 

lundi, 01 décembre 2008

Observation

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Je me sais, là, au creux de ses bras. Nus, amas de chair, de bras, de cuisses emmêlés. Nos corps, comme le Tout.

Dans une sorte d'abandon, contempler.
Des raisons de mon amour.

J'ai fouillé minutieusement ses traits comme pour apprendre un secret.

J'ai scruté son visage. Le profond de ses iris tachetés, ses sourcils épais, sa bouche parfaitement dessinée. J'ai interrogé sa peau. Du grain jusqu'aux infimes traces d'un temps. J'ai considéré ses doigts. Leur finesse, leur délicatesse. J'ai fixé chaque fragment de son corps présent.

Il me fallair savoir. Comprendre. Apprendre. La science et la conscience. De Lui.

Dans cette observation, une survie. Aussi.

La survie des sensations quand il aura quitté mes bras, ma peau, mon regard.

Les réminiscence de son corps imprimé au bout de mes yeux.

 

 

 

mardi, 25 novembre 2008

Avec le temps

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Décidée à ne rien cacher, à ne pas taire, ni les joies, ni les peines, ni les doutes.

Avec le temps, va, rien ne s’en va.
Tout est plus fort.
Encore.

Parce que le temps.
Notre temps.

C’est celui de notre foi grandissante.

J'ai confiance. Je suis mise à nue.
Pourtant, parfois, submergée, mes questions prennent l’allure d’un caprice, mes peurs l’habit d’une fantaisie déraisonnée.

Ma seule rationnalité à puiser en moi. Celle que je suis.
Et en lui. L'homme qu'il est.
Nos mots.
Ceux qui disent aujourd'hui comme nous sommes profondément nous-même, sans concession. Enfin.
Ceux qui parlent de tout ce qu'il nous reste à vivre.
Ceux qui posent notre vie entremêlée comme un axiome, une évidence première.

J'ai grandi. Je ne suis plus tout à fait la même. Meilleure. Assurément.
L'emprise de l'affect toujours si présent, mais raisonnablement dominé. Parfois.

Il y a nos parts d'ombre. Celles dont on n'est pas toujours très fiers. Celles qui font que nos planchers semblent parfois s'ébranler sous nos pieds. Alors se souvenir. Les fondations sont solides. On le sait bien, on y était. On a veillé presque jour et nuit sur le chantier. On sait les matériaux, on sait le ciment, on sait les briques. Une à une se monter. Se souder.

 

Tant qu’il y aura des mots. Tant que les silences en diront long.

Tant que mon corps criera. Tant que mon âme se reconnaîtra.

 

 

lundi, 24 novembre 2008

Madame

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Madame, Madame, on rêve seul, Madame
On a dû vous le dire, Madame
Et puis, l'on rêve trop, Madame
Cela on vous l'apprit, à vos dépens, peut-être,
Ou à votre profit... Madame
Et que ferions-nous d'autre?
On rêve, et on est seul !
Madame

Madame, Madame, on rêve tard, Madame
Quand on a la malchance, Madame
De manquer de hasard, Madame
Ou bien de providence ; d'être désaffecté,
Comme un mort inutile ; Madame
D'être désamouré,
Comme un coeur imbécile
Madame

Madame, Madame, on rêve bien, Madame
Quand on a bien baisé, Madame
Quand on a su coller, Madame
Deux bouches à notre faim
Deux fois deux bras étreints
Deux fois deux yeux noyés, Madame
Dans ce rêve commun
Qu'on appelle : s'aimer
Madame

Madame, Madame, on baise trop, Madame
Quand on a dans les reins, Madame
Cet impérieux démon, Madame
Qui ne vient jamais tard,
Qui ne part jamais tôt.
Madame, on aime tant, Madame
Qu'on a tort et travers,
Quand on a vos yeux verts,
Et qu'on le sait autant
Madame

 

Philippe Léotard

 

Aujourd'hui cette chanson au creux de moi. Pour tellement de raisons. Et aussi parce qu'un ami a mal. Mal à l'âme...

jeudi, 20 novembre 2008

L'éternité plus un jour

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Les concentrés de bonheur ont cela de difficile. On se quitte un jour et le lendemain ressentir l'éternité plus un jour. C'est dire...

L'éternité plus un jour de ne pas avoir humé l'odeur de nous au creux de son cou.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir caressé le bord de ses hanches.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir embrassé ses lèvres charnues.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir joui de son corps enfoui en moi.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir senti son regard se poser sur moi.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir baisé sa queue avec ma bouche.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir écouté son silence.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir déambulé au hasard, son bras autour de mon cou.
L'éternité plus un jour de ne pas avoir dormi enlacés.

Je suis une dévoreuse, une avide.

J'ai tout bouffé. J'ai tout pris.
Je n'ai rien laissé à l'air, au temps, au vide.

Je me suis gonflée, remplie. De lui.

J'ai des images inavouables, des souvenirs inénarrables.

Je plonge dans ma mémoire, j'éclabousse mon esprit.
Je m'immerge dans le dédalle de nos rues. Il y a des murs colorés, des bars enfumés, une foule animée.
Je m'engouffre dans notre chambre. Il y a des draps froissés, des journaux éparpillés,  des vêtements entassés.
Je me baigne dans notre vie. Il y a des "je t'aime" étalés, des indécences provocantes, de perpétuelles envies d'encore.
Je me jette dans notre futur. Il y a des pactes scellés, des utopies limpides, des projets réfléchis.

 

Mais ce soir, pourtant, supporter l'éternité plus un jour.

 

 

 

mardi, 04 novembre 2008

Raconte moi ...

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Il y avait cette musique sur le trajet.
Désormais dans leur boîte. Souvenirs.

Il y avait des envies.
Danses, rires, tendresses.

Il y avait les étoiles. Ce soir-là.
Des perles, comme des larmes. Coulantes presque. Filantes.

Il y avait le silence du noir.
Et nos regards. Et puis l'évidence.

Il n'y a pas eu de mots.
Words are very unnecessary.

Il y avait nos corps, doucement allongés.
Dans la chaleur d'une nuit d'un temps sans saison.

Il y avait sa main qui enlevait ma robe. Noire.
Et la mienne pour déboutonner son pantalon.

Il y avait une autre présence.
Là. Juste ses yeux posés sur l'amoncellement de nous.

Il y avait le désir frissonnant.
Du bout des doigts, du bout des langues.

Il y avait notre avidité.
Nos hardiesses, nos impudences.

Il y avait nos douceurs.
Et ma main dans ses cheveux.

Il y avait le goût de moi dans sa bouche.
Le mélange doux de l'amour que nous nous faisions.

Il y avait l'amalgame de nos peaux.
Le feu. En dedans. Assurément.

Il y avait ma langue.
Doucement enfouie. Sillonnante, vagabonde.

Il y avait nos souffles.
Criant. Le plaisir, l'intense, l'extraordinaire.

Il y avait deux femmes.
Et un homme. Dans la chaleur d'une nuit d'été sans saison.

 

 

 

Photographie : Ellen Von Unwerth

 

 

 

lundi, 03 novembre 2008

Le pourquoi du coeur

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Parce qu'il y a la midinette,
Et des histoires de mhummm et de mais heu...

Parce qu'il y a une part de naïveté,
Et des histoires d'aléas de chantier.

Parce qu'il y a une femme,
Et des histoires de responsabilité.

Parce qu'il y a une anecdote,
Et des histoires de caviar et de pommes de terre.

Parce qu'il y a ma langue,
Et des histoires de tout de suite maintenant.

Parce qu'il y a une amie,
Et des histoires de confidences.

Parce qu'il y a une vie rêvée,
Et des histoires d'à...

Parce qu'il y a des partages,
Et des histoires de vies mêlées.

Parce qu'il y a un homme,
Et des histoires de coeur réhydraté.

Parce qu'il y a des mots,
Et des histoires d'évidence.

Parce qu'il y a des envies,
Et des histoires indécentes.


Parce qu'il y a eu,
Parce qu'il y a,
Parce qu'il y aura.
Une histoire.